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lundi 11 novembre 2013

Les mondes de Noum

Tome 1 : Le cristal Source
Auteur : Laurence Ardouin
Éditions : Bayard Canada (2013)
Nombre de pages : 400

Résumé : Noum, point central des voyages entre les mondes.  Kym, un jeune nomade du désert, rêve du temps où chacun disposait d'un cristal pour développer ses dons. Le jour où un homme étrange lui remet une pierre et le charge d'une mission, son destin bascule et il devra faire appel à une jeune terrienne, Maud, pour sauver Noum et échapper aux princes qui veulent contrôler les voyages. 

Mon avis :

Noum est une planète où la chaleur et la lumière surgissent du sol.  Cette énergie appelée «shaari» nourrit tous les êtres vivants qui y habitent.  Autrefois, tous les Nou’Ims possédaient un cristal qui leur permettait de canaliser cette énergie et de développer leurs dons créatifs.  Mais le roi a confisqué tous les cristaux et le peuple est très faible sans eux et leur monde périclite.


Kym, un jeune Nou’Im et Maud, une adolescente terrienne sont maintenant les seules personnes, en dehors de la famille princière de Noum, à posséder des cristaux.  Avec l’aide d’un personnage énigmatique appelé l’Ancien, ils vont apprendre à les utiliser.  Maud se rendra sur Noum afin d’aider Kym.  Les deux adolescents se lanceront dans une quête mystérieuse afin de sauver Noum, alors que les soldats et les sorciers des princes vont se lancer à leurs trousses.


Kym et Maud sont des personnages attachants, responsables et déterminés.  Même s’il est réticent au départ, Kym s’engage dans la mission que lui confie l’Ancien.  Il possède un grand sens de l’orientation qui fait de lui le meilleur des guides de voyages.  Quant à Maud, c'est une adolescente sensible et très proche de son frère et de sa sœur adoptifs.  Elle deviendra très habile à manipuler le «shaari» à l’aide de son cristal.


Les paysages de Noum sont minutieusement dépeints par l’auteur, d’une façon presque poétique.  Même s’ils m’ont semblé étranges à première vue, je suis arrivée à bien me les imaginer et j'ai fini par les trouver de toute beauté.  J’ai beaucoup aimé l’idée d’interdépendance vitale qui existe entre Noum et ses habitants.  Nous les Terriens, sommes aussi dépendants de notre planète, mais dans l’état actuel des choses, elle pourrait peut-être connaître un jour le même sort que Noum.  On sent que cette pensée écologique est importante pour l’auteur.  Finalement, j’ai ressenti une grande tendresse envers Noum et ses personnages grâce à l'écriture de Madame Ardouin.  Cela donne une grande douceur au récit. 


Il y a une seule chose que je pourrais peut-être reprocher à l’histoire.   En effet, il m'a semblé qu'il y avait une certaine facilité dans les aventures que Kym et Maud vivaient.  Même s’ils ne savaient pas au début comment employer leur cristal pour combattre leurs ennemis, ils y sont arrivés quand même rapidement avec une aisance qui m’est apparue comme questionnable.  Malgré cela, j’ai été profondément touchée par la beauté de ce roman et assez captivée pour avoir le goût de lire la suite.  Comme moi, les jeunes lecteurs de fantasy n'auront qu'une envie : se plonger les mondes de Noum!


Il s'agit d'un roman que j'ai reçu des éditions Bayard Canada.  Malgré les circonstances, puisque j'ai lu et aimé le roman et que l'auteure le méritait, j'ai décidé de publier mon avis.  Merci à Bayard Canada pour cette lecture 

Couverture : lesmondesdenoum.ca

vendredi 2 août 2013

L'apprenti épouvanteur

Tome 1 de la série L'Épouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Éditions : Bayard Jeunesse (2009)
Nombre de pages : 275

Résumé : "L'Épouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation.  Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur.  Ils sont fragiles, veules ou lâches.  Ils se font payer fort cher de bien maigres services.  Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir.  Il faut que quelqu'un le fasse.  Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures.  Tu es le seul qui en soit capable."  Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Épouvanteur du comté.  Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire...  Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

Mon avis :


Tom est un jeune garçon d'une douzaine d'années et le septième fils d’un septième fils.  La terre familiale ne pouvant faire vivre tous ces fils, Tom doit être placé comme apprenti.  Son père l’envoie donc en formation auprès de l'Épouvanteur.  Ce dernier métier n'est pas facile.  Un épouvanteur doit de protéger les villageois contre les créatures maléfiques qui rôdent à la faveur de la nuit, comme des démons, des gobelins ou des sorcières.   Malgré qu’il soit utile à ses concitoyens, l’épouvanteur est craint et fui comme la peste.  La condition de Tom comme apprenti épouvanteur sera donc très difficile et il ne se doute pas à quel point il sera seul dans le futur.
 
J'ai beaucoup aimé lire ce roman parce qu'il n'y a aucun temps mort.  On entre directement dans l'action.  Dès le départ, Tom est confronté au surnaturel et doit apprendre à le combattre.  Malgré le peu de leçons que lui donne son maître sur le sujet, il doit se débrouiller par lui-même et se débarrasser de la méchante sorcière et des autres choses  redoutables qui rôdent autour.  

Tom est un jeune garçon comme les autres, malgré qu'il voit des choses que les autres ne voient pas.  Au début du récit, il est indécis, il ne sait pas qui il est et ce qu'il veut vraiment.  Durant son apprentissage, il va commettre des erreurs graves, dont les conséquences auraient pu être terribles, il fera face à l'horreur et en sortira transformé.   Alors qu’il n’a rien d'extraordinaire, aux moments critiques, même s’il est loin d'être prêt, Tom saura quoi faire et parviendra à terrasser les méchants.  C'est loin d'être réaliste, mais c'est probablement parce que je suis adulte que cela m’agace.

J'ai beaucoup aimé les personnages féminins dans l'Apprenti épouvanteur.  Les femmes sont fortes et ne se laissent pas faire.  Il y a la mère de Tom, avec son savoir caché, sa belle-sœur Ellie et surtout Alice.  Cette dernière est la plus intéressante, car elle est ambivalente.  Elle est ni tout à fait bonne, ni tout à fait mauvaise.  Elle est issue d'une lignée de sorcières, elle utilise la magie noire, mais en même temps, elle deviendra l'amie de Tom et va beaucoup l'aider.   J'ai été par contre déçue par le personnage de l'Épouvanteur, car il est absent durant la majeure partie de l'histoire.

L'écriture de l'auteur est précise et très descriptive.  On voit parfaitement tout ce qu'il nous décrit.  Certaines scènes sont peu ragoûtantes, surtout vers la fin.  Elles ne m'ont pas ébranlée outre mesure, mais des lecteurs plus jeunes pourraient en être perturbés.  Comme je le disais, il y a beaucoup d'action dans ce roman, mais il y a aussi un côté psychologique, que l’on découvre grâce au journal que Tom écrit.  La conclusion du roman est ouverte, nous savons déjà qu'il y aura une suite.  J’ai vraiment le goût de poursuivre l’aventure.  Non seulement parce qu'il reste beaucoup de questions sans réponses, mais aussi parce que Tom est attachant et que l'histoire est bourrée de magie et d'action!  On ne peut qu'en redemander!

Merci à Bayard Canada pour cette lecture faite dans le cadre de l'opération

mercredi 19 juin 2013

Le chat

Auteur : Danielle Pouliot 
Éditions : Art Global (2011)
Nombre de pages : 180

Résumé :  – Avez-vous vu votre père récemment ?
Je n'ai pas entendu parler de lui depuis une éternité. Pour que la police vienne m'importuner, il faut qu'il ait fait une gaffe ou qu'il soit mort. J'espère qu'il est mort.

Viviane, jeune trentaine, lampiste de son métier, est animée par la passion de créer avec la lumière. En quête de sens dans sa vie après une rupture douloureuse, elle tâche de remettre en état sa nouvelle demeure, une maison bancale du Plateau Mont-Royal.
 
À la mort de son père, un homme destructeur qu'elle n’avait pas vu depuis près de quinze ans, elle se trouve bien malgré elle à remuer son passé. Les détours du hasard l'amèneront à des révélations aussi troublantes que surprenantes.
 
Le chat est à la fois un suspense psychologique et la chronique savoureuse de la vie d’une Montréalaise contemporaine. C’est aussi un roman d’amour qui explore le thème du pardon et pose des questions fondamentales sur le sens et la portée des relations affectives.
 
Sur le rythme chassé-croisé des souvenirs et du quotidien, au fil des sept jours d’une semaine charnière dans la vie de la jeune femme, Danielle Pouliot nous livre un récit tout en sensibilité et en finesse où elle décortique les émotions au scalpel.
 
L'auteure nous offre en outre, à la fin de l’ouvrage, Les recettes culinaires de Viviane, évocation des meilleurs souvenirs d’enfance de son héroïne.

Mon avis :


Le chat.  Avec un titre pareil et avant même de l'avoir lu, j'avais déjà un préjugé favorable envers ce roman.  Et des félins domestiques, il y en a quelques-uns dans cette histoire, qui traversent la vie de Viviane et qui seront de véritables traits d'union entre son père et elle.

Viviane Després est célibataire depuis deux ans, suite à une rupture douloureuse.  Elle tient une boutique où elle vend des lampes, en fabrique et propose aussi à ses clients de créer des ambiances lumineuses selon leurs besoins.  Un matin, la police vient sonner à sa porte pour lui annoncer le décès de son père, qu'elle n'a pas vu depuis plus de 10 ans.

Au début, elle ne veut pas s'impliquer dans les démarches administratives entourant les obsèques de son père.  Tout au long du roman, ce père, elle ne le nommera que par son nom de famille, Bouchard et cela m’a frappé.  Pour elle et son frère Romain, cet homme n’est pas leur père.  Viviane est pleine de colère parce que Bouchard a été méchant et violent tout au long de son enfance.  Sa mère a été une bonne mère, mais après sa séparation, elle est devenue une femme inquiète et désabusée et est demeurée seule pour le restant de sa vie.

À cause de son passé familial, Viviane a peur d'aimer.  Elle choisit toujours le même genre d'hommes, comme Gabriel, un homme menteur et manipulateur, qui lui a fait beaucoup de mal.  Elle dit : «J’ai choisi le célibat il y a deux ans.  Parfois je compare ma vie sentimentale à une boîte de chocolats.  Je choisis toujours la même sorte.  Des caramels durs  sur lesquels je me casse les dents.» (P.23)  Elle avoue à demi-mot qu’elle était dépendante de lui affectivement et qu’elle lui a demandé l’impossible, soit de combler le grand vide intérieur qui l’habitait.  Réfractaire face à cette lourde charge, l’oiseau volage a préféré déserter leur nid amoureux

Finalement, Viviane va s'occuper des affaires de son père.  En les fouillant, elle trouvera des photos qui lui feront prendre conscience qu'elle a acheté la maison où son père a vécu quand il était enfant.  De plus, elle adoptera le chat de son père, alors qu'elle pensait qu'il les détestait.  Tout cela fera remonter à sa mémoire des souvenirs d'enfance désagréables, mais elle finira par comprendre pourquoi son père s'est comporté avec elle de cette manière et par faire la paix d'une certaine façon avec lui.  Elle s'apercevra que même si nous sommes déterminés par notre passé, nous pouvons aussi choisir de ne pas en demeurer prisonniers.

En lisant ce roman, j'ai pris conscience que les gens aujourd'hui vivaient isolés, chacun dans sa petite bulle.  Viviane a quelques amis, mais semble souffrir quand même de solitude.  De même, nous croisons parfois une autre personne, au détour de notre vie, comme deux navires dans la nuit, mais sans jamais s'impliquer vraiment.  Ou alors, nous nous entourons de quelques proches triés sur le volet et avec lesquels nous entretenons une relation exclusive.  Je ne crois pas que Viviane ait choisi, que nous choisissons la solitude, mais nous demeurons seuls parce que nous avons peur des autres et peur d'être blessés par eux.

Ce roman quoique petit par son nombre de pages est plutôt dense de par son contenu et les questions qu'il aborde.  Alors même que ce Viviane vivait m’a porté à réfléchir, je n'ai pas été vraiment touchée par le personnage de Viviane.  Peut-être justement parce que son histoire à laquelle ses souvenirs et ses réflexions se mêlaient, m'a semblé décousue et que je me suis un peu perdue dans toutes les directions que le récit prenait.  Mais malgré cela, je considère que ce fut quand même une belle lecture dont je retiendrai surtout les passages sur les chats et sur la lumière.  Et la fin, comme un baume posé sur ses blessures, prendra des allures de recommencement pour Viviane.

Je veux remercier Babelio et les éditions Art Global qui m'ont permis de découvrir ce roman dans le cadre de l'opération 

 
couverture et résumé : Art Global

dimanche 2 juin 2013

Seuls les poissons

Auteur : Françoise Kerymer
Éditions : JC Lattès (2012)
Nombre de pages : 416 pages

Résumé : «Depuis mes seize ans, tous les jours de ma vie, je les ai traversés avec du vernis à ongles.  Rouge, crème, transparent, c’était selon, en fonction des modes et des époques. (…) Un de ces deniers matins, je me suis levée avec la certitude que le vernis, c’était fini pour moi.»
 
Marie se sent seule, inutile et dépassée.  Alex, son mari pianiste, est parti en Grèce pour composer, et leurs deux filles vivent leur vie : Elsa, jeune chercheuse en médecine, habite à New York, et Sarah élève seule son enfant depuis la disparition de son compagnon Gabriel.  La famille dispersée rencontre la solitude, le doute et cherche son équilibre. 

Mais lorsque le passé refait brusquement surface dans l'existence d'Elsa, tout bascule.  Les événements les projettent les uns vers les autres, troublant leur volonté de se frayer un chemin individuel.
 
De Paris à New York, de Corfou à la Bretagne, un récit polyphonique en quatre saisons.  Deux générations qui se cherchent, partagées entre les impératifs familiaux, leurs propres aspirations et un puissant désir de liberté.

Mon avis : 

Le roman Seuls les poissons est écrit de façon impeccable.  Françoise Kerymer possède une très belle plume, que j'ai trouvée pleine de profondeur, délicate et empreinte de poésie.  Je suis très sensible à la qualité d'une écriture et c'est ici une des forces du roman.

Et il y a les personnages.  Ils sont plusieurs et le récit emprunte tour à tour leur voix pour nous narrer cette histoire, d'abord féminine avec Marie, ses filles Sarah et Elsa ainsi que ses soeurs Lise et Anne.  Ces femmes sont à la fois fortes et faibles, liées très fortement entre elles par une grande complicité et une solidarité sans faille.  Et il y a aussi les hommes.  Alex, Carlos et Gabriel.  Eux, ce qui les distingue, c'est la musique et l'amour qu'ils lui portent.  J'ai beaucoup aimé les passages qui se déroulaient en Grèce, avec ces concerts improvisés qui apportent autant de plaisir aux musiciens qu'à ceux qui les écoutent.

Au niveau de l'intrigue, il n'y a pas de suspense dans ce roman.  On voyage à travers les émotions de tous les personnages, de façon intimiste.  J'ai aimé cette façon de faire, toute en douceur et en émotion.  Le pivot de cette histoire est le personnage de Gabriel, sa disparition qui a laissé un grand trou dans la vie et dans le coeur de tous ceux qui l'ont côtoyé.  Les personnages sont perdus, à la dérive, ne sachant pas trop à quoi se raccrocher.  Il y a aussi beaucoup de solitude chez eux, ils se cherchent.  Ils sont pris entre leur désir de liberté et le devoir qu'ils se font de prendre soin des autres.   La réapparition de Gabriel ne réglera pas tous les problèmes et n'apportera pas la délivrance escomptée.  

J'ai beaucoup aimé la place de la musique et de la mer dans cette histoire.  Cette dernière est omniprésente, de la Bretagne aux Antilles en passant par la Grèce.  Elle est violente et destructrice, elle fauche les existences, mais peut aussi bercer et panser les blessures, être porteuse de vie et de renaissance.  

Contrairement à d'autres lecteurs, j'ai été embêtée par la multiplicité des voix narratives. Je me suis sentie bousculée, je ne m'étais pas habituée à un personnage que déjà il me fallait changer pour un autre.  Je n'ai pas été confortable dans ce roman, en tout cas, je n'ai pas ressenti le besoin de me lover dans l'histoire, signe infaillible pour moi qu'un roman m'a profondément touchée et donc que je l'ai vraiment aimé.  J'aurais apprécié que l'auteure insiste davantage sur certains personnages, comme celui d'Elsa.  J'ai trouvé que la fin ne résolvait pas tout, qu'il restait beaucoup de blancs, même si certains protagonistes semblaient avoir retrouvé un semblant d'équilibre.  Peut-être une suite est-elle déjà prévue.

Si le Club de lecture n'avait pas mis ce roman sur mon chemin, je ne crois pas que je l'aurais choisi.  Pourquoi?  Tout simplement parce qu'il serait passé inaperçu dans la flot sans fin de nouveautés qui sont incessamment publiées.  Cela étant dit, je suis contente d'avoir lu ce livre et d'avoir rencontré une nouvelle auteure.  Seuls les poissons ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais cette lecture s'est faite sous le signe de la douceur et de l'émotion.  

Je remercie le Club de lecture et les éditions JC Lattès pour ce partenariat.


 Mes défis littéraires

84. un corps ou quelque chose à proximité de l’eau
Couverture et résumé : JC Lattès

mercredi 8 mai 2013

Entre chiens et loups

Auteur : Malorie Blackman
Éditions : Milan (2005 ; 2011)
Collection : Macadam
Nombre de pages :  396

Résumé : Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc.  Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant.  Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé.  Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes.  C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin.  Et s'ils changeaient ce monde?
  
Mon avis :

Imaginez un monde, pas si différent du nôtre, où les personnages ont seulement changé de place.  Les Noirs (les Primas) représentent la race supérieure, tandis que les Blancs (les Nihils) sont les êtres inférieurs.  Tel est le monde dans lequel Perséphone (Sephy) Hadley et Callum McGrégor vivent.  Elle est noire et lui est blanc.  Tout les sépare et pourtant ils sont les meilleurs amis du monde depuis des années. 

Dès les premières pages, j’ai été conquise par cette histoire et par la sensibilité avec laquelle l’auteure la raconte.  Nous suivons alternativement l’intrigue par les yeux de Sephy et de Callum,  ce qui nous permet de connaître les deux côtés de la médaille et apporte une richesse et une profondeur peu communes à ce type de romans.  Et l’auteure manie en virtuose les émotions quand elle oppose à la violence du racisme la délicatesse de l’éclosion amoureuse des deux jeunes héros.

Nous ne pouvons qu’être touchés par tout ce que non seulement Sephy et Callum subissent, mais aussi tous les autres personnages.  Même si ici le racisme est inversé, ses ravages sont parfaitement décrits et dévastent tous ceux qu’il touche.  Callum va voir les siens décimés par ses effets pervers.  La fin de son père en prison est particulièrement tragique.  Et Sephy va découvrir des secrets qui lui feront découvrir l’hypocrisie dans laquelle sa famille baigne depuis longtemps.  Ce roman, en plus de toutes ses autres qualités, peut être pris comme un vibrant réquisitoire contre le racisme.

Sephy et Callum sont des adolescents ordinaires, confrontés à une situation hors de l’ordinaire, qui les force à réagir violemment. Ils sont tour à tour forts et fragiles, lâches et courageux, égoïstes et altruistes.  Ils auraient aimé continuer à faire comme si rien n’avait changé, mais les brimades que Callum va vivre au collège de Sephy et l’engagement de son père et de son frère dans la rébellion clandestine, entre autres choses, vont venir bouleverser leurs existences.  Au début donc, ils seront confus et perdus, mais ils évolueront et grandiront pour devenir des adultes responsables et engagés. 

Et que dire de leur histoire d’amour contrarié, sinon qu’elle vous prend aux tripes et vient magnifier ce roman ?  Sephy et Callum sont touchants, ils sont seuls face aux autres, ils auront si peu de temps ensemble.  Leur amour les rend uniques et plus grands que nature.  Ils méritent de figurer aux côtés des amoureux immortels de l’Histoire, comme Roméo et Juliette ou Tristan et Iseult.

Ce roman est le premier tome d’une série de quatre et je me suis assez attachée aux personnages pour vouloir continuer de les suivre.  Si vous voulez être profondément touchés par un roman au sujet sérieux, mais traité d’une manière humaine et parfaitement maîtrisée, si vous aimez les grandes histoires d’amour, vous ne pourrez qu’être comblés comme moi par la lecture d’Entre chiens et loups.
Merci à Bayard Canada pour cette lecture
faite dans le cadre de l'opération
 
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Mes défis littéraires :
 
 Idée no. 66 : un nez
Image de couverture : éditions Milan

samedi 8 décembre 2012

Garonne

Auteur : Fanny Brucker
Éditions : JC Lattès (2012)
Nombre de pages : 329

Résumé : Garonne n’avait pas prévu de vieillir.  Elle avait enchaîné jobs à l’étranger, petits boulot non déclarés, contrats aidés qui avaient peu rapporté.  Mais à l’aube de la cinquantaine, cette existence au jour le jour ne lui convient plus.  Alors quand on lui propose un travail dans une entreprise de placements de jeunes filles au pair, Garonne n’hésite pas. Malgré des parents angoissés et des filles capricieuses, Garonne est prête à tout pour bien faire, y compris partir sur les traces de Rose, placée en Irlande et qui ne donne plus de nouvelles.  Avec un humour tout britannique, Fanny Brucker nous raconte les aventures d'une femme toujours prête à accueillir les surprises de la vie.

Mon avis :

J'ai dévoré ce roman en quelques heures savoureuses.  Une fois habituée aux phrases un peu brouillonnes de l'auteure, j'ai plongé avec plaisir dans l'histoire de Garonne et de ses péripéties dans cette agence de placement de jeunes filles au pair.  L'auteure nous raconte plusieurs anecdotes de ces jeunes filles de France et d'ailleurs qui veulent se placer au pair dans une famille et certaines d'entre elles sont vraiment hilarantes.  

Le point fort de ce roman sont ses personnages.  Ils sont peu nombreux et ce sont presque tous des femmes, monoparentale ou célibataire, qui ont décidé de prendre leur vie en main, pour le meilleur et pour le pire.   Celle qui donne son nom au roman, Garonne, est la plus attachante de toutes.  J'ai aimé le fait que même si elle est dans la cinquantaine et à un carrefour de sa vie, elle ait gardé sa capacité de rêver et de s'émerveiller.  Je l'ai trouvée très positive et elle est une véritable bouffée d'air frais!

Le style de Fanny Brucker est plein d'humour, tout en étant  sérieux quand il le fallait, mais toujours dans un registre léger.  Ses descriptions des paysages tout en vent et en soleil du Médoc m'ont donné le goût d'aller visiter cette région française!  Et malgré la fin digne d'un film d'Hollywood, j'ai beaucoup apprécié ma lecture de ce roman tendre et lumineux.  C'était la première fois que je lisais Fanny Brucker et ce ne sera sûrement pas la dernière!  Je remercie les éditions JC Lattès et le Club de lecture pour ce partenariat.


dimanche 14 octobre 2012

Les routes incertaines

Auteur : Hélène Brodeur
Série : Les Chroniques du Nouvel-Ontario, tome 3
Édition : Prise de parole (2012)
Nombre de pages : 281

Résumé : Troisième et dernier tome des Chroniques du Nouvel-Ontario, Les routes incertaines suit le parcours sinueux d'une première génération née dans le Nord de l'Ontario, à l'époque turbulente de la Seconde Guerre mondiale.

Du Nord ontarien à l'Afrique, en passant par Montréal, Ottawa et l'Europe, ces routes mènent tantôt à l'ambition tantôt à la déchéance. L'entreprise commerciale des frères Marchessault réussira-t-elle? Jean-Pierre deviendra-t-il médecin, comme il le souhaite? Rose-Delima reverra-t-elle Donald, celui qu'elle aime, mais que la vie et la culture éloignent? Cette époque bouleverse les plans de ces jeunes Franco-Ontariens qui, au seuil de l'âge adulte, entrevoyaient leur vie tout autrement. On suit leur parcours jusqu'à l'éclatement du Canada français en 1968.

La parution des Routes incertaines dans la Bibliothèque canadienne-française complète la réédition de cette saga, « l'une des œuvres les plus importantes de la littérature franco-ontarienne, tant par l'envergure que l'indéniable qualité littéraire ». — Doric Germain, Dictionnaire des écrits de l'Ontario français.

Mon avis :

La lecture de La quête d’Alexandre m’avait captivée, mais par contre celle d’Entre l’aube et le jour m’avait déçue.  Aussi, c’est avec une certaine appréhension que j’ouvris les pages des Routes incertaines.  Rapidement, je compris que ce livre me plairait.  Je retrouvais le rythme et le chevauchement des intrigues qui m’avaient plu dans le premier tome.

L’auteure y traite les thèmes qui lui sont chers : les amours impossibles, la réussite des mariages basés sur l’amitié, le patriotisme, le plein air, pour n’en nommer que quelques-uns. Le contexte historique de la Seconde Guerre mondiale évoqué discrètement, permet l’éclosion des intrigues amorcées dans les premiers tomes. 

On ne peut que s’attacher à Rose-Délima et à Jean-Pierre.  Si parfois le comportement de Donald nous choque, la scène finale du roman nous réconcilie avec lui.  Par ailleurs, suivre le cheminement de Germain nous permet de demeurer attachés au pôle principal de l’œuvre  et de faire un lien entre les lieux géographiques.  Et quel bonheur de retrouver Alexandre, de connaître son évolution et son dernier déchirement!

En résumé, ce recueil de faits est particulièrement réussi.  L’auteure met en relation les événements et les personnages dans une chronologie qui leur est propre avec tact et doigté.  Elle s'adonne avec brio à l’art de la chronique.  Le dénouement de l’histoire, la maîtrise du style et la clarté de la langue sont autant d’éléments qui m’incitent à vous recommander cette lecture.  J'ai donc fait un beau voyage dans l'histoire, le temps de la lecture des Chroniques du Nouvel-Ontario.  Merci aux éditions Prise de parole de m'avoir fait confiance non pas une, mais trois fois!

Quelques informations sur l'auteure :

Hélène Brodeur est née le 13 juillet 1923 à Val-Racine, dans les Cantons de l'Est, au Québec.  Elle a passé son enfance et son adolescence à Val Gagné, près de Timmins, dans le nord de l'Ontario.  Elle est décédée le 15 août 2010 à Ottawa.

 Source de la couverture et du résumé : Prise de parole

samedi 6 octobre 2012

Journal d'un hacker


Auteur : Maxime Frantini
Publié en auto-édition (2012)
Nombre de pages : 212

Résumé : Hiver 2012. Les grandes démocraties ont multiplié lois et accords pour accentuer leur contrôle sur Internet. Aux USA, les manifestations d'indignés sont quotidiennes et la misère gagne du terrain.  Pour mettre le monde sous surveillance, le FBI utilise Galaxy, un monstrueux système informatique chargé de filtrer et indexer exhaustivement les données d'Internet.  D'une puissance inégalée, il a été conçu comme une entité autonome et inviolable, protégée de l'ingéniosité des hackers. Aucun pirate ne peut accéder au plus liberticide et confidentiel des outils informatiques.

Mais Ylian Estevez, le hacker le plus recherché de la planète, relève le défi. Avec l'appui du mouvement hacktiviste Anonymous, il conçoit un plan machiavélique pour détruire Galaxy.  Pour la division Cyber Crime de Mark Benson, composée des plus brillants cyber flics, la capture d'Ylian Estevez est une priorité, et sa croisade une opportunité unique. Entre les hackers et le FBI s'engage alors une guerre des plus indécises, avec pour enjeu la liberté de milliards d'Internautes.

Mon avis

Tout d’abord, je voudrais remercier l’auteur pour m’avoir envoyé son roman et surtout pour sa gentille dédicace.  Malheureusement, je ne crois pas que mon avis sera aussi enthousiaste que ceux qui ont été publiés jusqu’à maintenant.

Le principal intérêt du Journal d’un hacker réside pour moi dans son contenu informatif et sur l’éveil des consciences qu’il pourrait - devrait - provoquer chez ses lecteurs.  La description des agissements malveillants et illégaux des gouvernements, américain dans l’histoire, sur le Net pour restreindre nos libertés sous couvert de protection des droits d’auteurs et de lutte au terrorisme donne froid dans le dos !  Comment, après une telle lecture, ne pas avoir envie de barricader notre ordinateur à double tour comme on le fait déjà avec nos maisons?  Comment concilier notre désir ludique de se promener librement sur le web avec la nécessité de se protéger contre ces gouvernements liberticides et ces quelques pirates aux intentions pas toujours humanitaires, comme celle d’Ylian Estevez et des Anonymous?  Dans un tel contexte, des romans comme le Journal d'un hacker sont nécessaires.

Mais je dois aussi dire que je suis restée sur ma faim, surtout du côté littéraire.  J’ai trouvé de nombreuses fautes dans le texte.  Aussi, il y a beaucoup de contenu technique et informatique et je n’ai pas tout compris.  Les personnages m’ont semblé unidimensionnels, les agents du FBI sont stupides et empotés, alors qu’Ylian Estevez est intelligent et débrouillard.  L’intrigue se centre exclusivement sur les attaques que porte le personnage principal contre le système informatique du FBI.  J’aurais aimé que l’auteur développe davantage l’histoire tout autour ainsi que la psychologie des personnages.  Néanmoins, en dépit de son côté solitaire, Ylian Estevez a tout du héros des temps modernes.

Malgré cela, la lecture de ce roman a été somme toute assez plaisante.  L’action, parce qu’elle est concentrée, ne traîne pas.  Et j’ai bien aimé l’apothéose finale des attaques d’Ylian le malin.  Ma curiosité a été piquée par l'auteur et j'ai le goût d'en apprendre davantage sur le sujet, ce qui est une bonne chose.  La fin laisse clairement entendre qu’il y aura une suite aux aventures d'Ylian Estevez et si jamais je me retrouvais avec un tel livre entre les mains, je le lirais volontiers.  Maintenant, quant à savoir si je vais être capable de continuer de naviguer sur Internet les yeux fermés comme avant, c'est une autre histoire...

Merci à Maxime Frantini et au Club de lecture pour ce partenariat! 

 Couverture : Club de lecture