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jeudi 1 janvier 2015

L'île aux papillons


Auteur : Corina Bomann
Éditions : Guy St-Jean (2014)
Nombre de pages : 500

Résumé : Suspense, secrets enfouis, exotisme. une inoubliable histoire d'amour et de mystère!

Alors que son couple éclate, Diana Wagenbach part en Angleterre pour régler la succession de sa tante bien-aimée. Avant de mourir, celle-ci l'a priée de dévoiler au grand jour un secret de famille trop longtemps gardé. Les traces du passé enfouies dans la demeure familiale conduisent Diana au Sri Lanka, la terre de ses ancêtres. Elle y découvre une prophétie semblant avoir changé le destin de sa famille, et elle lève le voile sur l'histoire d'un amour interdit, plus fort que la mort. Diana se retrouve face à sa propre destinée.

Découvrez L'île aux papillons dans ce magnifique roman dont l'intrigue se déroule sur trois époques et sur deux continents.

Mon avis :

Je ne sais pas pourquoi, mais cette année, je suis très friande de ces romans où des secrets de famille sont enfouis depuis des générations et finalement mis à jour par les héros contemporains de ces familles.

L'Île aux papillons est un parfait exemple de ce type de romans.  Diana, jeune trentenaire anglo-allemande, se rend au chevet de sa grande-tante mourante.  Celle-ci lui demande, comme volonté ultime, de découvrir quel est ce secret qui hante leur famille depuis la génération de sa grand-mère (ou l'arrière-arrière-grand-mère de Diana).  Aidée par le maître d'hôtel de sa tante qui lui distille des indices un à un, Diana découvre lentement ce secret qui l'emmène jusqu'au Sri Lanka.

Alors qu'elle exhume des archives sri lankaises un carnet écrit par Grace, son aïeule, le récit alterne entre aujourd'hui et le XIXe siècle où nous voyons vivre Grace et sa jeune sœur Victoria, alors que son père se rend à Ceylan pour reprendre la plantation de café laissé par son jeune frère décédé accidentellement.

Cette partie est ma préférée, car nous apprenons à connaître Grace, qui de jeune fille obéissante, aspirant au mariage, évoluera en une jeune femme avide de liberté, qui désire voir le monde qui l'entoure et passionnément amoureuse d'un jeune homme qui ne lui convient pas.  L'auteure nous décrit aussi un Sri Lanka exotique et luxuriant que je ne connaissais pas.

Même si le récit d'autrefois se termine tragiquement et que j'ai trouvé l'histoire de Diana moins intéressante que celle de Grace, j'ai malgré tout aimé ma lecture de L'île des papillons.  Je vais continuer mon exploration des histoires de secrets de famille!
http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html

Image et résumé : Renaud-Bray

dimanche 10 août 2014

Le dieu de New York

Auteur : Lyndsay Faye
Éditions : Fleuve (2012)
Nombre de pages : 528

Résumé : Été 1845. Après des années de débats politiques, New York crée son département de police. Timothy Wilde intègre malgré lui ce fameux NYPD. Ancien barman, il a tout perdu dans un récent incendie : son bar, ses économies et une partie de son visage.
 
La nuit du 21 août, pendant une ronde, Timothy est bousculé par une petite fille terrifiée. Elle porte une chemise de nuit couverte de sang. Au milieu d'un tissu de mensonges, elle finit par lui révéler qu'elle fuit un homme au capuchon noir qui découpe les enfants en morceaux. Le lendemain matin, le corps d'un petit Irlandais est retrouvé dans une poubelle, une large incision sur le thorax, les organes à nu. La fillette disait vrai, un fou s'en prend aux enfants, mais pas n'importe lesquels, les plus démunis, les immigrés. Timothy se lance dans une traque effrénée pour démasquer cet assassin et éviter que ses sinistres desseins ne mettent la ville de New York à feu et à sang...

Mon avis :

Je n'ai pas souvenir avoir jamais visité New York, mais c'est une ville qui me fascine, par son dynamisme trépidant et ses milles et une facettes.  Son histoire n'en est que plus attirante pour moi qui suis une passionnée d'Histoire, surtout celle du XIXe siècle et du début du XXe siècle, où New York est devenue la mégalopole que l'on connaît aujourd'hui.  

Le roman Le dieu de New York se situe au tournant de l'Histoire où la Grosse Pomme est sortie de la ruralité pour devenir une ville industrielle et populeuse.  En 1845, New York se dote d'une force de police où ses membres doivent arpenter ses rues et arrêter le crime où moment même où il se produit.  C'est une ville où l'extrême richesse et l'indigence la plus choquante se côtoient.  Elle déborde déjà d'innombrables immigrants, qu'elle peine à nourrir et s'apprête à vivre une autre vague d'immigration sans précédent avec tous ces Irlandais qui meurent de faim dans la verte Erin à cause d'un parasite qui s'attaque aux pommes de terre et en anéantit presque totalement les récoltes.  Ils voient l'Amérique comme une terre promise.

Les Américains de souche et protestants vivant à New York ne veulent pas de ces catholiques, qu'ils jugent superstitieux et arriérés.  Le crime et la corruption y règnent.  C'est dans ce contexte que Timothy Wilde, un ancien barman qui a tout perdu dans un gigantesque incendie et qui en est sorti en partie défiguré, devient un "flic à l'étoile".  Il travaille seize heures par jour, doit comprendre l'argot particulier qu'utilisent les malfrats, tout ça au milieu de l'hostilité de la majorité des habitants qui ne veulent pas de cette nouvelle police.

Un soir, une petite fille habillée d'une robe de nuit tâchée de sang lui rentre dedans en lui disant : "Ils vont le couper en morceaux".  Le lendemain matin, le corps sans vie et mutilé d'un petit garçon est trouvé dans les poubelles.  Plusieurs autres corps d'enfants sont déterrés dans un terrain vague.  Ce sont tous de petits Irlandais catholiques et prostitués.  Même si personne ne s'en était soucié jusqu'à maintenant, le fait qu'un tueur, que la rumeur dit Irlandais, s'en prenne à des enfants en y mêlant religion et politique met le feu aux poudres à une grande échelle et une émeute éclate...

Timothy est un personnage intéressant qui s'interroge beaucoup sur ce qu'il désire dans la vie, suite à la perte de son logement, de son emploi et de toutes ses économies dans cet incendie.  Toutes ces choses étaient son passe-port vers une meilleure vie, alors qu'il espérait épouser son amie d'enfance, Mercy Underhill.  Il est confronté à la fois à l'héroïsme le plus fort et à la violence la plus crue en la personne de son grand frère Valentin, une espèce de bandit généreux, drogué, pompier trompe-la-mort irréfléchi et membre du parti démocrate, qu'il aime et déteste tout à la fois.  

Tim est extrêment humain, capable du meilleur comme du pire, il verra toutes ses illusions tomber et en sortira plus fort quand même.  Tous les personnages de ce roman sont fascinants, ils ont tous une part d'ombre et de lumière, comme la ville elle-même.  Mon personnage préféré, en plus de Timothy, est celui de Mercy Underhill, fille de pasteur protestant, qui ne peut s'empêcher de mettre sa vie et sa santé en danger en allant soigner les Irlandais malades dans le cloaque où ils vivotent, malgré l'interdiction de son père.   Et qui ,en même temps, écrit dans les journaux des feuilletons sur les grandeurs et les misères de New York que les dames de la bonne société ne peuvent que lire en secret et en rougissant...

L'aspect historique est particulièrement bien rendu, on voit et on sent tout de la ville qui ne dort jamais, grâce à de nombreuses descriptions.  L'auteure raconte les différentes particularités et oppositions de la cité à cette époque : les gangs de rue, les petits crieurs de journaux, les mille métiers et petites débrouilles que développent la population pour survivre, les riches marchands, les madames qui tiennent des maisons closes, etc.  

En ce sens, Lyndsay Faye parsème toutes les pages de son roman d'expressions argotiques de l'époque. Ce langage a été traduit en argot français et que l'on doive se référer constamment au lexique proposé en fin de volume et que l'on n'y trouve pas une grande partie des tournures de phrases employées a été la seule chose qui m'ait vraiment agacé.  Sinon, ce roman est un coup de coeur, de par ses personnages si humains, son histoire riche et complexe et sa reconstitution de New York si vivante et si complète.  Il plaira autant aux amateurs de polars qu'à ceux de romans historiques.  Je lirai très bientôt le deuxième tome des enquêtes de Timothy Wilde intitulé Le sang noir du secret.
http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Image et résumé : Les éditions Fleuve

mercredi 26 mars 2014

Le cercle des confidentes tome 1

Tome 1 : Lady Megan
Auteure : Jennifer McGowan
Éditions : Milan (2013)
Collection : Macadam
Nombre de pages : 430

Résumé : Lady Megan est le premier tome de cette série très originale qu’est le Cercle des confidentes. Elles sont cinq.Cinq jeunes femmes aux talents extraordinaires. Cinq espionnes de la reine Élisabeth 1re d’Angleterre.  Elles sont ses yeux, ses oreilles. Chacune est unique. 

Voici l’histoire de la première d’entre elles, Lady Megan ! Ce 1er tome a pour personnage principal Meg Fellowes, 17 ans et voleuse désabusée. Elle rejoint un groupe d’espions féminins au service de la reine. Résoudre un meurtre, sauver la couronne et peut-être tomber amoureuse… de nombreux défis attendent notre héroïne !

Mon avis :

J'étais tellement enthousiasmée par ma lecture au départ que j'étais certaine que ce serait un coup de coeur.  Mais en chemin, je ne sais trop exactement pourquoi, cet enthousiasme s'est légèrement refroidi.

Ma lecture fut quand même extrêmement plaisante, car son sujet m’intéresse beaucoup, soit la vie à la Cour d’Angleterre sous le règne d’Élisabeth 1ere, qui fut une souveraine formidable et politicienne rusée et redoutable.  On y parle aussi de  la condition des femmes à travers à cette époque.  Malgré que ce soit un roman jeunesse, je trouve que l’aspect historique est assez bien rendu.  C’est aussi un très bon roman d’aventures, dès que l’on a accepté ses prémisses peu ordinaires, soit un cercle de jeunes femmes (adolescentes) espionnes agissant dans l’ombre de la reine pour la protéger.  

Ce que j’ai trouvé particulièrement bien rendu, c’est la vulnérabilité de ces jeunes filles et le fait qu’elles ne sont que des instruments dans les mains des conseillers de la reine.  Si elles ne leur sont plus utiles, car ne pouvant plus exécuter les missions demandées, ils peuvent s’en débarrasser tout simplement, comme on jette des objets.  Leur existence ne leur appartient pas et elles n’ont pas de vie privée : elles ne sont là que pour servir la reine et l’Angleterre (et souvent les intérêts particuliers de toutes les parties concernées).   Les intrigues politiques aussi sont bien décrites, la cour est un échiquier où les pions sont déplacés toujours en fonction d’un intérêt politique, souvent caché.  C’est aussi un panier de crabes où tous n’hésitent pas à s’écraser les uns les autres pour se faire remarquer de la reine, pour obtenir des richesses, des titres ou une fonction à la cour.  Il n’y a pas que les Anglais, mais aussi les membres des cours étrangères (espagnole).  Tout n’est qu’apparence et mensonge, tous sont des marionnettes manipulées par des hommes dans l’ombre.  Élisabeth est protestante, elle est jeune et célibataire, beaucoup aimerait la voir mariée.  Tout cela est objet de tractations, échanges, complots, manipulations, secrets, etc.  Élisabeth vient d’accéder au pouvoir après de longues années de réclusion et elle veut s’amuser, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

J’ai adoré cette idée de ce cercle de jeunes filles choisies en fonction de leur talent particulier pour protéger la reine, espionner et déjouer des complots.  Elles doivent remplir des missions.  Megan est une jeune femme débrouillarde et décidée, une voleuse et une bonne comédienne.  Elle est indépendante et elle est lucide quand aux possibilités qui existent pour les femmes : elle n’a pas envie de s’encombrer d’un mari.  Quand elle est arrêtée et doit renoncer à sa liberté pour protéger ses amis comédiens, elle y rechigne et espère la retrouver le plus vite possible.  Elle n’est pas éblouie par les fastes de la cour et sait la précarité de la place qu’elle y occupe.  Elle reçoit une formation assez complète : les usages de la cour, combats, poisons, langues étrangères, politique, etc.  Elle doit jouer la comédie, apprendre à mentir et à manipuler aussi.

Même si elle est aux ordres des conseillers de la reine, Meg décide avec ses amies d’enquêter elles-mêmes sur la mort d’une précédente confidente.  Elle découvre des lettres compromettantes, des couloirs secrets et un possible complot catholique contre la reine.  Elle doit choisir entre sa loyauté envers ses amies et la reine et son devoir envers ses «employeurs».

Au niveau des «faiblesses» du roman, il y a un manque de précision et de réalisme au niveau des intrigues de la Cour et des missions confiées aux confidentes.  Mais il faut dire que l’auteure s’adresse à des adolescents, qui sont peut-être moins pointilleux que moi.  Aussi, j'ai trouvé qu'on passe beaucoup de temps dans les pensées de Meg, peut-être au détriment de l’action.

Mais somme toute, c'est un excellent roman d'aventures et historique, avec un sujet original et des héroïnes très fortes, dont Megan est la première à nous être présentée.  Je lirais la suite avec grand plaisir!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html 
Idée 22 :  une pièce d’un vêtement

vendredi 7 février 2014

Voyageurs de passages tome 2


Titre : Pour le temps qu'il nous reste
Auteure : Pierrette Beauchamp
Éditions : Hurtubise (2013)
Nombre de pages : 360

Résumé : Montréal, septembre 2000.  Stéphane Gadbois et Janine Provencher s’aventurent dans les mystérieux passages souterrains de Rosemont, le premier espérant ramener la seconde à l’époque dont elle provient : 1959. Mais à leur plus grande stupéfaction, les voilà qui débarquent… ailleurs ! Après Janine, c’est maintenant au tour de Stéphane de vivre la déstabilisante expérience du voyage temporel.

Ce périple inopiné dans un Montréal d’un temps révolu est source de découvertes et de surprises pour le couple. Des rencontres bouleversantes se produisent ; des interrogations trouvent enfin leurs réponses. Témoin de tous ces chavirements dans la vie de Janine, Stéphane se rapproche d’elle bien malgré lui, mais le bon sens l’incite à prendre garde, car la jeune Janine et madame Bilodeau en viennent à se confondre de plus en plus dans son coeur…

Le problème des deux voyageurs demeure toutefois entier : Janine doit retourner d’où elle vient et le temps presse. Mais un dilemme encore plus délicat se posera peut-être : en admettant qu’il lui soit possible de réintégrer 1959, Janine voudra-t-elle encore, au moment décisif, regagner son époque et y jouer le rôle qu’on attend d’elle? Car ce qu’elle a entrevu des temps futurs lui a plu… beaucoup plu ! Qui voudrait d’une vie dont il connaîtrait déjà l’avenir? La suite d’une grande histoire d’amour aussi enivrante que déchirante. 

Mon avis :

Madame Beauchamp, malgré son succès populaire, je ne sais pas pourquoi votre série demeure ignorée par la majorité des chroniqueurs littéraires,- ils n'ont peut-être tout simplement rien compris - parce que moi, je l'aime d'amour!

Donc, moi, je les aime d'amour, Stéphane et surtout, Janine, ces chers personnages que j'ai retrouvés avec une immense joie, à l'instant même où je les avais laissés dans le premier tome.  Quelque part dans les passages souterrains se trouvant sous le quartier Rosemont et quelque part... dans le temps!  Je ne veux pas trop en dévoiler pour laisser le plaisir de la découverte à ceux qui ne vous auraient pas encore lue!

Dans ce deuxième opus, on fait la rencontre du frère aîné de Janine, Laurent, un beau garçon qui plaît beaucoup à Marie-Claire Duminisle, la châtelaine voisine de la famille Provencher dans Rosemont.  Janine croise aussi son père Ernest, plus jeune et plus heureux avec sa première famille, avant le drame affreux qui en fera l'homme grincheux et renfermé que Janine connaîtra.

Il y a aussi une touche d'histoire avec un grand H dans ce deuxième tome qui m'a beaucoup plu.  J'ai découvert le Parc Dominion, situé dans l'est de Montréal, un parc d'amusement qui peut être vu comme l'ancêtre du parc Belmont et pourquoi pas, de La Ronde!  J'ai aussi aimé le tour que j'ai fait en petit char - tramway électrique - dans les rues d'un Montréal beaucoup plus champêtre et tranquille que celui d'aujourd'hui.

Mais ce que j'ai aimé par-dessus tout, c'est la relation amoureuse qui se développe enfin entre Stéphane et Janine, malgré le peu de temps qu'ils ont, malgré leur différence d'âge et toutes ces années où Janine aura à attendre le retour de Stéphane.  Les deux amoureux sont très touchants quand ils sont ensemble.  Janine, qui est une femme solide et de caractère, découvrira que la vie d'une femme peut être autre chose que celle de la reine du foyer que son époque attend d'elle et qu'elle peut avoir aussi ses propres aspirations.

Votre roman, Madame Beauchamp, est écrit simplement, mais avec le langage du coeur.  Il m'a touché énormément parce qu'il parle de sentiments, il est réconfortant parce que vos personnages savent aimer et sont aussi capables de pardonner et de changer.  En plus, comme je le disais dans mon premier avis, j'aime les voyages dans le temps et le fait de savoir que le temps est compté pour Janine et Stéphane et aussi de se demander s'ils se reverront un jour ajoute un certain suspense à l'histoire.

Mon avis est tout simple, mais sincère.  Ce roman, je l'aime, il m'a fait du bien et ses personnages m'ont habité pendant longtemps.  J'ai tellement hâte de les retrouver dans le prochain livre.  Une dernière chose, Madame Beauchamp : continuez à écrire, pour notre plus grand bonheur! 

La page de Voyageurs de passage : https://www.facebook.com/voyageursdepassages


Couverture et résumé : Hurtubise

jeudi 2 janvier 2014

Les infirmières de Notre-Dame t. 2

Tome 2 : Simone
Auteure : Marylène Pion
Éditions : Les Éditeurs Réunis (automne 2013)
Nombre de pages : 360

Résumé : Simone Lafond a tout quitté pour entreprendre des études à l'école d'infirmières de l'hôpital Notre-Dame, tournant le dos à son poste d'enseignante, à son fiancé et même à sa famille. 

Alors qu'elle entame sa deuxième année de formation, l'aspirante infirmière participe à l'organisation d'événements de charité et s'intègre de plus en plus à la vie étudiante, allant même jusqu'à contribuer au journal de l'école. 

Animée par son amour des enfants, Simone tisse des liens avec le nouveau pédiatre de l'hôpital, un Polonais en exil depuis le début de la guerre en Europe. C'est toutefois un autre collègue qui suscitera chez elle la remise en question de ses valeurs fondamentales. La jeune femme qui souhaitait devenir infirmière pour éviter de sacrifier sa liberté en se mariant se fait prendre au jeu de la séduction par le beau docteur Bastien Couture. D'ordinaire plus réservée, sage et studieuse que ses deux amies, la voilà qui écoute son cœur. 

Toujours épaulée par Flavie et Évelina dans la conciliation parfois éprouvante de ses études et de sa vie sentimentale, Simone comprendra que l'amitié est une cure efficace contre les pires maux de l'âme… 

Mon avis :

J'ai retrouvé avec joie mes trois amies élèves infirmières : Flavie, Évelina et plus particulièrement, Simone, à qui est consacré ce deuxième opus de la trilogie Les infirmières de Notre-Dame.  Les filles entament leur deuxième année d'études et celle-ci s'annonce aussi ardue, sinon plus, que la première, sous la houlette de la désormais tristement célèbre Soeur Désuète.

Simone se rapproche de plus en plus du Dr Bastien Couture et décide de céder à ses charmes.  Elle veut être aimée et désirée, alors qu'elle s'est toujours sentie rejetée.  Simone est plus studieuse et réservée qu'Évelina et peut-être plus perfectionniste que Flavie, mais quand elle se retrouvera dans de sales draps à cause de son beau docteur, ses deux amies voleront à son secours.

J'ai été heureuse de reprendre contact avec les trois étudiantes et d'être à nouveau témoin de leur solide amitié, mais l'effet de nouveauté ressenti à ma lecture du premier tome s'est dissipé.  En effet, l'histoire de Simone souffre d'une impression de déja-vu et j'ai trouvé qu'il ne s'y passait rien de notable après sa liaison avec Bastien.  Même si j'ai beaucoup aimé Simone parce qu'elle s'implique entièrement dans ce qu'elle fait, je me suis ennuyée de ma préférée, Flavie.  Simone se démarque moins qu'Évelina, qui parfois, m'a tombé sur les nerfs avec son égoïsme, même si elle m'a aussi fait sourire à quelques reprises.

Malgré tout, j'ai passé encore une fois de très agréables moments avec mes étudiantes de Notre-Dame et je ne boude pas mon plaisir de lecture.  Les trois jeunes femmes sont devenues des amies et je les ai accompagnées dans leurs vies avec beaucoup d'affection.  Marylène Pion a su créé des héroïnes vraiment attachantes et j'aime son style à la fois simple, sans effet inutile, mais si chaleureux!  J'ai très hâte de lire le troisième tome, même si en même temps je me sens un peu triste, car ce sera le dernier!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html

Mon avis sur le tome 1 : ici
La page Facebook de l'auteure : ici

Image et résumé : Les éditeurs réunis

dimanche 20 octobre 2013

Écris-moi, Marie-Jeanne

Auteur : Ginette Durand-Brault
Éditions : Druide (mars 2013)
Nombre de pages : 448

Résumé : 1939. Les bonnes gens de Saint-Jérôme s'agitent; la guerre est déclarée et tout bascule.  Marie-Jeanne voit son frère Rodrigue partir volontaire, puis son fils.  Ses filles courent au mariage.  Son mari sombre dans la colère et l'angoisse.  Les logis sont rares et la paix des ménages est menacée.  Sur le front, dans les décombres des villes anglaises comme au milieu des splendeurs de Rome, Rodrigue rencontre la peur, la mort et la mystérieuse universalité de la guerre, mais aussi le courage et l'amour de Roselyn, pendant qu'à Saint-Jérôme, l'ami Philémon aidera Marie-Jeanne à se libérer de ses chaînes.  Entre la cuisine de Marie-Jeanne et le poste de combat de son frère, une correspondance émouvante voyage et témoigne des mutations dévastatrices et pourtant prometteuses de toute guerre.

Mon avis

Qu'est-ce qui fait qu'un livre devient un coup de coeur?  La voix de l'auteur qui vibre et qui éveille en nous une résonance particulière?  Le fait que l'on se retrouve dans son univers intime comme si on était chez soi?  Le fait qu'il utilise des mots qui auraient pu être les nôtres ou au contraire, parce qu'il met des mots sur ce que l'on n'était pas capable de nommer? 

C'est pour toutes ces raisons et encore plus que le roman Écris-moi, Marie-Jeanne est un coup de coeur pour moi.  C'est peut-être parce que l'auteure s'est inspirée de l'histoire de sa famille, enfin de celle de sa grand-mère et de son grand-oncle, que je me suis sentie autant «en pays de connaissance» dans ce roman.  En voyant comment Marie-Jeanne doit se soumettre à l'autorité de son mari, représentant celle de la loi et de la religion, mais aussi surtout en voyant comment sa fille Marie mène son mari par le bout du nez, lui si bon, si doux, mais si obéissant.  Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce ne sont pas toutes les femmes québécoises d'autrefois qui étaient totalement soumises.  Certaines «portaient les culottes» dans le ménage et cela m'a fait beaucoup pensé à l'histoire de ma propre famille.

J'ai été très touchée par le personnage de Marie-Jeanne qui s'est mariée par obligation, car tout ce qui s'offrait aux filles d'alors, c'était de se marier ou de devenir religieuse.  Elle a choisi le premier venu (ou presque) et se retrouve avec un homme avec lequel elle n'a rien en commun et qu'elle n'aime pas.  Ayant étudié plus longtemps que son mari, elle est désemparée devant le refus de celui-ci d'apprendre plus, ne serait-ce qu'à lire.  Il est dépendant des autres, mais il semble se refermer sur son orgueil masculin, comme s'il avait peur de l'instruction, des autres qui pourraient être plus intelligents que lui.  Il semble presque fier de son ignorance, en tout cas, il méprise l'école et refuse à certaines de ses filles plus studieuses de faire des études plus avancées.  Il faut qu'elles gagnent leur vie et qu'elles participent à la survie de la famille en rapportant de l'argent. Dans ce temps-là, les gens étaient vraiment pauvres, ils manquaient de tout et peinaient même à se procurer le minimum.  

Marie-Jeanne se sent coupable parce qu'à l'heure où tous ses enfants quittent le nid et se retrouvent avec leur propre famille, elle ne veut pas prendre son petit-fils et son mari, lorsqu'il devient invalide, à sa charge.  Dans la cinquantaine, elle veut retourner à son métier d'institutrice, mais comme à cette époque, les femmes étaient des mineures aux yeux de la loi, elle doit demander la signature (la permission) de son mari, mais celui-ci refuse.  Alors, elle se rebelle et quitte son mari pour aller vivre dans sa famille.  Son époux finit par céder sous les pressions de ses filles.  Marie-Jeanne est une femme courageuse, qui n'a pas peur de penser et de dire ce qu'elle pense, même face à la religion. 

Rodrigue, le frère de Marie-Jeanne, à qui les religieux ont refusé de terminer ses études classiques sous des prétextes fallacieux, se retrouve dans la même situation que sa soeur.  Il se sent souvent différent des autres, à part.  Après cet incident, il se retrouvera sans but dans la vie, exerçant mille métiers, dont celui de bûcheron jusqu'à ce que le Deuxième Guerre mondiale éclate.  Dans les lettres qu'il écrit à sa soeur, il exprime ses sentiments et ses pensées. Il est un homme sensible et sensé et il appuie sa soeur dans ses démarches d'émancipation.  Rodrigue trouve sa place et l’amour à la guerre et il évoluera lui aussi. 

Quelle belle découverte que ce roman !  Non seulement, l’auteure parle d’une ville qui est située pas très loin de chez moi, mais elle parle aussi de notre passé collectif et d'une famille québécoise qui pourrait être la nôtre.  Dans les lettres (fictives) que s’échangent Marie-Jeanne Gobeil et son frère Rodrigue Deschamps, elle restée à St-Jérôme et lui sur les champs de bataille en Europe, l'auteure aborde des sujets intimes, comme les rapports de couple, la religion, la liberté, la valeur d’une personne ou l’éducation. Elle le fait avec une telle finesse et une telle intelligence émotionnelle que j'avais hâte de lire la prochaine lettre, je l'attendais avec impatience.

La seule chose que j'ai à reprocher à ce roman sont quelques erreurs qui auraient pu être facilement évitées.  Par exemple, la soeur de Marie, l'une des filles de Marie-Jeanne, qui devient sa tante à un moment donné.  Ou un personnage qui se nomme alternativement Télesphore et Théodore.  Aussi, certains qui l'ont lu, disent avoir eu de la difficulté avec les répétitions qu'il y avait entre les lettres et la narration proprement dite, mais ce ne fut pas mon cas.  J'espère seulement que Madame Durand-Brault écrira une suite à ce roman, car j'aimerais vraiment savoir ce que les personnages sont devenus.  Ou même qu'elle écrira d'autres romans, car une écrivaine talentueuse s'est révélée!

La critique de Suzan est ici.  Celle de Venise, là.  Et celui de Lali vient de s'ajouter ici.
Résumé et couverture : éditions Druide

dimanche 22 septembre 2013

La route du Cap

Auteur : Jennifer McVeigh
Éditions : Des Deux Terres (2013)
Nombre de pages : 413

Résumé : Frances, une jeune bourgeoise soudain privée de ses biens, abandonne Londres pour l’Afrique du Sud à la fin du XIXe siècle. Elle a accepté d’épouser Edwin Matthews, un médecin idéaliste qu’elle connaît à peine. Dans le paquebot qui la conduit au Cap, elle s’éprend de l’ambitieux William Westbrook et s’imagine qu’elle pourrait retrouver avec lui ses privilèges. D’une ferme perdue au cœur du veld à la capitale minière de Kimberley, où courent des rumeurs d’une épidémie de variole, elle découvre la rude existence des colons et comment, dans les mines de diamant, des fortunes se font au prix de la vie humaine. Au cœur de cette Afrique cruelle et fascinante, Frances devra faire un choix entre devoir et passion.

Mon avis :

Étant donné son thème, ce roman aurait pu constituer une excellente lecture, mais ce ne fut pas le cas.  Et je peux vous dire exactement pourquoi.  Les personnages ne m’ont pas semblé sympathiques du tout, même si l’héroïne avait quand même des qualités et des raisons pour l’excuser.  Frances est une jeune femme anglaise qui a vécu jusqu’à maintenant une vie plutôt choyée, jusqu’à ce que son père fasse un mauvais investissement boursier et perde tous ses biens (en plus de décéder, le pauvre !)  Frances se retrouve entièrement démunie et n’a que le choix entre aller vivre chez sa tante et devenir la parente pauvre qu’on héberge par pitié et corvéable à merci ou épouser un jeune médecin qu’elle n’aime pas et émigrer en Afrique du Sud.  Ce n’est pas par gaieté de cœur qu’elle finira par choisir cette option.

Par contre, ce que j’ai trouvé intéressant dans ce roman, c’est le fait qu’il existait des organisations caritatives qui aidaient les jeunes femmes désargentées à émigrer en Afrique du Sud pour qu’elles puissent y trouver un emploi ou un mari.  Durant la traversée, Frances rencontre et s’éprend du beau William.  Elle croit qu’elle pourra l’épouser à la place de son médecin, mais finalement, ce mariage ne se concrétise pas et elle se marie avec son docteur.

Et c’est là que le bât blesse.  Je peux comprendre que la vie avec Edwin Matthews, dans une pauvre masure en plein milieu du désert, n’est pas la vie à laquelle elle avait rêvé et qu’elle n’a jamais touché ni à un balai ni à une marmite, mais Frances ne fait aucun effort pour s’adapter ou pour se rapprocher de son mari.  J’ai trouvé qu’elle se plaignait souvent, qu’elle soupirait un peu trop après un meilleur confort.  Son époux n'est pas sans reproche non plus, c'est un idéaliste qui semble se préoccuper davantage de ses patients ou de politique que des conditions de vie de son épouse.  Il lui a aussi caché beaucoup de choses que Frances finira par découvrir.

Les conditions de vie dans les mines de diamant détenues par les actionnaires étrangers sont bien décrites dans le roman et elles sont effroyables.  Les autorités craignent la variole, car le marché pourrait s’effondrer et elles iront jusqu’à nier qu’elle existe, même si le mari de Frances se bat pour prouver le contraire, allant jusqu’à devenir un paria social.  

Frances continue de soupirer après William Westbrook et quittera son mari pour vivre avec lui.  Son bonheur ne durera pas longtemps quand elle s’apercevra que son amant est un bandit, séducteur, lâche et cruel.  Elle s’apercevra aussi que son mari avait raison et que finalement, elle l’aime.  Je trouve cette prise de conscience peu crédible et qu'elle se fait trop rapidement.  Son mari ne veut pas la reprendre et elle ne veut pas retourner en Angleterre.  Elle se réfugie alors sur les terres où elle a vécu avec son mari et devient la domestique d’une famille de Boers.  Elle y passe un certain temps et apprend à tenir une maison.  Suite à une tempête, son mari revient et ils tombent dans les bras l’un de l’autre.  Ils finiront par être ensemble.

C’est en gros ce qui se passe dans le roman (même si ça paraît presque caricatural).  Je ne me suis pas attachée aux personnages et l’histoire aurait pu être beaucoup plus vaste que les tergiversations de l’héroïne entre son mari et son amant.  Je ne connais pas beaucoup l’histoire de l’Afrique du Sud avant l’apartheid et cela aurait pu être l’occasion d’en apprendre davantage.  Cela aurait aussi pu être l’occasion d’une saga passionnante à la Barbara Wood ou Tamara McKinley, mais non.  Je suis donc passé complètement à côté de l’histoire et en suis sortie déçue.  Peut-être que si vous le lisez, vous serez plus touchés que moi.
  

 Résumé et couverture : Éd. Des deux Terres

lundi 2 septembre 2013

Mes soeurs et moi


Auteur : Judith Lennox
Éditions : L'Archipel (2013)
Nombre de pages :  518

Résumé : À la veille de la Première Guerre Mondiale, à Sheffield, les quatre soeurs Maclise songent à leur avenir.  La belle et orgueilleuse Iris attend une demande en mariage qui tarde à venir; la passionnée et timide Marianne s'éprend d'un jeune homme d'affaires; la vive Eva souhaite partir à Londres pour devenir artiste, tandis que Clémence, la benjamine, doit rester à la maison pour prendre soin de leur mère.  La guerre et ses tragédies vont séparer les quatre soeurs.  Confrontées à des choix difficiles, elles doivent faire face à de nouvelles responsabilités, qui leur offrent petit à petit une indépendance dont elles n'imaginaient pas encore la saveur. Mais leurs destins ne ressemblent en rien à ce qu'elles avaient imaginé.  Se découvrant des ressources insoupçonnées, chacune lutte avec courage.  Mais le silence de Marianne, qui a suivi son époux en Inde, devient inquiétant.  Jusqu'à ce qu'une lettre leur parvienne, qui contient une pierre précieuse pour chacune des soeurs... Seront-elles à nouveau rassemblées?

Mon avis :

Un bonne grosse brique romanesque comme je les aime, qui nous amène à découvrir la vie de quatre sœurs dans l’Angleterre du début du XXe siècle.  Iris, Marianne, Eva et Clémence sont toutes attachantes à leur façon.  Iris l'aînée, qui, à trop attendre le prince charmant parfait, se retrouve obligée de devenir infirmière, pour ne pas être obligée de s’occuper de sa mère, qui par sa maladie, régente la vie de cette famille nombreuse.  Iris ne pensait jamais avoir à travailler, jusqu'alors elle n’avait toujours été que décorative, se souciant de belles toilettes et de qui sera son cavalier pour la prochaine danse.  Marianne, la cadette, croit en l’amour et le trouvera avec le bel Arthur.  Elle pense qu’elle ne peut pas vivre sans la protection d’un homme.  Son destin lui prouvera le contraire.  Eva, l'enfant du milieu, veut être libre et devenir artiste.  Elle s’éprendra d’un peintre marié, qui aime ses muses d’un peu trop près…  Et Clémence, la benjamine de quatre soeurs, doit quitter l’école pour s’occuper de leur mère.

Les héroïnes de ce roman présentent le peu de choix qui s’offraient aux femmes au début du XXe siècle alors que la société britannique est en pleine transformation.  L’auteure aborde brièvement le sort fait aux suffragettes à cette époque.  Il n’est alors pas facile, même pour les hommes, de se sortir du carcan des traditions pour mener une vie plus libre, plus conforme à leurs aspirations, leurs besoins et leurs sentiments, les apparences dictant tous les comportements à cette période.  La Première Guerre mondiale viendra bouleverser tout cela.  Comme les hommes manquent dans tous les domaines économiques, les femmes viendront prendre leur place.  Et les soeurs Maclise s'apercevront qu'elles sont plus fortes qu'elles ne le pensaient.  Ce tournant de l’histoire, entre ère victorienne et ère moderne, est un de mes préférées, alors que les mœurs commencent à changer et que les femmes veulent s'émanciper.

L’auteure nous décrit les sentiments de nos héroïnes, leurs difficultés pour s'affirmer, l’impact du changement de la société et de la guerre sur leurs vies et leurs relations amoureuses compliquées.  J’ai aimé plonger dans les pensées et les émotions, dans l’intimité de ces héroïnes.  L’auteure décrit bien la force des liens qui les unit.  Je viens d’une petite famille, j’aurais aimé connaître une telle situation, celle d’une famille nombreuse.

Les cent dernières pages étaient peut-être de trop, l’auteure semble accélérer son rythme d’écriture pour boucler la boucle de son histoire, mais ce désagrément est minime par rapport à la qualité de l'ensemble.  J'ai trouvé que ce roman était superbement écrit et carrément envoûtant.  Alors, si vous aimez vous plonger complètement dans une histoire, les personnages féminins émouvants, la possibilité de s’oublier pendant quelques heures de lecture, c’est le livre qu’il vous faut! 
  
Couverture et résumé L'Archipel