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jeudi 1 janvier 2015

Journal d'un chat assassin


Auteure : Anne Fine
Éditions : L'École des loisirs (2006)
Nombre de pages : 78 pages

Résumé : Lundi, j'ai tué un oiseau. C'est vrai. Ellie, ma maîtresse, a sangloté si fort en me serrant contre elle que j'ai cru me noyer. Mais dites-moi, qu'est-ce que je suis censé faire quand une petite boule de plumes m'arrive entre les pattes ? Je suis un chat, tout de même. Mercredi, j'ai rapporté une souris morte à la maison. Je ne l'avais même pas tuée. Ellie a encore beaucoup pleuré. Et jeudi, il y a eu cette regrettable histoire de lapin...

Mon avis :

Une histoire à laquelle j'ai complètement adhéré, malgré son petit nombre de pages.  Un «chat assassin», qui écrit son journal.  J'ai trouvé le félin plus bluffeur que meurtrier, un brin vantard, mais toujours drôle et sympathique.  On dit que c'est un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls, mais les adultes s'y divertiront aussi!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Couverture et résumé : Decitre

dimanche 10 août 2014

Le dieu de New York

Auteur : Lyndsay Faye
Éditions : Fleuve (2012)
Nombre de pages : 528

Résumé : Été 1845. Après des années de débats politiques, New York crée son département de police. Timothy Wilde intègre malgré lui ce fameux NYPD. Ancien barman, il a tout perdu dans un récent incendie : son bar, ses économies et une partie de son visage.
 
La nuit du 21 août, pendant une ronde, Timothy est bousculé par une petite fille terrifiée. Elle porte une chemise de nuit couverte de sang. Au milieu d'un tissu de mensonges, elle finit par lui révéler qu'elle fuit un homme au capuchon noir qui découpe les enfants en morceaux. Le lendemain matin, le corps d'un petit Irlandais est retrouvé dans une poubelle, une large incision sur le thorax, les organes à nu. La fillette disait vrai, un fou s'en prend aux enfants, mais pas n'importe lesquels, les plus démunis, les immigrés. Timothy se lance dans une traque effrénée pour démasquer cet assassin et éviter que ses sinistres desseins ne mettent la ville de New York à feu et à sang...

Mon avis :

Je n'ai pas souvenir avoir jamais visité New York, mais c'est une ville qui me fascine, par son dynamisme trépidant et ses milles et une facettes.  Son histoire n'en est que plus attirante pour moi qui suis une passionnée d'Histoire, surtout celle du XIXe siècle et du début du XXe siècle, où New York est devenue la mégalopole que l'on connaît aujourd'hui.  

Le roman Le dieu de New York se situe au tournant de l'Histoire où la Grosse Pomme est sortie de la ruralité pour devenir une ville industrielle et populeuse.  En 1845, New York se dote d'une force de police où ses membres doivent arpenter ses rues et arrêter le crime où moment même où il se produit.  C'est une ville où l'extrême richesse et l'indigence la plus choquante se côtoient.  Elle déborde déjà d'innombrables immigrants, qu'elle peine à nourrir et s'apprête à vivre une autre vague d'immigration sans précédent avec tous ces Irlandais qui meurent de faim dans la verte Erin à cause d'un parasite qui s'attaque aux pommes de terre et en anéantit presque totalement les récoltes.  Ils voient l'Amérique comme une terre promise.

Les Américains de souche et protestants vivant à New York ne veulent pas de ces catholiques, qu'ils jugent superstitieux et arriérés.  Le crime et la corruption y règnent.  C'est dans ce contexte que Timothy Wilde, un ancien barman qui a tout perdu dans un gigantesque incendie et qui en est sorti en partie défiguré, devient un "flic à l'étoile".  Il travaille seize heures par jour, doit comprendre l'argot particulier qu'utilisent les malfrats, tout ça au milieu de l'hostilité de la majorité des habitants qui ne veulent pas de cette nouvelle police.

Un soir, une petite fille habillée d'une robe de nuit tâchée de sang lui rentre dedans en lui disant : "Ils vont le couper en morceaux".  Le lendemain matin, le corps sans vie et mutilé d'un petit garçon est trouvé dans les poubelles.  Plusieurs autres corps d'enfants sont déterrés dans un terrain vague.  Ce sont tous de petits Irlandais catholiques et prostitués.  Même si personne ne s'en était soucié jusqu'à maintenant, le fait qu'un tueur, que la rumeur dit Irlandais, s'en prenne à des enfants en y mêlant religion et politique met le feu aux poudres à une grande échelle et une émeute éclate...

Timothy est un personnage intéressant qui s'interroge beaucoup sur ce qu'il désire dans la vie, suite à la perte de son logement, de son emploi et de toutes ses économies dans cet incendie.  Toutes ces choses étaient son passe-port vers une meilleure vie, alors qu'il espérait épouser son amie d'enfance, Mercy Underhill.  Il est confronté à la fois à l'héroïsme le plus fort et à la violence la plus crue en la personne de son grand frère Valentin, une espèce de bandit généreux, drogué, pompier trompe-la-mort irréfléchi et membre du parti démocrate, qu'il aime et déteste tout à la fois.  

Tim est extrêment humain, capable du meilleur comme du pire, il verra toutes ses illusions tomber et en sortira plus fort quand même.  Tous les personnages de ce roman sont fascinants, ils ont tous une part d'ombre et de lumière, comme la ville elle-même.  Mon personnage préféré, en plus de Timothy, est celui de Mercy Underhill, fille de pasteur protestant, qui ne peut s'empêcher de mettre sa vie et sa santé en danger en allant soigner les Irlandais malades dans le cloaque où ils vivotent, malgré l'interdiction de son père.   Et qui ,en même temps, écrit dans les journaux des feuilletons sur les grandeurs et les misères de New York que les dames de la bonne société ne peuvent que lire en secret et en rougissant...

L'aspect historique est particulièrement bien rendu, on voit et on sent tout de la ville qui ne dort jamais, grâce à de nombreuses descriptions.  L'auteure raconte les différentes particularités et oppositions de la cité à cette époque : les gangs de rue, les petits crieurs de journaux, les mille métiers et petites débrouilles que développent la population pour survivre, les riches marchands, les madames qui tiennent des maisons closes, etc.  

En ce sens, Lyndsay Faye parsème toutes les pages de son roman d'expressions argotiques de l'époque. Ce langage a été traduit en argot français et que l'on doive se référer constamment au lexique proposé en fin de volume et que l'on n'y trouve pas une grande partie des tournures de phrases employées a été la seule chose qui m'ait vraiment agacé.  Sinon, ce roman est un coup de coeur, de par ses personnages si humains, son histoire riche et complexe et sa reconstitution de New York si vivante et si complète.  Il plaira autant aux amateurs de polars qu'à ceux de romans historiques.  Je lirai très bientôt le deuxième tome des enquêtes de Timothy Wilde intitulé Le sang noir du secret.
http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Image et résumé : Les éditions Fleuve

dimanche 27 avril 2014

Le cercle des jeunes élues

Auteurs : Sara B. Elfgren et Mats Strandberg
Éditions : JC Lattès (2013)
Collection : Thrillers
Nombre de pages : 500 pages

Résumé : Engelsfors, une petite ville de Suède entourée de forêts immenses. À peine la rentrée des classes passée, un élève est retrouvé mort dans les toilettes du lycée. Tout le monde croit au suicide. Tout le monde, sauf elles.
 
Une nuit où la pleine lune luit d’une étrange couleur rouge, six jeunes filles sont mystérieusement attirées, malgré elles, vers l’ancien parc d’attraction. Dans cet endroit depuis longtemps désaffecté, une prophétie leur est révélée : elles sont les Élues, un groupe de sorcières, liées les unes aux autres par un pouvoir capable de repousser le Mal. Ensemble, elles vont devoir maîtriser cette étrange force et lutter contre une vieille malédiction. Désormais, rester unies est leur seule chance de survie. 

Mon avis :

J’ai été à la fois énormément touchée et captivée par ce roman.  Tout d’abord, il raconte l’histoire d’adolescents qui étudient dans un lycée dans une ville qui ne semble pas offrir beaucoup de débouchés sur l’avenir.  On se centre davantage sur six étudiantes, Minoo, Anna-Karin, Linnéa, Vanessa, Ida et Rebecka ainsi que sur un jeune homme, Élias.

Ce roman aborde avec beaucoup de vérité et de sensibilité les nombreux problèmes que vivent les adolescents : le suicide, le rejet, l’intimidation, le divorce, les troubles alimentaires, le mal-être, la popularité, l’amitié, l’alcool, les drogues, les réseaux sociaux, l’amour, l’argent.  Ça peut sembler rebutant à première vue, mais comme on plonge dans les pensées et les sentiments de ces adolescentes, on s’attache rapidement à elles.

L’intrigue entourant la mort de ces adolescents, la révélation de leurs pouvoirs surnaturels, sur la guerre qui pourrait avoir lieu à Engelsfors entre le bien et le mal, ne vient que pimenter le tout.  Sur les traces de ces jeunes filles qui enquêtent pour savoir qui a tué leurs amis, ce roman devient presque un thriller.  Les adolescentes sont forcées à devenir des alliées, malgré leurs différences et leurs antagonismes.  Elles sont laissées à elles-mêmes face à leurs pouvoirs et à leur mission, leur apprentissage se fait très lentement, leurs découvertes aussi.  Ce n’est pas du tout cuit dans le bec, c’est difficile, certaines semblent sans pouvoir, des questions sont laissées sans réponses comme dans la vraie vie.

Ce mélange littéraire est irrésistible.  Les héroïnes et leurs problèmes m’ont trotté longtemps dans la tête.  J'aurais voulu me précipiter sur la suite, si j’avais eu assez de patience pour la lire en anglais, je l’aurais fait.  Le roman semblait me dire : il faut parler de moi !   Alors, voilà, c'est fait!
 http://ennalit.canalblog.com/archives/challenge_petit_bac_2014/index.html
Couverture et résumé : JC Lattès

dimanche 20 octobre 2013

Écris-moi, Marie-Jeanne

Auteur : Ginette Durand-Brault
Éditions : Druide (mars 2013)
Nombre de pages : 448

Résumé : 1939. Les bonnes gens de Saint-Jérôme s'agitent; la guerre est déclarée et tout bascule.  Marie-Jeanne voit son frère Rodrigue partir volontaire, puis son fils.  Ses filles courent au mariage.  Son mari sombre dans la colère et l'angoisse.  Les logis sont rares et la paix des ménages est menacée.  Sur le front, dans les décombres des villes anglaises comme au milieu des splendeurs de Rome, Rodrigue rencontre la peur, la mort et la mystérieuse universalité de la guerre, mais aussi le courage et l'amour de Roselyn, pendant qu'à Saint-Jérôme, l'ami Philémon aidera Marie-Jeanne à se libérer de ses chaînes.  Entre la cuisine de Marie-Jeanne et le poste de combat de son frère, une correspondance émouvante voyage et témoigne des mutations dévastatrices et pourtant prometteuses de toute guerre.

Mon avis

Qu'est-ce qui fait qu'un livre devient un coup de coeur?  La voix de l'auteur qui vibre et qui éveille en nous une résonance particulière?  Le fait que l'on se retrouve dans son univers intime comme si on était chez soi?  Le fait qu'il utilise des mots qui auraient pu être les nôtres ou au contraire, parce qu'il met des mots sur ce que l'on n'était pas capable de nommer? 

C'est pour toutes ces raisons et encore plus que le roman Écris-moi, Marie-Jeanne est un coup de coeur pour moi.  C'est peut-être parce que l'auteure s'est inspirée de l'histoire de sa famille, enfin de celle de sa grand-mère et de son grand-oncle, que je me suis sentie autant «en pays de connaissance» dans ce roman.  En voyant comment Marie-Jeanne doit se soumettre à l'autorité de son mari, représentant celle de la loi et de la religion, mais aussi surtout en voyant comment sa fille Marie mène son mari par le bout du nez, lui si bon, si doux, mais si obéissant.  Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce ne sont pas toutes les femmes québécoises d'autrefois qui étaient totalement soumises.  Certaines «portaient les culottes» dans le ménage et cela m'a fait beaucoup pensé à l'histoire de ma propre famille.

J'ai été très touchée par le personnage de Marie-Jeanne qui s'est mariée par obligation, car tout ce qui s'offrait aux filles d'alors, c'était de se marier ou de devenir religieuse.  Elle a choisi le premier venu (ou presque) et se retrouve avec un homme avec lequel elle n'a rien en commun et qu'elle n'aime pas.  Ayant étudié plus longtemps que son mari, elle est désemparée devant le refus de celui-ci d'apprendre plus, ne serait-ce qu'à lire.  Il est dépendant des autres, mais il semble se refermer sur son orgueil masculin, comme s'il avait peur de l'instruction, des autres qui pourraient être plus intelligents que lui.  Il semble presque fier de son ignorance, en tout cas, il méprise l'école et refuse à certaines de ses filles plus studieuses de faire des études plus avancées.  Il faut qu'elles gagnent leur vie et qu'elles participent à la survie de la famille en rapportant de l'argent. Dans ce temps-là, les gens étaient vraiment pauvres, ils manquaient de tout et peinaient même à se procurer le minimum.  

Marie-Jeanne se sent coupable parce qu'à l'heure où tous ses enfants quittent le nid et se retrouvent avec leur propre famille, elle ne veut pas prendre son petit-fils et son mari, lorsqu'il devient invalide, à sa charge.  Dans la cinquantaine, elle veut retourner à son métier d'institutrice, mais comme à cette époque, les femmes étaient des mineures aux yeux de la loi, elle doit demander la signature (la permission) de son mari, mais celui-ci refuse.  Alors, elle se rebelle et quitte son mari pour aller vivre dans sa famille.  Son époux finit par céder sous les pressions de ses filles.  Marie-Jeanne est une femme courageuse, qui n'a pas peur de penser et de dire ce qu'elle pense, même face à la religion. 

Rodrigue, le frère de Marie-Jeanne, à qui les religieux ont refusé de terminer ses études classiques sous des prétextes fallacieux, se retrouve dans la même situation que sa soeur.  Il se sent souvent différent des autres, à part.  Après cet incident, il se retrouvera sans but dans la vie, exerçant mille métiers, dont celui de bûcheron jusqu'à ce que le Deuxième Guerre mondiale éclate.  Dans les lettres qu'il écrit à sa soeur, il exprime ses sentiments et ses pensées. Il est un homme sensible et sensé et il appuie sa soeur dans ses démarches d'émancipation.  Rodrigue trouve sa place et l’amour à la guerre et il évoluera lui aussi. 

Quelle belle découverte que ce roman !  Non seulement, l’auteure parle d’une ville qui est située pas très loin de chez moi, mais elle parle aussi de notre passé collectif et d'une famille québécoise qui pourrait être la nôtre.  Dans les lettres (fictives) que s’échangent Marie-Jeanne Gobeil et son frère Rodrigue Deschamps, elle restée à St-Jérôme et lui sur les champs de bataille en Europe, l'auteure aborde des sujets intimes, comme les rapports de couple, la religion, la liberté, la valeur d’une personne ou l’éducation. Elle le fait avec une telle finesse et une telle intelligence émotionnelle que j'avais hâte de lire la prochaine lettre, je l'attendais avec impatience.

La seule chose que j'ai à reprocher à ce roman sont quelques erreurs qui auraient pu être facilement évitées.  Par exemple, la soeur de Marie, l'une des filles de Marie-Jeanne, qui devient sa tante à un moment donné.  Ou un personnage qui se nomme alternativement Télesphore et Théodore.  Aussi, certains qui l'ont lu, disent avoir eu de la difficulté avec les répétitions qu'il y avait entre les lettres et la narration proprement dite, mais ce ne fut pas mon cas.  J'espère seulement que Madame Durand-Brault écrira une suite à ce roman, car j'aimerais vraiment savoir ce que les personnages sont devenus.  Ou même qu'elle écrira d'autres romans, car une écrivaine talentueuse s'est révélée!

La critique de Suzan est ici.  Celle de Venise, .  Et celui de Lali vient de s'ajouter ici.
Résumé et couverture : éditions Druide

vendredi 2 août 2013

L'apprenti épouvanteur

Tome 1 de la série L'Épouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Éditions : Bayard Jeunesse (2009)
Nombre de pages : 275

Résumé : "L'Épouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation.  Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur.  Ils sont fragiles, veules ou lâches.  Ils se font payer fort cher de bien maigres services.  Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir.  Il faut que quelqu'un le fasse.  Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures.  Tu es le seul qui en soit capable."  Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Épouvanteur du comté.  Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire...  Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

Mon avis :


Tom est un jeune garçon d'une douzaine d'années et le septième fils d’un septième fils.  La terre familiale ne pouvant faire vivre tous ces fils, Tom doit être placé comme apprenti.  Son père l’envoie donc en formation auprès de l'Épouvanteur.  Ce dernier métier n'est pas facile.  Un épouvanteur doit de protéger les villageois contre les créatures maléfiques qui rôdent à la faveur de la nuit, comme des démons, des gobelins ou des sorcières.   Malgré qu’il soit utile à ses concitoyens, l’épouvanteur est craint et fui comme la peste.  La condition de Tom comme apprenti épouvanteur sera donc très difficile et il ne se doute pas à quel point il sera seul dans le futur.
 
J'ai beaucoup aimé lire ce roman parce qu'il n'y a aucun temps mort.  On entre directement dans l'action.  Dès le départ, Tom est confronté au surnaturel et doit apprendre à le combattre.  Malgré le peu de leçons que lui donne son maître sur le sujet, il doit se débrouiller par lui-même et se débarrasser de la méchante sorcière et des autres choses  redoutables qui rôdent autour.  

Tom est un jeune garçon comme les autres, malgré qu'il voit des choses que les autres ne voient pas.  Au début du récit, il est indécis, il ne sait pas qui il est et ce qu'il veut vraiment.  Durant son apprentissage, il va commettre des erreurs graves, dont les conséquences auraient pu être terribles, il fera face à l'horreur et en sortira transformé.   Alors qu’il n’a rien d'extraordinaire, aux moments critiques, même s’il est loin d'être prêt, Tom saura quoi faire et parviendra à terrasser les méchants.  C'est loin d'être réaliste, mais c'est probablement parce que je suis adulte que cela m’agace.

J'ai beaucoup aimé les personnages féminins dans l'Apprenti épouvanteur.  Les femmes sont fortes et ne se laissent pas faire.  Il y a la mère de Tom, avec son savoir caché, sa belle-sœur Ellie et surtout Alice.  Cette dernière est la plus intéressante, car elle est ambivalente.  Elle est ni tout à fait bonne, ni tout à fait mauvaise.  Elle est issue d'une lignée de sorcières, elle utilise la magie noire, mais en même temps, elle deviendra l'amie de Tom et va beaucoup l'aider.   J'ai été par contre déçue par le personnage de l'Épouvanteur, car il est absent durant la majeure partie de l'histoire.

L'écriture de l'auteur est précise et très descriptive.  On voit parfaitement tout ce qu'il nous décrit.  Certaines scènes sont peu ragoûtantes, surtout vers la fin.  Elles ne m'ont pas ébranlée outre mesure, mais des lecteurs plus jeunes pourraient en être perturbés.  Comme je le disais, il y a beaucoup d'action dans ce roman, mais il y a aussi un côté psychologique, que l’on découvre grâce au journal que Tom écrit.  La conclusion du roman est ouverte, nous savons déjà qu'il y aura une suite.  J’ai vraiment le goût de poursuivre l’aventure.  Non seulement parce qu'il reste beaucoup de questions sans réponses, mais aussi parce que Tom est attachant et que l'histoire est bourrée de magie et d'action!  On ne peut qu'en redemander!

Merci à Bayard Canada pour cette lecture faite dans le cadre de l'opération

samedi 6 octobre 2012

Journal d'un hacker


Auteur : Maxime Frantini
Publié en auto-édition (2012)
Nombre de pages : 212

Résumé : Hiver 2012. Les grandes démocraties ont multiplié lois et accords pour accentuer leur contrôle sur Internet. Aux USA, les manifestations d'indignés sont quotidiennes et la misère gagne du terrain.  Pour mettre le monde sous surveillance, le FBI utilise Galaxy, un monstrueux système informatique chargé de filtrer et indexer exhaustivement les données d'Internet.  D'une puissance inégalée, il a été conçu comme une entité autonome et inviolable, protégée de l'ingéniosité des hackers. Aucun pirate ne peut accéder au plus liberticide et confidentiel des outils informatiques.

Mais Ylian Estevez, le hacker le plus recherché de la planète, relève le défi. Avec l'appui du mouvement hacktiviste Anonymous, il conçoit un plan machiavélique pour détruire Galaxy.  Pour la division Cyber Crime de Mark Benson, composée des plus brillants cyber flics, la capture d'Ylian Estevez est une priorité, et sa croisade une opportunité unique. Entre les hackers et le FBI s'engage alors une guerre des plus indécises, avec pour enjeu la liberté de milliards d'Internautes.

Mon avis

Tout d’abord, je voudrais remercier l’auteur pour m’avoir envoyé son roman et surtout pour sa gentille dédicace.  Malheureusement, je ne crois pas que mon avis sera aussi enthousiaste que ceux qui ont été publiés jusqu’à maintenant.

Le principal intérêt du Journal d’un hacker réside pour moi dans son contenu informatif et sur l’éveil des consciences qu’il pourrait - devrait - provoquer chez ses lecteurs.  La description des agissements malveillants et illégaux des gouvernements, américain dans l’histoire, sur le Net pour restreindre nos libertés sous couvert de protection des droits d’auteurs et de lutte au terrorisme donne froid dans le dos !  Comment, après une telle lecture, ne pas avoir envie de barricader notre ordinateur à double tour comme on le fait déjà avec nos maisons?  Comment concilier notre désir ludique de se promener librement sur le web avec la nécessité de se protéger contre ces gouvernements liberticides et ces quelques pirates aux intentions pas toujours humanitaires, comme celle d’Ylian Estevez et des Anonymous?  Dans un tel contexte, des romans comme le Journal d'un hacker sont nécessaires.

Mais je dois aussi dire que je suis restée sur ma faim, surtout du côté littéraire.  J’ai trouvé de nombreuses fautes dans le texte.  Aussi, il y a beaucoup de contenu technique et informatique et je n’ai pas tout compris.  Les personnages m’ont semblé unidimensionnels, les agents du FBI sont stupides et empotés, alors qu’Ylian Estevez est intelligent et débrouillard.  L’intrigue se centre exclusivement sur les attaques que porte le personnage principal contre le système informatique du FBI.  J’aurais aimé que l’auteur développe davantage l’histoire tout autour ainsi que la psychologie des personnages.  Néanmoins, en dépit de son côté solitaire, Ylian Estevez a tout du héros des temps modernes.

Malgré cela, la lecture de ce roman a été somme toute assez plaisante.  L’action, parce qu’elle est concentrée, ne traîne pas.  Et j’ai bien aimé l’apothéose finale des attaques d’Ylian le malin.  Ma curiosité a été piquée par l'auteur et j'ai le goût d'en apprendre davantage sur le sujet, ce qui est une bonne chose.  La fin laisse clairement entendre qu’il y aura une suite aux aventures d'Ylian Estevez et si jamais je me retrouvais avec un tel livre entre les mains, je le lirais volontiers.  Maintenant, quant à savoir si je vais être capable de continuer de naviguer sur Internet les yeux fermés comme avant, c'est une autre histoire...

Merci à Maxime Frantini et au Club de lecture pour ce partenariat! 

 Couverture : Club de lecture

jeudi 27 septembre 2012

Les larmes d'Aral

Auteur : Jérôme Delafosse
Éditions : Robert Laffont (2012)
Nombre de pages : 464

Résumé : Comté du Donegal, Irlande, automne 1994

En plein conflit nord-irlandais, un grand reporter de guerre est sauvagement assassiné. Très vite, les soupçons se portent sur sa femme, Sinead McKeown, accusée de liens secrets avec l'IRA. Fugitive recherchée par toutes les polices, elle n'a pour traquer les vrais coupables qu'un seul indice en sa possession : une fiole contenant des paupières humaines ornées de mystérieux tatouages...

Paris, au même moment

Un corps sans vie marqué de plaies nécrosées est repêché dans la Seine. Les premières constatations laissent croire au suicide d'un SDF. Mais l'affaire prend une tout autre tournure lorsque les policiers qui ont manipulé le cadavre sont victimes de graves brûlures...  Contre la DST et face aux experts de la DGSE, Raphaël Zeck, jeune flic du 36, quai des Orfèvres et son adjoint Drago, dit le Serbe, sont chargés de l'enquête.  Ce qu'à ce stade ni Sinead ni Raphaël ne peuvent soupçonner, c'est que leurs deux enquêtes sont liées. Et qu'ils vont devoir plonger ensemble dans un monde où le crime naît de manipulations scientifiques et de secrets d'État à glacer le sang.

De Belfast à Paris, de Londres aux neiges de l'Ouzbékistan, un monde vertigineux au coeur de la folie des hommes, là où les «larmes d'Aral» coulent pour l'éternité...

Mon avis :

Il n'est pas nécessaire de discuter longtemps pour dire que Les larmes d'Aral est un excellent thriller, parfaitement écrit.  Bien accroché à chaque page, on suit docilement les personnages dans leurs aventures sans que le suspense ne faiblisse jamais.  De rebondissement en rebondissement, on se creuse la tête, on s'enfonce doucement dans les méandres de l'histoire sans jamais ne serait-ce qu'entrevoir la résolution de l'énigme.  Les deux personnages principaux sont très crédibles, à la fois forts et faibles, chacun avec une histoire qui l'a marqué et façonné et qui vient expliquer leurs réactions face aux événements qu'ils vivent dans cette enquête qui les mène aux portes de la folie et du surnaturel.  J'ai été complètement conquise par ma lecture des Larmes d'Aral et le premier roman de Jérôme Delafosse, Le cercle de sang, a d'ores et déjà rejoint ma liste de romans à lire.  Je ne peux donc que vous recommander ce roman.  Si vous recherchez un thriller intelligent, avec de l'action soutenue et une intrigue bien ficelée, lisez-le, vous ne tromperez pas!


 Couverture et résumé : Archambault

vendredi 24 février 2012

La cérémonie d'hiver

Auteur : Élise Fontenaille
Éditions : Le Rouergue (2010)
Collection : DoAdo Noir
Nombre de pages : 88

Résumé : C'est une fille fière et solitaire, Eden. Personne ne pourrait la priver de sa liberté. Elle tient ça de Violett, sa grand-mère, qui n'avait pas d'autre règle : libre à tout prix. Et la vieille dame l'a payé. Première à manifester poing levé contre un projet d'autoroute sacrilège qui allait défigurer le paysage, entre l'océan et la forêt, elle a été arrêtée, jugée... Elle est morte à sa sortie de prison. Depuis, Eden fourbit sa vengeance. Car si elle vit au 23e étage d'une tour de Vancouver, elle est toujours une Indienne, et sa tribu était jadis célèbre pour la férocité de ses guerriers. Son arme ? Elle tombera du ciel... 

Mon avis :

Eden, jeune amérindienne de Vancouver, partage un lien très fort avec un aigle femelle, Sky.  Elles sont des âmes sœurs, peut-être même plus.  Eden a été élevée par sa grand-mère Violett.  Celle-ci décède après avoir été arrêtée pour avoir protester contre un projet d’autoroute qui allait détruire la nature.  Eden est remplie de colère et décide de la venger.  Et Sky sera l’instrument de sa vengeance. 

Eden et sa grand-mère sont éprises de justice et de liberté.  Et quand l’auteure nous raconte l’histoire de Violett, nous comprenons pourquoi.  Comme des milliers d’autres enfants amérindiens, Violett a été arrachée à ses parents pour aller vivre dans un pensionnat administré par l’Église.  De la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1970, ces enfants y ont subi des mauvais traitements ainsi qu’un lavage de cerveau pour leur faire oublier leur identité culturelle.  Et les effets de cette perte forcée se font encore sentir aujourd’hui.  Et je ne crois pas qu’ils soient plus heureux dans le système actuel de réserves.  Mais dans ce roman, Eden n'est pas une victime.

Cependant, ce court roman intense et touchant ne sombre jamais dans le misérabilisme et souligne le pouvoir des croyances ancestrales qui continuent d’exister malgré tout ainsi que la beauté majestueuse de la nature, fragilisée par les appétits effrénés des hommes blancs.  La cérémonie d’hiver fut vraiment une belle lecture, que j’aurais certes souhaité plus longue, avec une héroïne comme je les aime, fière et indomptable.  En épilogue, l'auteure mentionne que son roman est inspiré des faits réels.

C'est Sharon qui m'a donné le goût de lire ce roman.

 Résumé et couverture : Le Rouergue

mardi 7 février 2012

L'homme à l'oeil de diamant

Auteur : Paul Eyghar
Série : Les Bertignac, tome 1
Éditions : Hugo & Compagnie (2011)
Nombre de pages :  492 pages

Résumé : Quand son petit avion s'écrase en pleine Amazonie pendant une tempête tropicale, Tarko ne pense pas survivre longtemps. Et pourtant, il va survivre à la jungle, aux boas, aux piranhas, aux mygales, aux caïmans, à trois T-Rex et douze vélociraptors, à des robots prédateurs, à des indiens Invisibles, à des trafiquants d'esclaves, à des guérilleros fous et surtout, surtout, à l'horrible Homme à l'oeil de diamant ! 

Et pour survivre à tout ça, il aura bien besoin des secrets des Indiens Murmures, de la magie de ses sept shamans protecteurs et de la protection de Pachamama...Mais le plus insupportable, au milieu de tous ces dangers, c'est Lou ! Lou, sa petite soeur et son sale caractère, Lou qui ne veut jamais le croire, même quand il lui raconte comment il a personnellement déclenché un tremblement de terre, ou comment il a bavardé avec une momie qui a huit ans depuis cinq cent ans, accroché dans le vide à une falaise à six mille mètres d'altitude dans les Andes...

Mon avis :

À seulement lire le résumé de ce roman jeunesse, on se doute qu'il sera loin d'être sérieux.  Et c'est vrai.  Les Bertignac est complètement loufoque et rocambolesque, avec des aventures et des personnages tous plus invraisemblables les uns que les autres. 

Dès le départ, on entre directement dans le feu de l'action, alors que Tarko, le jeune héros et sa soeur se retrouvent dans un avion en pleine tempête au-dessus de la forêt amazonienne. L'écriture de l'auteur est incroyablement visuelle, nous avons l'impression de voir un film ou de lire une bande dessinée.  Le ton employé par l'auteur nous fait partager les péripéties de Tarko et nous devenons ainsi son "pote", car il s'adresse directement à nous.  

Encore plus, il n'y a pas de distance entre nous et les évènements, pas de recul, nous sommes "dans" l'intrigue, car Tarko nous parle alors même qu'il est en train de vivre ce qu'il nous décrit.  La narration en devient particulièrement vivante et intéressante, d'autant plus que l'humour y est constamment présent.  Dans l'ensemble, les personnages sont plutôt sympathiques et nous passons le temps du roman à bout de souffle, rivés sur le bord de nos sièges, tant le rythme en est trépidant.

Cependant, l'expression populaire veut que l'on ait toujours les défauts de ses qualités et Les Bertignac n'échappe pas à cet axiome.  L'accumulation de tous les éléments précédemment cités donne dans la surenchère et le lecteur frôle la saturation.  Le récit est composé de plusieurs parties qui n'ont aucune cohésion entre elles et ne mènent nulle part.  En fait, j'ai décroché à plus d'une centaine de pages de la fin, car je trouvais que l'histoire tournait en rond, mais j'ai continué car je voulais respecter mon engagement.  Il y a beaucoup de répétitions, particulièrement dans le discours de Tarko, qui est un gamin verbomoteur et cela en devient lassant.  Finalement, j'ai trouvé que la leçon écologiste tombait à plat et que le côté magique faisait amateur.

Au final, ma lecture des Bertignac n'a pas été complètement désagréable.  C'est divertissant comme un tour de manège où on éprouve quelques sensations fortes, mais une fois terminé, on l'oublie rapidement.  Un public beaucoup plus jeune que moi appréciera sûrement les nombreuses tribulations du héros et l'humour absurde du roman, si ce n'est son épaisseur.  Malgré tout, je remercie les éditions Hugo & Cie ainsi que le Club de Lecture pour ce partenariat.

Catégorie partie du corps
Couverture et résumé : site de l'éditeur