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jeudi 1 janvier 2015

Journal d'un chat assassin


Auteure : Anne Fine
Éditions : L'École des loisirs (2006)
Nombre de pages : 78 pages

Résumé : Lundi, j'ai tué un oiseau. C'est vrai. Ellie, ma maîtresse, a sangloté si fort en me serrant contre elle que j'ai cru me noyer. Mais dites-moi, qu'est-ce que je suis censé faire quand une petite boule de plumes m'arrive entre les pattes ? Je suis un chat, tout de même. Mercredi, j'ai rapporté une souris morte à la maison. Je ne l'avais même pas tuée. Ellie a encore beaucoup pleuré. Et jeudi, il y a eu cette regrettable histoire de lapin...

Mon avis :

Une histoire à laquelle j'ai complètement adhéré, malgré son petit nombre de pages.  Un «chat assassin», qui écrit son journal.  J'ai trouvé le félin plus bluffeur que meurtrier, un brin vantard, mais toujours drôle et sympathique.  On dit que c'est un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls, mais les adultes s'y divertiront aussi!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Couverture et résumé : Decitre

dimanche 1 juin 2014

Le petit tabarnak


Auteur : Jacques Goldstyn
Éditions : de la Pastèque (2014)
Nombre de pages : 80

Mon avis : Parce que son père s’est tapé sur le pouce avec un marteau en jurant, un petit garçon se lance à la recherche du «tabarnak».  Tout ce qu’il sait, c’est que c’est un gros mot qu’il n’a pas le droit de prononcer.  Alors, ils interrogent ses copains qui lui disent d'abord que c’est un gros monstre préhistorique, ensuite une maladie mortelle ou le nom d’un village où s’est produit un horrible massacre et finalement, le nom d’un terrible dictateur.  Mais non.  La réponse va venir de Monsieur le curé, qui va leur dire que le tabernacle est tout simplement l’armoire où on range le calice et le ciboire…

Je ne suis pas sûre que j’aurais lu cet album sans le défi Petit bac 2014.  J’étais à la recherche d’un livre avec un gros mot dans le titre, quand je suis tombée sur ce livre dans mes recherches.  Je crois qu'il est avant tout destiné aux enfants, mais je l’ai trouvé amusant, surtout avec l’imagination et la réaction des enfants face à ce que c’est que ce fameux et mystérieux «tabarnak».  Il m’a aussi fait prendre conscience que je fais suis probablement partie de la dernière génération qui est déjà entrée dans une église et qui sait ce que sont un tabernacle, un calice et un ciboire.  Au Québec, ces mots sont devenus des sacres, des jurons dans le contexte où l’Église catholique était omniprésente et omnipotente jusque dans les années 1960.  Finalement, les pages de cet album sont joliment illustrées et les dessins de Jacques Goldstyn, bien rigolos.


Couverture et images trouvées sur le web

http://ennalit.canalblog.com/archives/2012/12/01/25318895.html
 

dimanche 27 avril 2014

Le cercle des jeunes élues

Auteurs : Sara B. Elfgren et Mats Strandberg
Éditions : JC Lattès (2013)
Collection : Thrillers
Nombre de pages : 500 pages

Résumé : Engelsfors, une petite ville de Suède entourée de forêts immenses. À peine la rentrée des classes passée, un élève est retrouvé mort dans les toilettes du lycée. Tout le monde croit au suicide. Tout le monde, sauf elles.
 
Une nuit où la pleine lune luit d’une étrange couleur rouge, six jeunes filles sont mystérieusement attirées, malgré elles, vers l’ancien parc d’attraction. Dans cet endroit depuis longtemps désaffecté, une prophétie leur est révélée : elles sont les Élues, un groupe de sorcières, liées les unes aux autres par un pouvoir capable de repousser le Mal. Ensemble, elles vont devoir maîtriser cette étrange force et lutter contre une vieille malédiction. Désormais, rester unies est leur seule chance de survie. 

Mon avis :

J’ai été à la fois énormément touchée et captivée par ce roman.  Tout d’abord, il raconte l’histoire d’adolescents qui étudient dans un lycée dans une ville qui ne semble pas offrir beaucoup de débouchés sur l’avenir.  On se centre davantage sur six étudiantes, Minoo, Anna-Karin, Linnéa, Vanessa, Ida et Rebecka ainsi que sur un jeune homme, Élias.

Ce roman aborde avec beaucoup de vérité et de sensibilité les nombreux problèmes que vivent les adolescents : le suicide, le rejet, l’intimidation, le divorce, les troubles alimentaires, le mal-être, la popularité, l’amitié, l’alcool, les drogues, les réseaux sociaux, l’amour, l’argent.  Ça peut sembler rebutant à première vue, mais comme on plonge dans les pensées et les sentiments de ces adolescentes, on s’attache rapidement à elles.

L’intrigue entourant la mort de ces adolescents, la révélation de leurs pouvoirs surnaturels, sur la guerre qui pourrait avoir lieu à Engelsfors entre le bien et le mal, ne vient que pimenter le tout.  Sur les traces de ces jeunes filles qui enquêtent pour savoir qui a tué leurs amis, ce roman devient presque un thriller.  Les adolescentes sont forcées à devenir des alliées, malgré leurs différences et leurs antagonismes.  Elles sont laissées à elles-mêmes face à leurs pouvoirs et à leur mission, leur apprentissage se fait très lentement, leurs découvertes aussi.  Ce n’est pas du tout cuit dans le bec, c’est difficile, certaines semblent sans pouvoir, des questions sont laissées sans réponses comme dans la vraie vie.

Ce mélange littéraire est irrésistible.  Les héroïnes et leurs problèmes m’ont trotté longtemps dans la tête.  J'aurais voulu me précipiter sur la suite, si j’avais eu assez de patience pour la lire en anglais, je l’aurais fait.  Le roman semblait me dire : il faut parler de moi !   Alors, voilà, c'est fait!
 http://ennalit.canalblog.com/archives/challenge_petit_bac_2014/index.html
Couverture et résumé : JC Lattès

mercredi 26 mars 2014

Le cercle des confidentes tome 1

Tome 1 : Lady Megan
Auteure : Jennifer McGowan
Éditions : Milan (2013)
Collection : Macadam
Nombre de pages : 430

Résumé : Lady Megan est le premier tome de cette série très originale qu’est le Cercle des confidentes. Elles sont cinq.Cinq jeunes femmes aux talents extraordinaires. Cinq espionnes de la reine Élisabeth 1re d’Angleterre.  Elles sont ses yeux, ses oreilles. Chacune est unique. 

Voici l’histoire de la première d’entre elles, Lady Megan ! Ce 1er tome a pour personnage principal Meg Fellowes, 17 ans et voleuse désabusée. Elle rejoint un groupe d’espions féminins au service de la reine. Résoudre un meurtre, sauver la couronne et peut-être tomber amoureuse… de nombreux défis attendent notre héroïne !

Mon avis :

J'étais tellement enthousiasmée par ma lecture au départ que j'étais certaine que ce serait un coup de coeur.  Mais en chemin, je ne sais trop exactement pourquoi, cet enthousiasme s'est légèrement refroidi.

Ma lecture fut quand même extrêmement plaisante, car son sujet m’intéresse beaucoup, soit la vie à la Cour d’Angleterre sous le règne d’Élisabeth 1ere, qui fut une souveraine formidable et politicienne rusée et redoutable.  On y parle aussi de  la condition des femmes à travers à cette époque.  Malgré que ce soit un roman jeunesse, je trouve que l’aspect historique est assez bien rendu.  C’est aussi un très bon roman d’aventures, dès que l’on a accepté ses prémisses peu ordinaires, soit un cercle de jeunes femmes (adolescentes) espionnes agissant dans l’ombre de la reine pour la protéger.  

Ce que j’ai trouvé particulièrement bien rendu, c’est la vulnérabilité de ces jeunes filles et le fait qu’elles ne sont que des instruments dans les mains des conseillers de la reine.  Si elles ne leur sont plus utiles, car ne pouvant plus exécuter les missions demandées, ils peuvent s’en débarrasser tout simplement, comme on jette des objets.  Leur existence ne leur appartient pas et elles n’ont pas de vie privée : elles ne sont là que pour servir la reine et l’Angleterre (et souvent les intérêts particuliers de toutes les parties concernées).   Les intrigues politiques aussi sont bien décrites, la cour est un échiquier où les pions sont déplacés toujours en fonction d’un intérêt politique, souvent caché.  C’est aussi un panier de crabes où tous n’hésitent pas à s’écraser les uns les autres pour se faire remarquer de la reine, pour obtenir des richesses, des titres ou une fonction à la cour.  Il n’y a pas que les Anglais, mais aussi les membres des cours étrangères (espagnole).  Tout n’est qu’apparence et mensonge, tous sont des marionnettes manipulées par des hommes dans l’ombre.  Élisabeth est protestante, elle est jeune et célibataire, beaucoup aimerait la voir mariée.  Tout cela est objet de tractations, échanges, complots, manipulations, secrets, etc.  Élisabeth vient d’accéder au pouvoir après de longues années de réclusion et elle veut s’amuser, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

J’ai adoré cette idée de ce cercle de jeunes filles choisies en fonction de leur talent particulier pour protéger la reine, espionner et déjouer des complots.  Elles doivent remplir des missions.  Megan est une jeune femme débrouillarde et décidée, une voleuse et une bonne comédienne.  Elle est indépendante et elle est lucide quand aux possibilités qui existent pour les femmes : elle n’a pas envie de s’encombrer d’un mari.  Quand elle est arrêtée et doit renoncer à sa liberté pour protéger ses amis comédiens, elle y rechigne et espère la retrouver le plus vite possible.  Elle n’est pas éblouie par les fastes de la cour et sait la précarité de la place qu’elle y occupe.  Elle reçoit une formation assez complète : les usages de la cour, combats, poisons, langues étrangères, politique, etc.  Elle doit jouer la comédie, apprendre à mentir et à manipuler aussi.

Même si elle est aux ordres des conseillers de la reine, Meg décide avec ses amies d’enquêter elles-mêmes sur la mort d’une précédente confidente.  Elle découvre des lettres compromettantes, des couloirs secrets et un possible complot catholique contre la reine.  Elle doit choisir entre sa loyauté envers ses amies et la reine et son devoir envers ses «employeurs».

Au niveau des «faiblesses» du roman, il y a un manque de précision et de réalisme au niveau des intrigues de la Cour et des missions confiées aux confidentes.  Mais il faut dire que l’auteure s’adresse à des adolescents, qui sont peut-être moins pointilleux que moi.  Aussi, j'ai trouvé qu'on passe beaucoup de temps dans les pensées de Meg, peut-être au détriment de l’action.

Mais somme toute, c'est un excellent roman d'aventures et historique, avec un sujet original et des héroïnes très fortes, dont Megan est la première à nous être présentée.  Je lirais la suite avec grand plaisir!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html 
Idée 22 :  une pièce d’un vêtement

lundi 11 novembre 2013

Les mondes de Noum

Tome 1 : Le cristal Source
Auteur : Laurence Ardouin
Éditions : Bayard Canada (2013)
Nombre de pages : 400

Résumé : Noum, point central des voyages entre les mondes.  Kym, un jeune nomade du désert, rêve du temps où chacun disposait d'un cristal pour développer ses dons. Le jour où un homme étrange lui remet une pierre et le charge d'une mission, son destin bascule et il devra faire appel à une jeune terrienne, Maud, pour sauver Noum et échapper aux princes qui veulent contrôler les voyages. 

Mon avis :

Noum est une planète où la chaleur et la lumière surgissent du sol.  Cette énergie appelée «shaari» nourrit tous les êtres vivants qui y habitent.  Autrefois, tous les Nou’Ims possédaient un cristal qui leur permettait de canaliser cette énergie et de développer leurs dons créatifs.  Mais le roi a confisqué tous les cristaux et le peuple est très faible sans eux et leur monde périclite.


Kym, un jeune Nou’Im et Maud, une adolescente terrienne sont maintenant les seules personnes, en dehors de la famille princière de Noum, à posséder des cristaux.  Avec l’aide d’un personnage énigmatique appelé l’Ancien, ils vont apprendre à les utiliser.  Maud se rendra sur Noum afin d’aider Kym.  Les deux adolescents se lanceront dans une quête mystérieuse afin de sauver Noum, alors que les soldats et les sorciers des princes vont se lancer à leurs trousses.


Kym et Maud sont des personnages attachants, responsables et déterminés.  Même s’il est réticent au départ, Kym s’engage dans la mission que lui confie l’Ancien.  Il possède un grand sens de l’orientation qui fait de lui le meilleur des guides de voyages.  Quant à Maud, c'est une adolescente sensible et très proche de son frère et de sa sœur adoptifs.  Elle deviendra très habile à manipuler le «shaari» à l’aide de son cristal.


Les paysages de Noum sont minutieusement dépeints par l’auteur, d’une façon presque poétique.  Même s’ils m’ont semblé étranges à première vue, je suis arrivée à bien me les imaginer et j'ai fini par les trouver de toute beauté.  J’ai beaucoup aimé l’idée d’interdépendance vitale qui existe entre Noum et ses habitants.  Nous les Terriens, sommes aussi dépendants de notre planète, mais dans l’état actuel des choses, elle pourrait peut-être connaître un jour le même sort que Noum.  On sent que cette pensée écologique est importante pour l’auteur.  Finalement, j’ai ressenti une grande tendresse envers Noum et ses personnages grâce à l'écriture de Madame Ardouin.  Cela donne une grande douceur au récit. 


Il y a une seule chose que je pourrais peut-être reprocher à l’histoire.   En effet, il m'a semblé qu'il y avait une certaine facilité dans les aventures que Kym et Maud vivaient.  Même s’ils ne savaient pas au début comment employer leur cristal pour combattre leurs ennemis, ils y sont arrivés quand même rapidement avec une aisance qui m’est apparue comme questionnable.  Malgré cela, j’ai été profondément touchée par la beauté de ce roman et assez captivée pour avoir le goût de lire la suite.  Comme moi, les jeunes lecteurs de fantasy n'auront qu'une envie : se plonger les mondes de Noum!


Il s'agit d'un roman que j'ai reçu des éditions Bayard Canada.  Malgré les circonstances, puisque j'ai lu et aimé le roman et que l'auteure le méritait, j'ai décidé de publier mon avis.  Merci à Bayard Canada pour cette lecture 

Couverture : lesmondesdenoum.ca

vendredi 2 août 2013

L'apprenti épouvanteur

Tome 1 de la série L'Épouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Éditions : Bayard Jeunesse (2009)
Nombre de pages : 275

Résumé : "L'Épouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation.  Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur.  Ils sont fragiles, veules ou lâches.  Ils se font payer fort cher de bien maigres services.  Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir.  Il faut que quelqu'un le fasse.  Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures.  Tu es le seul qui en soit capable."  Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Épouvanteur du comté.  Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire...  Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

Mon avis :


Tom est un jeune garçon d'une douzaine d'années et le septième fils d’un septième fils.  La terre familiale ne pouvant faire vivre tous ces fils, Tom doit être placé comme apprenti.  Son père l’envoie donc en formation auprès de l'Épouvanteur.  Ce dernier métier n'est pas facile.  Un épouvanteur doit de protéger les villageois contre les créatures maléfiques qui rôdent à la faveur de la nuit, comme des démons, des gobelins ou des sorcières.   Malgré qu’il soit utile à ses concitoyens, l’épouvanteur est craint et fui comme la peste.  La condition de Tom comme apprenti épouvanteur sera donc très difficile et il ne se doute pas à quel point il sera seul dans le futur.
 
J'ai beaucoup aimé lire ce roman parce qu'il n'y a aucun temps mort.  On entre directement dans l'action.  Dès le départ, Tom est confronté au surnaturel et doit apprendre à le combattre.  Malgré le peu de leçons que lui donne son maître sur le sujet, il doit se débrouiller par lui-même et se débarrasser de la méchante sorcière et des autres choses  redoutables qui rôdent autour.  

Tom est un jeune garçon comme les autres, malgré qu'il voit des choses que les autres ne voient pas.  Au début du récit, il est indécis, il ne sait pas qui il est et ce qu'il veut vraiment.  Durant son apprentissage, il va commettre des erreurs graves, dont les conséquences auraient pu être terribles, il fera face à l'horreur et en sortira transformé.   Alors qu’il n’a rien d'extraordinaire, aux moments critiques, même s’il est loin d'être prêt, Tom saura quoi faire et parviendra à terrasser les méchants.  C'est loin d'être réaliste, mais c'est probablement parce que je suis adulte que cela m’agace.

J'ai beaucoup aimé les personnages féminins dans l'Apprenti épouvanteur.  Les femmes sont fortes et ne se laissent pas faire.  Il y a la mère de Tom, avec son savoir caché, sa belle-sœur Ellie et surtout Alice.  Cette dernière est la plus intéressante, car elle est ambivalente.  Elle est ni tout à fait bonne, ni tout à fait mauvaise.  Elle est issue d'une lignée de sorcières, elle utilise la magie noire, mais en même temps, elle deviendra l'amie de Tom et va beaucoup l'aider.   J'ai été par contre déçue par le personnage de l'Épouvanteur, car il est absent durant la majeure partie de l'histoire.

L'écriture de l'auteur est précise et très descriptive.  On voit parfaitement tout ce qu'il nous décrit.  Certaines scènes sont peu ragoûtantes, surtout vers la fin.  Elles ne m'ont pas ébranlée outre mesure, mais des lecteurs plus jeunes pourraient en être perturbés.  Comme je le disais, il y a beaucoup d'action dans ce roman, mais il y a aussi un côté psychologique, que l’on découvre grâce au journal que Tom écrit.  La conclusion du roman est ouverte, nous savons déjà qu'il y aura une suite.  J’ai vraiment le goût de poursuivre l’aventure.  Non seulement parce qu'il reste beaucoup de questions sans réponses, mais aussi parce que Tom est attachant et que l'histoire est bourrée de magie et d'action!  On ne peut qu'en redemander!

Merci à Bayard Canada pour cette lecture faite dans le cadre de l'opération

dimanche 7 juillet 2013

Double Jeu

Auteur : Judy Blundell
Éditions : Albin Michel (2013)
Collection : Wiz
Nombre de pages : 390

Résumé :  1950.  Quand Kit arrive à New York, elle a les yeux brillants et le coeur plein de rêves : Broadway sera bientôt à ses pieds.  À elle, les feux de la rampe, les soirs de première, la célébrité.  Mais la réalité a la peau dure, d'auditions ratées en rencontres louches, Kit finit par décrocher un petit rôle dans une comédie musicale.  La gloire attendra encore un peu.  D'autant qu'un personnage de son passé, Nate Benedict, le père de son ex-fiancé, refait surface.  L'homme semble tenir Broadway dans le creux de sa main.  Et ce qu'il offre à la jeune fille ne peut se refuser... Le piège se referme doucement sur Kit.

Mon avis :

Enfin un roman jeunesse où on ne parle pas de créatures surnaturelles, de dystopie ou de jeunes aux dons exceptionnels !  Kathleen «Kit» Corrigan est une jeune fille de 17 ans tout ce qu’il y a de plus ordinaire.  Elle est rousse, irlandaise, n’est pas très bonne à l’école et est une triplée avec son frère Jamie et sa sœur Muddie.  Ses seuls dons sont pour le chant, la danse et le théâtre.  Elle déménage à Broadway suite à une dispute avec son petit ami dans l’espoir de décrocher un rôle à Broadway.  Mais la réalité est loin de la célébrité et du glamour qu’elle espérait y trouver.  Elle est seule, elle n’a pas beaucoup d’argent et elle couche sur le divan dans l’appartement de la mère d’une danseuse avec qui elle travaille.  Elle a passé beaucoup d’auditions sans succès, elle se retrouve donc dans une comédie musicale de seconde zone et la rivalité avec les autres filles est plutôt vive.

Un soir, elle aperçoit dans la public Nate Benedict le père de son ex-petit ami Billy.  Il lui offre un appartement en échange des efforts qu’elle fera pour qu’il puisse renouer avec son fils.  Elle accepte.  Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle vient de signer un pacte avec un drôle de diable.  Car Nate Benedict, même s’il se dit avocat, a de drôles de fréquentations, il fraie avec des membres connus de la pègre new-yorkaise.


Ce roman est beaucoup plus complexe que son résumé peut le laisser présager.  Malgré elle, Kit se retrouve mêlée aux magouilles de Nate Benedict, car elle lui doit beaucoup et en retour, il lui demande de « petits services ».  Les choses s’emballent quand Billy revient et s’aperçoit que Kit fréquente son père.  Ce roman n’est pas mièvre et correct comme peuvent l’être certains romans jeunesse d’aujourd’hui.

Nous faisons donc connaissance dans ce roman avec le milieu des comédies musicales et des boîtes de nuit dans le New York des années 1950, avec ses vedettes et son côté clinquant, mais aussi avec son revers plus sordide.  On voit aussi défiler la pègre et le FBI.  Kit s’aperçoit rapidement qu’elle aussi devient une victime des tromperies dont Nate semble être le roi.  Sa famille est étroitement liée à celle des Benedict et elle découvrira les secrets et les mensonges qui les lient.

L’intrigue évolue entre le New York de 1950 et des événements du passé de Kit qui viennent éclairer les drames actuels que vit la jeune fille.  Son histoire familiale est fascinante, alors que l’on découvre que son père les élevés seuls, avec sa sœur, elle et son frère et sa sœur.  Elle a été un genre d’enfant vedette, jouant dans des publicités à la radio et faisant les fêtes foraines, car ces triplés étaient un genre de phénomène.  Son enfance et son adolescence n’ont donc pas été des plus conventionnelles !  Son père était un charmeur, mais aussi un être plutôt faible qui a préféré dans bien des cas la facilité, notamment dans la relation que sa sœur et Nate ont eu.  Nate est reconnu pour être bon pour «régler» les problèmes.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce roman, évoluant entre passé et présent.  Les personnages sont très intéressants, notamment celui de Kit, une jeune fille qui m’a semblé terriblement adulte, même si elle fait des choix douteux aux conséquences terribles.  Elle est  effrontée et charmante.  Son fiancé Billy aussi est intéressant, qui, parce qu’il a laissé son père arranger un drame de son passé et a vécu dans les faux-semblants, ne peut s’empêcher d’avoir peur que tous le trahissent et il craque quand il croit que Kit l’a trompé.  Et que dire de Nate Benedict, ce manipulateur diabolique, qui finalement n’a jamais agi que pour son propre bien.  Malgré qu’elle soit prise dans un étau, Kit finira par vouloir faire éclater la vérité sur Nate et sur le passé de sa famille.

J’ai appris certaines choses, comme l’angoisse que les Américains face à la bombe atomique (il y a eu des simulations d’attaques atomiques alors que les New Yorkais devaient aller se cacher dans des abris ou dans le métro ou sur la liste noire des professeurs qui pouvaient perdre leur emploi parce qu’ils étaient suspectés d’avoir des sympathies communistes, alors qu’ils ne faisaient que partie d’un syndicat ou prenaient part à des manifestations.  Le FBI les surveillaient.  

C'est donc un excellent roman, avec une héroïne charmante qui se retrouve mêlée à des événements qui le sont moins, avec une intrigue bien nourrie, un certain suspense, des secrets de famille, une ambiance sulfureuse et qui se déroule dans un milieu fascinant.   Son écriture vivante et prenante font que Double jeu se lit passionnément et qu’on ne lâche pas facilement.  Comme adulte, je ne me suis pas ennuyée du tout et j'ai apprécié qu'il n’y ait pas les stéréotypes habituels sur les jeunes qu’on peut trouver abondamment dans la littérature jeunesse présentement et qui me font tiquer !  J’ai l’impression de ne pas su très bien parlé de ce roman, mais j’ai été complètement enthousiasmée par ma lecture.  À lire donc!

Evy en parle ici et Hérisson, ici.
61. une voiture ou une partie
Couverture et résumé : Wiz