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jeudi 1 janvier 2015

L'île aux papillons


Auteur : Corina Bomann
Éditions : Guy St-Jean (2014)
Nombre de pages : 500

Résumé : Suspense, secrets enfouis, exotisme. une inoubliable histoire d'amour et de mystère!

Alors que son couple éclate, Diana Wagenbach part en Angleterre pour régler la succession de sa tante bien-aimée. Avant de mourir, celle-ci l'a priée de dévoiler au grand jour un secret de famille trop longtemps gardé. Les traces du passé enfouies dans la demeure familiale conduisent Diana au Sri Lanka, la terre de ses ancêtres. Elle y découvre une prophétie semblant avoir changé le destin de sa famille, et elle lève le voile sur l'histoire d'un amour interdit, plus fort que la mort. Diana se retrouve face à sa propre destinée.

Découvrez L'île aux papillons dans ce magnifique roman dont l'intrigue se déroule sur trois époques et sur deux continents.

Mon avis :

Je ne sais pas pourquoi, mais cette année, je suis très friande de ces romans où des secrets de famille sont enfouis depuis des générations et finalement mis à jour par les héros contemporains de ces familles.

L'Île aux papillons est un parfait exemple de ce type de romans.  Diana, jeune trentenaire anglo-allemande, se rend au chevet de sa grande-tante mourante.  Celle-ci lui demande, comme volonté ultime, de découvrir quel est ce secret qui hante leur famille depuis la génération de sa grand-mère (ou l'arrière-arrière-grand-mère de Diana).  Aidée par le maître d'hôtel de sa tante qui lui distille des indices un à un, Diana découvre lentement ce secret qui l'emmène jusqu'au Sri Lanka.

Alors qu'elle exhume des archives sri lankaises un carnet écrit par Grace, son aïeule, le récit alterne entre aujourd'hui et le XIXe siècle où nous voyons vivre Grace et sa jeune sœur Victoria, alors que son père se rend à Ceylan pour reprendre la plantation de café laissé par son jeune frère décédé accidentellement.

Cette partie est ma préférée, car nous apprenons à connaître Grace, qui de jeune fille obéissante, aspirant au mariage, évoluera en une jeune femme avide de liberté, qui désire voir le monde qui l'entoure et passionnément amoureuse d'un jeune homme qui ne lui convient pas.  L'auteure nous décrit aussi un Sri Lanka exotique et luxuriant que je ne connaissais pas.

Même si le récit d'autrefois se termine tragiquement et que j'ai trouvé l'histoire de Diana moins intéressante que celle de Grace, j'ai malgré tout aimé ma lecture de L'île des papillons.  Je vais continuer mon exploration des histoires de secrets de famille!
http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html

Image et résumé : Renaud-Bray

vendredi 7 février 2014

Voyageurs de passages tome 2


Titre : Pour le temps qu'il nous reste
Auteure : Pierrette Beauchamp
Éditions : Hurtubise (2013)
Nombre de pages : 360

Résumé : Montréal, septembre 2000.  Stéphane Gadbois et Janine Provencher s’aventurent dans les mystérieux passages souterrains de Rosemont, le premier espérant ramener la seconde à l’époque dont elle provient : 1959. Mais à leur plus grande stupéfaction, les voilà qui débarquent… ailleurs ! Après Janine, c’est maintenant au tour de Stéphane de vivre la déstabilisante expérience du voyage temporel.

Ce périple inopiné dans un Montréal d’un temps révolu est source de découvertes et de surprises pour le couple. Des rencontres bouleversantes se produisent ; des interrogations trouvent enfin leurs réponses. Témoin de tous ces chavirements dans la vie de Janine, Stéphane se rapproche d’elle bien malgré lui, mais le bon sens l’incite à prendre garde, car la jeune Janine et madame Bilodeau en viennent à se confondre de plus en plus dans son coeur…

Le problème des deux voyageurs demeure toutefois entier : Janine doit retourner d’où elle vient et le temps presse. Mais un dilemme encore plus délicat se posera peut-être : en admettant qu’il lui soit possible de réintégrer 1959, Janine voudra-t-elle encore, au moment décisif, regagner son époque et y jouer le rôle qu’on attend d’elle? Car ce qu’elle a entrevu des temps futurs lui a plu… beaucoup plu ! Qui voudrait d’une vie dont il connaîtrait déjà l’avenir? La suite d’une grande histoire d’amour aussi enivrante que déchirante. 

Mon avis :

Madame Beauchamp, malgré son succès populaire, je ne sais pas pourquoi votre série demeure ignorée par la majorité des chroniqueurs littéraires,- ils n'ont peut-être tout simplement rien compris - parce que moi, je l'aime d'amour!

Donc, moi, je les aime d'amour, Stéphane et surtout, Janine, ces chers personnages que j'ai retrouvés avec une immense joie, à l'instant même où je les avais laissés dans le premier tome.  Quelque part dans les passages souterrains se trouvant sous le quartier Rosemont et quelque part... dans le temps!  Je ne veux pas trop en dévoiler pour laisser le plaisir de la découverte à ceux qui ne vous auraient pas encore lue!

Dans ce deuxième opus, on fait la rencontre du frère aîné de Janine, Laurent, un beau garçon qui plaît beaucoup à Marie-Claire Duminisle, la châtelaine voisine de la famille Provencher dans Rosemont.  Janine croise aussi son père Ernest, plus jeune et plus heureux avec sa première famille, avant le drame affreux qui en fera l'homme grincheux et renfermé que Janine connaîtra.

Il y a aussi une touche d'histoire avec un grand H dans ce deuxième tome qui m'a beaucoup plu.  J'ai découvert le Parc Dominion, situé dans l'est de Montréal, un parc d'amusement qui peut être vu comme l'ancêtre du parc Belmont et pourquoi pas, de La Ronde!  J'ai aussi aimé le tour que j'ai fait en petit char - tramway électrique - dans les rues d'un Montréal beaucoup plus champêtre et tranquille que celui d'aujourd'hui.

Mais ce que j'ai aimé par-dessus tout, c'est la relation amoureuse qui se développe enfin entre Stéphane et Janine, malgré le peu de temps qu'ils ont, malgré leur différence d'âge et toutes ces années où Janine aura à attendre le retour de Stéphane.  Les deux amoureux sont très touchants quand ils sont ensemble.  Janine, qui est une femme solide et de caractère, découvrira que la vie d'une femme peut être autre chose que celle de la reine du foyer que son époque attend d'elle et qu'elle peut avoir aussi ses propres aspirations.

Votre roman, Madame Beauchamp, est écrit simplement, mais avec le langage du coeur.  Il m'a touché énormément parce qu'il parle de sentiments, il est réconfortant parce que vos personnages savent aimer et sont aussi capables de pardonner et de changer.  En plus, comme je le disais dans mon premier avis, j'aime les voyages dans le temps et le fait de savoir que le temps est compté pour Janine et Stéphane et aussi de se demander s'ils se reverront un jour ajoute un certain suspense à l'histoire.

Mon avis est tout simple, mais sincère.  Ce roman, je l'aime, il m'a fait du bien et ses personnages m'ont habité pendant longtemps.  J'ai tellement hâte de les retrouver dans le prochain livre.  Une dernière chose, Madame Beauchamp : continuez à écrire, pour notre plus grand bonheur! 

La page de Voyageurs de passage : https://www.facebook.com/voyageursdepassages


Couverture et résumé : Hurtubise

lundi 11 novembre 2013

Les mondes de Noum

Tome 1 : Le cristal Source
Auteur : Laurence Ardouin
Éditions : Bayard Canada (2013)
Nombre de pages : 400

Résumé : Noum, point central des voyages entre les mondes.  Kym, un jeune nomade du désert, rêve du temps où chacun disposait d'un cristal pour développer ses dons. Le jour où un homme étrange lui remet une pierre et le charge d'une mission, son destin bascule et il devra faire appel à une jeune terrienne, Maud, pour sauver Noum et échapper aux princes qui veulent contrôler les voyages. 

Mon avis :

Noum est une planète où la chaleur et la lumière surgissent du sol.  Cette énergie appelée «shaari» nourrit tous les êtres vivants qui y habitent.  Autrefois, tous les Nou’Ims possédaient un cristal qui leur permettait de canaliser cette énergie et de développer leurs dons créatifs.  Mais le roi a confisqué tous les cristaux et le peuple est très faible sans eux et leur monde périclite.


Kym, un jeune Nou’Im et Maud, une adolescente terrienne sont maintenant les seules personnes, en dehors de la famille princière de Noum, à posséder des cristaux.  Avec l’aide d’un personnage énigmatique appelé l’Ancien, ils vont apprendre à les utiliser.  Maud se rendra sur Noum afin d’aider Kym.  Les deux adolescents se lanceront dans une quête mystérieuse afin de sauver Noum, alors que les soldats et les sorciers des princes vont se lancer à leurs trousses.


Kym et Maud sont des personnages attachants, responsables et déterminés.  Même s’il est réticent au départ, Kym s’engage dans la mission que lui confie l’Ancien.  Il possède un grand sens de l’orientation qui fait de lui le meilleur des guides de voyages.  Quant à Maud, c'est une adolescente sensible et très proche de son frère et de sa sœur adoptifs.  Elle deviendra très habile à manipuler le «shaari» à l’aide de son cristal.


Les paysages de Noum sont minutieusement dépeints par l’auteur, d’une façon presque poétique.  Même s’ils m’ont semblé étranges à première vue, je suis arrivée à bien me les imaginer et j'ai fini par les trouver de toute beauté.  J’ai beaucoup aimé l’idée d’interdépendance vitale qui existe entre Noum et ses habitants.  Nous les Terriens, sommes aussi dépendants de notre planète, mais dans l’état actuel des choses, elle pourrait peut-être connaître un jour le même sort que Noum.  On sent que cette pensée écologique est importante pour l’auteur.  Finalement, j’ai ressenti une grande tendresse envers Noum et ses personnages grâce à l'écriture de Madame Ardouin.  Cela donne une grande douceur au récit. 


Il y a une seule chose que je pourrais peut-être reprocher à l’histoire.   En effet, il m'a semblé qu'il y avait une certaine facilité dans les aventures que Kym et Maud vivaient.  Même s’ils ne savaient pas au début comment employer leur cristal pour combattre leurs ennemis, ils y sont arrivés quand même rapidement avec une aisance qui m’est apparue comme questionnable.  Malgré cela, j’ai été profondément touchée par la beauté de ce roman et assez captivée pour avoir le goût de lire la suite.  Comme moi, les jeunes lecteurs de fantasy n'auront qu'une envie : se plonger les mondes de Noum!


Il s'agit d'un roman que j'ai reçu des éditions Bayard Canada.  Malgré les circonstances, puisque j'ai lu et aimé le roman et que l'auteure le méritait, j'ai décidé de publier mon avis.  Merci à Bayard Canada pour cette lecture 

Couverture : lesmondesdenoum.ca

dimanche 7 juillet 2013

Double Jeu

Auteur : Judy Blundell
Éditions : Albin Michel (2013)
Collection : Wiz
Nombre de pages : 390

Résumé :  1950.  Quand Kit arrive à New York, elle a les yeux brillants et le coeur plein de rêves : Broadway sera bientôt à ses pieds.  À elle, les feux de la rampe, les soirs de première, la célébrité.  Mais la réalité a la peau dure, d'auditions ratées en rencontres louches, Kit finit par décrocher un petit rôle dans une comédie musicale.  La gloire attendra encore un peu.  D'autant qu'un personnage de son passé, Nate Benedict, le père de son ex-fiancé, refait surface.  L'homme semble tenir Broadway dans le creux de sa main.  Et ce qu'il offre à la jeune fille ne peut se refuser... Le piège se referme doucement sur Kit.

Mon avis :

Enfin un roman jeunesse où on ne parle pas de créatures surnaturelles, de dystopie ou de jeunes aux dons exceptionnels !  Kathleen «Kit» Corrigan est une jeune fille de 17 ans tout ce qu’il y a de plus ordinaire.  Elle est rousse, irlandaise, n’est pas très bonne à l’école et est une triplée avec son frère Jamie et sa sœur Muddie.  Ses seuls dons sont pour le chant, la danse et le théâtre.  Elle déménage à Broadway suite à une dispute avec son petit ami dans l’espoir de décrocher un rôle à Broadway.  Mais la réalité est loin de la célébrité et du glamour qu’elle espérait y trouver.  Elle est seule, elle n’a pas beaucoup d’argent et elle couche sur le divan dans l’appartement de la mère d’une danseuse avec qui elle travaille.  Elle a passé beaucoup d’auditions sans succès, elle se retrouve donc dans une comédie musicale de seconde zone et la rivalité avec les autres filles est plutôt vive.

Un soir, elle aperçoit dans la public Nate Benedict le père de son ex-petit ami Billy.  Il lui offre un appartement en échange des efforts qu’elle fera pour qu’il puisse renouer avec son fils.  Elle accepte.  Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle vient de signer un pacte avec un drôle de diable.  Car Nate Benedict, même s’il se dit avocat, a de drôles de fréquentations, il fraie avec des membres connus de la pègre new-yorkaise.


Ce roman est beaucoup plus complexe que son résumé peut le laisser présager.  Malgré elle, Kit se retrouve mêlée aux magouilles de Nate Benedict, car elle lui doit beaucoup et en retour, il lui demande de « petits services ».  Les choses s’emballent quand Billy revient et s’aperçoit que Kit fréquente son père.  Ce roman n’est pas mièvre et correct comme peuvent l’être certains romans jeunesse d’aujourd’hui.

Nous faisons donc connaissance dans ce roman avec le milieu des comédies musicales et des boîtes de nuit dans le New York des années 1950, avec ses vedettes et son côté clinquant, mais aussi avec son revers plus sordide.  On voit aussi défiler la pègre et le FBI.  Kit s’aperçoit rapidement qu’elle aussi devient une victime des tromperies dont Nate semble être le roi.  Sa famille est étroitement liée à celle des Benedict et elle découvrira les secrets et les mensonges qui les lient.

L’intrigue évolue entre le New York de 1950 et des événements du passé de Kit qui viennent éclairer les drames actuels que vit la jeune fille.  Son histoire familiale est fascinante, alors que l’on découvre que son père les élevés seuls, avec sa sœur, elle et son frère et sa sœur.  Elle a été un genre d’enfant vedette, jouant dans des publicités à la radio et faisant les fêtes foraines, car ces triplés étaient un genre de phénomène.  Son enfance et son adolescence n’ont donc pas été des plus conventionnelles !  Son père était un charmeur, mais aussi un être plutôt faible qui a préféré dans bien des cas la facilité, notamment dans la relation que sa sœur et Nate ont eu.  Nate est reconnu pour être bon pour «régler» les problèmes.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce roman, évoluant entre passé et présent.  Les personnages sont très intéressants, notamment celui de Kit, une jeune fille qui m’a semblé terriblement adulte, même si elle fait des choix douteux aux conséquences terribles.  Elle est  effrontée et charmante.  Son fiancé Billy aussi est intéressant, qui, parce qu’il a laissé son père arranger un drame de son passé et a vécu dans les faux-semblants, ne peut s’empêcher d’avoir peur que tous le trahissent et il craque quand il croit que Kit l’a trompé.  Et que dire de Nate Benedict, ce manipulateur diabolique, qui finalement n’a jamais agi que pour son propre bien.  Malgré qu’elle soit prise dans un étau, Kit finira par vouloir faire éclater la vérité sur Nate et sur le passé de sa famille.

J’ai appris certaines choses, comme l’angoisse que les Américains face à la bombe atomique (il y a eu des simulations d’attaques atomiques alors que les New Yorkais devaient aller se cacher dans des abris ou dans le métro ou sur la liste noire des professeurs qui pouvaient perdre leur emploi parce qu’ils étaient suspectés d’avoir des sympathies communistes, alors qu’ils ne faisaient que partie d’un syndicat ou prenaient part à des manifestations.  Le FBI les surveillaient.  

C'est donc un excellent roman, avec une héroïne charmante qui se retrouve mêlée à des événements qui le sont moins, avec une intrigue bien nourrie, un certain suspense, des secrets de famille, une ambiance sulfureuse et qui se déroule dans un milieu fascinant.   Son écriture vivante et prenante font que Double jeu se lit passionnément et qu’on ne lâche pas facilement.  Comme adulte, je ne me suis pas ennuyée du tout et j'ai apprécié qu'il n’y ait pas les stéréotypes habituels sur les jeunes qu’on peut trouver abondamment dans la littérature jeunesse présentement et qui me font tiquer !  J’ai l’impression de ne pas su très bien parlé de ce roman, mais j’ai été complètement enthousiasmée par ma lecture.  À lire donc!

Evy en parle ici et Hérisson, ici.
61. une voiture ou une partie
Couverture et résumé : Wiz

lundi 1 juillet 2013

Voyageurs de passages

Tome 1 : Tôt ou tard
Auteure : Pierrette Beauchamp 
Éditions : Hurtubise (2013)
Nombre de pages : 360

Résumé : Quartier Rosemont, Montréal, septembre 1959.  Une nuit, un incendie éclate à la résidence pour vieillards où s’est réfugiée Janine Provencher après avoir claqué la porte de la maison de son père. Cernée par les flammes, la jeune femme s’enfuit par un vieux souterrain reliant l’hospice à la maison paternelle.  Se croyant sauvée, elle se retrouve dans une cuisine au décor futuriste nez à nez avec un inconnu, Stéphane Gadbois.  

Ce n’est pas sans peine qu’elle devra admettre trois choses inouïes : cet homme de 40 ans est l’ami d’enfance de son fils; elle sera plus tard mère d’un fils (!); elle a été projetée en l’an 2001 ! Non moins abasourdi que sa visiteuse, Stéphane se propose de l’aider à retourner à son époque.  Tout au long de leurs tribulations, de tendres sentiments se tissent entre Janine et Stéphane, qui de son côté tente, avec beaucoup de difficultés de différencier la jeune fille de la femme de 40 ans qu’il a tendrement aimée à la fin de son adolescence.

Mon avis :

Voyageurs de passages pourrait n'être qu'un roman historique tout ce qu'il y a de plus banal, mais qui, pour les deux raisons qui vont suivre, n'en est pas un.  Tout d'abord, l'intrigue se situe non seulement dans le passé, mais aussi dans un présent pas si lointain (l'année 2000) et aussi - et surtout - parce que les personnages voyagent dans le temps!

L'histoire prend place dans le quartier Rosemont de la ville de Montréal, un quartier que je connais assez pour avoir été capable de visualiser les rues et les endroits dont l'auteure parlait.  Le roman commence en septembre de l'an 2000, alors que Stéphane, un enseignant de 40 ans en année sabbatique pour écrire son mémoire de maîtrise, s'est installé dans la maison d'enfance de son ami Patrice, qu'il a louée pour un an.  En pleine nuit, alors qu'il dort, il entend frapper des coups.  Réveillé en sursaut, il cherche l'origine de ces coups pour se rendre compte qu'ils proviennent du plancher de la cuisine!  Quelqu'un est dans la cave et veut en sortir!  Sauf que le plancher est recouvert de tuiles et que Stéphane doit les en déloger pour pouvoir secourir cette personne.  

Finalement, il réussira à ouvrir la trappe de la cave et aidera à en sortir une jeune fille couverte de toiles d'araignée et qui sent la fumée.  Elle se prénomme Janine et raconte qu'elle a échappé à l'incendie de la résidence pour personnes âgées voisine où elle était en s'enfuyant par un souterrain qui donne dans la cave de la maison de son père.  Plus tard, en la questionnant, avec stupeur, Stéphane s'apercevra que la jeune fille vient de l'année 1959 et celle-ci ébranlée, apprendra qu'elle se trouve en 2000.

Le récit se promène donc entre le début des années 1970, durant l'enfance de Patrice et de Stéphane, alors qu'ils deviennent amis et découvrent les souterrains qui existent sous la maison du premier, la fin des années 1950 où on apprend à connaître la vie de Janine et les années 2000 que Stéphane fera visiter à Janine.

Une partie du charme de ce roman tient à la découverte de Janine de ce monde moderne et à ses réactions.  Elle est d'abord étonnée face à l'abondance de ces dépanneurs qui permettent d'acheter tout ce dont on a besoin à tout heure du jour ou face à tous ces gadgets électroniques modernes ou même seulement face à la ceinture de sécurité dans la voiture de Stéphane, dont elle a de la difficulté à apprendre le fonctionnement.  Elle est ensuite scandalisée par le relâchement des moeurs qui y sévit et qui permet d'acheter alcool et billets de loterie si facilement, aux jeunes filles de parader dans la rue quasiment nues, pour ensuite applaudir la libération des femmes et de la société du carcan si étouffant de la religion.  Mais elle est aussi fortement ébranlée parce la perte de tous ses repères familiers dans ce quartier qu'elle connaissait depuis toujours.  Elle apprendra aussi ce qu'a été sa vie, quels choix elle a dû faire jusqu'en cette année 2000 où elle a atterri et certains de ces choix la laissent atterrée.

Janine est un personnage attachant, une jeune fille au caractère décidé et à l'esprit quand même assez ouvert quand on lit comment elle vivait en 1959.  Quant au personnage de Stéphane, au départ, il semble avoir un caractère assez mou, mais quand on apprend son histoire, on finit par comprendre pourquoi il agit comme il le fait.  Janine n'est pas habituée de voir un homme parler de ses états d'âme, mais elle est touchée par le fait que Stéphane semble vouloir l'aider et la protéger.

Et que dire de ces fameux souterrains qui courent sous le sol du quartier Rosemont et qui permettent de voyager dans le temps?  L'enfant en moi a été complètement séduite par cette idée et trépignait à l'idée d'aller les découvrir!  Non, mais quelles possibilités d'aventure et d'exploration promettent-ils!  Au travers du roman, l'auteure distille au compte-gouttes ses révélations à ce sujet, on en apprend un peu plus, mais ce n'était jamais assez pour moi!  Mais quelques pistes laissent suggérer que ces souterrains vont bien plus loin que la simple histoire de Janine, Stéphane et Patrice...

Au départ, l'intrigue est un peu longue à s'installer, car l'auteure doit mettre en place les époques et les personnages et je trouvais que le roman ressemblait à n'importe quel autre roman historique, sans rien de vraiment remarquable.  Mais quand l'action introduite par les passages et la visite que Janine fait de notre société commence, je n'ai pas pu lâcher le roman et j'avais hâte de connaître la suite.

J'ai beaucoup aimé arpenté les rues du quartier Rosemont et pouvoir mesurer les différences qu'il existait entre les années 1950 et aujourd'hui.  De même, les réflexions de Janine sur les différences entre son monde conservateur et le nôtre m'ont permis de mesurer le chemin que le Québec avait fait depuis.

La fin du roman démontre clairement qu'il y aura une suite et laisse nos héros dans un endroit bien loin de chez eux...  Maintenant, je n'ai qu'une envie, c'est que le tome 2 sorte bientôt pour pouvoir enfin savoir ce qui va arriver à Janine et à Stéphane.  Un gros merci à l'auteure pour ce roman dont la touche de fantastique lui permet d'aller bien plus loin que le simple roman historique, pour ses descriptions vivantes du quartier Rosemont et ses personnages si attachants!  À découvrir!

Citation : «- Attacher ma ceinture?  Assise dans la voiture de Stéphane, Janine baissa les yeux sur son jean :
- Ben, elle l'est déjà.  
Elle l'entendit rigoler.  - Non, non, ce n'est pas ça, regardez, dit-il en s'inclinant pour saisir un objet au-dessus d'elle, un truc métallique relié à une large courroie en tissu.
«C'est quoi cette patente-là?», se demanda-t-elle avant d'entendre un bref déclic.  Enserrée sur son siège, elle grimaça :
- C'est vraiment nécessaire?
- Absolument! La loi l'exige depuis un bon bout de temps.  Luttant tant bien que mal contre un fou rire sur le point d'exploser, Stéphane boucla sa ceinture à son tour.
- Excusez-moi, mais si vous aviez vu votre air quand j'ai attaché votre ceint... Il éclata d'un grand éclat de rire ponctué de «excusez-moi, excusez-moi».  Janine l'observait du coin de l'oeil en souriant.  Après un moment, il réussit à se calmer et démarra.» (P. 102)


Couverture et résumé : Hurtubise

vendredi 24 mai 2013

Neuf mois

Auteur : Anne Bonhomme
Éditions : Stanké (2013)
Nombre de pages : 200

Résumé : Le test de grossesse d'Isabelle est positif. Pourtant, cette nouvelle ne la transporte pas de joie. En deux ans, c'est la quatrième fois qu'elle tombe enceinte et elle n'est toujours pas maman. Les médecins ne peuvent expliquer la raison de ces fausses couches. On lui a simplement dit qu'elle était malchanceuse. Malchanceuse et terriblement anxieuse de mener cette grossesse à terme.

Seule Rose, une voisine avec qui elle s'est liée d'amitié, semble la comprendre. Doucement, elle s'ouvre à cette femme et lui raconte ses malheurs, dont sa dernière fausse couche, la plus traumatisante, celle où elle a perdu des jumeaux à six mois de gestation.

Même si cette grossesse se déroule bien, son inquiétude demeure. Et quand la santé de Rose décline, le monde d'Isabelle chavire. Ces neuf mois lui permettront de découvrir qu'elle ne peut pas tout contrôler, mais que les événements douloureux en entraînent parfois d'autres qui remplissent de bonheur. 

Mon avis :

Un joli petit roman qui traite d'un sujet délicat et peu connu, le décès périnatal.  J'ai trouvé que l'auteure décrivait bien les angoisses que peut ressentir une femme enceinte, surtout quand comme Isabelle, elle a déjà vécu quelques fausses couches.   Pour celle-ci, cette nouvelle grossesse est synonyme de calvaire.  Elle n'ose pas se réjouir, ni ne rien faire qui puisse rendre sa future maternité officielle et réelle, tant elle a peur de perdre ce bébé.  J'ai été touchée par cette femme qui a tant perdu et qui maintenant ne se permet plus de croire au bonheur.  Ce roman nous démontre aussi que même si une femme perd son enfant avant terme, elle vit quand même un énorme deuil, car pour elle (et pour son conjoint aussi), cet enfant était déjà vivant, porteur de tant de rêves et d'espoirs. 

J'ai beaucoup aimé la relation d'Isabelle avec Rose, cette vieille dame qui sera pour elle un ange gardien et qui lui permettra de parler de ses craintes et de vivre sa grossesse plus sereinement.  Nicolas est aussi quelqu'un de formidable, il a toujours soutenu sa conjointe et l'accepte avec ses peurs et son besoin de tout contrôler.  Il continue de l'aimer et d'être optimiste quant à l'issue de cette grossesse.  L'auteure possède une plume directe et accessible, tout en étant empreinte de sensibilité.  Ce furent donc quelques heures de lecture tout en douceur.  Maintenant, je comprends un peu mieux ce qu'une jeune femme courageuse de mon entourage a pu vivre il y a quelques années...

Pour terminer, j'ai beaucoup aimé la citation qui a été mise en exergue du roman : «L'enfant commence en nous bien avant son commencement.  Il y a des grossesses qui durent des années d'espoir, des éternités de désespoir.»  Marina Tsvetaeva (1892-1941).  

Jules en a parlé ici.
Résumé et couverture : Éditions Stanké

mercredi 8 mai 2013

Entre chiens et loups

Auteur : Malorie Blackman
Éditions : Milan (2005 ; 2011)
Collection : Macadam
Nombre de pages :  396

Résumé : Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc.  Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant.  Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé.  Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes.  C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin.  Et s'ils changeaient ce monde?
  
Mon avis :

Imaginez un monde, pas si différent du nôtre, où les personnages ont seulement changé de place.  Les Noirs (les Primas) représentent la race supérieure, tandis que les Blancs (les Nihils) sont les êtres inférieurs.  Tel est le monde dans lequel Perséphone (Sephy) Hadley et Callum McGrégor vivent.  Elle est noire et lui est blanc.  Tout les sépare et pourtant ils sont les meilleurs amis du monde depuis des années. 

Dès les premières pages, j’ai été conquise par cette histoire et par la sensibilité avec laquelle l’auteure la raconte.  Nous suivons alternativement l’intrigue par les yeux de Sephy et de Callum,  ce qui nous permet de connaître les deux côtés de la médaille et apporte une richesse et une profondeur peu communes à ce type de romans.  Et l’auteure manie en virtuose les émotions quand elle oppose à la violence du racisme la délicatesse de l’éclosion amoureuse des deux jeunes héros.

Nous ne pouvons qu’être touchés par tout ce que non seulement Sephy et Callum subissent, mais aussi tous les autres personnages.  Même si ici le racisme est inversé, ses ravages sont parfaitement décrits et dévastent tous ceux qu’il touche.  Callum va voir les siens décimés par ses effets pervers.  La fin de son père en prison est particulièrement tragique.  Et Sephy va découvrir des secrets qui lui feront découvrir l’hypocrisie dans laquelle sa famille baigne depuis longtemps.  Ce roman, en plus de toutes ses autres qualités, peut être pris comme un vibrant réquisitoire contre le racisme.

Sephy et Callum sont des adolescents ordinaires, confrontés à une situation hors de l’ordinaire, qui les force à réagir violemment. Ils sont tour à tour forts et fragiles, lâches et courageux, égoïstes et altruistes.  Ils auraient aimé continuer à faire comme si rien n’avait changé, mais les brimades que Callum va vivre au collège de Sephy et l’engagement de son père et de son frère dans la rébellion clandestine, entre autres choses, vont venir bouleverser leurs existences.  Au début donc, ils seront confus et perdus, mais ils évolueront et grandiront pour devenir des adultes responsables et engagés. 

Et que dire de leur histoire d’amour contrarié, sinon qu’elle vous prend aux tripes et vient magnifier ce roman ?  Sephy et Callum sont touchants, ils sont seuls face aux autres, ils auront si peu de temps ensemble.  Leur amour les rend uniques et plus grands que nature.  Ils méritent de figurer aux côtés des amoureux immortels de l’Histoire, comme Roméo et Juliette ou Tristan et Iseult.

Ce roman est le premier tome d’une série de quatre et je me suis assez attachée aux personnages pour vouloir continuer de les suivre.  Si vous voulez être profondément touchés par un roman au sujet sérieux, mais traité d’une manière humaine et parfaitement maîtrisée, si vous aimez les grandes histoires d’amour, vous ne pourrez qu’être comblés comme moi par la lecture d’Entre chiens et loups.
Merci à Bayard Canada pour cette lecture
faite dans le cadre de l'opération
 
Cliquez sur l'image si vous désirez avoir plus d'informations

Mes défis littéraires :
 
 Idée no. 66 : un nez
Image de couverture : éditions Milan

dimanche 3 février 2013

Les maîtres de la pierre

Auteur : Isabelle Berrubey
Vlb Éditeur (2012)
Nombre de pages : 723

Résumé : En 1256, Damien Arnould, un jeune tailleur de pierre aussi ambitieux que talentueux, s'engage avec son ami Laurent sur le chantier de l'église Saint-Ayoul de Provins, en Champagne.  C'est là qu'il fait la rencontre d'Audeline, fille cadette d'un riche négociant.  Damien tombe aussitôt sous le charme, mais Audeline est promise à un homme de son rang...  Le cœur brisé, le tailleur de pierre se rend à Paris, où il se mêle au monde bigarré des artisans de la cathédrale Notre-Dame.  Il y croisera ecclésiastiques, maquerelles, marchands, mendiants, et même le roi Louis IX.  Esclaves de leurs passions ou gardiens de leur honneur, tous ces personnages verront leurs destins s'unir dans une intrigue haletante et pleine de rebondissements. Fresque peinte avec humanité et précision, Les maîtres de la pierre nous transporte dans le Paris du XIIIe siècle et nous fait découvrir avec force détails ce qu'il avait de plus sublime et de plus vil. 

Mon avis :

Le deuxième roman d'Isabelle Berrubey, Les maîtres de la pierre, est digne des cathédrales où travaillent ses personnages : un édifice qui laisse bouche bée de par son envergure!  Il y en a peu (pour ne pas dire qu'il n'y a qu'elle!) , au Québec, des écrivains qui écrivent de telles briques historiques au sujet du Moyen-Âge.  Et ne serait-ce que pour cette raison, une telle entreprise de la part de Dame Berrubey mérite qu'on la salue bien bas!

Et quand c'est aussi bien fait, on ne peut que se sentir comblé par une telle lecture.  Avant tout autre chose, j'aimerais dire que ce sont avant tout les amateurs de romans historiques qui y trouveront leur content, car on y baigne justement dans l’Histoire.  L’auteure nous décrit le Paris du 13e siècle avec beaucoup de détails qui font que cette période du Moyen-Âge s’anime littéralement devant nos yeux.  Nous y suivons la vie quotidienne des gens ordinaires et industrieux, les boulangers, les tanneurs, les marchands, le clergé, les bourgeois, les mendiants, les voleurs et surtout ceux qui travaillent la pierre, les ymagiers (sculpteurs) comme Damien et son ami Laurent.  On suit particulièrement ces artisans qui oeuvraient à embellir les édifice religieux de cette époque, en gravant et taillant dans la pierre des statues demandées par des commanditaires, des ecclésiastiques et de riches marchands.   

Isabelle Berrubey se démarque par le soin qu'elle apporte aux descriptions.  Elle écrit dans un langage approprié à l'époque.  Le dictionnaire ou Internet n'étaient jamais loin pour m'aider à comprendre le sens d'un mot ou d'une expression.  Malgré cela, l'auteure a su captiver et retenir mon attention.  Quand on lit un long roman, le grand avantage, c'est qu'on a l'occcasion de s'immerger complètement dans l'histoire et le temps de bien connaître les personnages et de s'y attacher.  J'ai bien aimé les personnages de Damien et de Maroie (elle est apothicaire, ça dit tout!).  Ce sont des êtres humains bons de nature, avec leurs qualités et leurs faiblesses.

Le seul petit défaut du roman, l'envers de sa médaille, est qu'il est peut-être trop long et que l’intrigue aurait gagnée à être davantage resserrée.  On se perd parfois dans tous ces détails.  Mais qu'à cela ne tienne, j’ai beaucoup aimé ma lecture.  J'ai découvert une nouvelle auteure dans une classe à part, qui écrit des romans d'une très grande qualité.  J'ai très hâte maintenant de lire son premier roman, Les seigneurs de Mornepierre.  Mais pourquoi les journées ont-elles seulement 24 heures?


Le challenge des 170 idées : no. 120 des pierres

 Couverture et résumé : Vlb

samedi 8 décembre 2012

Garonne

Auteur : Fanny Brucker
Éditions : JC Lattès (2012)
Nombre de pages : 329

Résumé : Garonne n’avait pas prévu de vieillir.  Elle avait enchaîné jobs à l’étranger, petits boulot non déclarés, contrats aidés qui avaient peu rapporté.  Mais à l’aube de la cinquantaine, cette existence au jour le jour ne lui convient plus.  Alors quand on lui propose un travail dans une entreprise de placements de jeunes filles au pair, Garonne n’hésite pas. Malgré des parents angoissés et des filles capricieuses, Garonne est prête à tout pour bien faire, y compris partir sur les traces de Rose, placée en Irlande et qui ne donne plus de nouvelles.  Avec un humour tout britannique, Fanny Brucker nous raconte les aventures d'une femme toujours prête à accueillir les surprises de la vie.

Mon avis :

J'ai dévoré ce roman en quelques heures savoureuses.  Une fois habituée aux phrases un peu brouillonnes de l'auteure, j'ai plongé avec plaisir dans l'histoire de Garonne et de ses péripéties dans cette agence de placement de jeunes filles au pair.  L'auteure nous raconte plusieurs anecdotes de ces jeunes filles de France et d'ailleurs qui veulent se placer au pair dans une famille et certaines d'entre elles sont vraiment hilarantes.  

Le point fort de ce roman sont ses personnages.  Ils sont peu nombreux et ce sont presque tous des femmes, monoparentale ou célibataire, qui ont décidé de prendre leur vie en main, pour le meilleur et pour le pire.   Celle qui donne son nom au roman, Garonne, est la plus attachante de toutes.  J'ai aimé le fait que même si elle est dans la cinquantaine et à un carrefour de sa vie, elle ait gardé sa capacité de rêver et de s'émerveiller.  Je l'ai trouvée très positive et elle est une véritable bouffée d'air frais!

Le style de Fanny Brucker est plein d'humour, tout en étant  sérieux quand il le fallait, mais toujours dans un registre léger.  Ses descriptions des paysages tout en vent et en soleil du Médoc m'ont donné le goût d'aller visiter cette région française!  Et malgré la fin digne d'un film d'Hollywood, j'ai beaucoup apprécié ma lecture de ce roman tendre et lumineux.  C'était la première fois que je lisais Fanny Brucker et ce ne sera sûrement pas la dernière!  Je remercie les éditions JC Lattès et le Club de lecture pour ce partenariat.