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samedi 3 mai 2014

Caps d'acier et talons hauts

Auteur : Johanne Pronovost
Éditions : De Mortagne (2014)
Collection : Lime et citron
Nombre de pages : 344

Résumé : Après mes études, je me voyais déjà comme la plus grande designer en aménagement paysager de Montréal ! Bon, je vous l’accorde, je visais haut. J’ai frappé un mur, aussi… Malgré l’offre incroyable que me faisait ma directrice de stage, j’ai décidé de suivre mon beau Louis dans un trou perdu… en Outaouais !
 

Ah, l’amour, ce que ça peut nous pousser à faire…
 

Résultat : trois ans plus tard, je suis juste bonne à shaker des gallons de peinture dans un ProRéno pis à chialer contre ma vie plate.
 

Mais j’ai pas dit mon dernier mot ! Avec ma persuasion légendaire, je parviens à convaincre le boss de Louis de m’engager sur son projet, où je commence en bas de l’échelle, à clouer des planches de patio.
 

Maintenant, malgré que je respire le bonheur, mon chum, lui, n’est plus capable de me sentir. Pas question que j’accepte notre rupture si facilement ! Même si je dois dormir dans une tente, me laver sur le chantier et cruiser en caps d’acier, je vais réussir à le reconquérir.
 

D’ici la fin de l’été, Louis verra à quel point je suis exceptionnelle, parole d’Élizabeth Morin ! Mais qu’arrivera-il si mon charme ne fait pas effet sur la bonne personne ?

Mon avis

Ce roman de chick-lit québécoise est ma deuxième incursion dans ce genre littéraire (après le premier tome de La vie épicée de Charlotte Lavigne) et je dois dire qu'ici aussi, je n'ai pas été déçue.

Caps d'acier et talons hauts me fait irrésistiblement penser à la chanson Un air d'été de Pierre Bertrand - il ne faut pas y voir une référence péjorative.  Ce roman est parfait pour l'été et délicieusement léger.  Dans la grisaille de ce mois d'avril, il a été comme un rayon de soleil pour moi.

Contrairement à d'autres romans de chick-lit, celui-ci ne parle pas des amours multiples et tumultueuses de l'héroïne.  Élizabeth Morin vient d'être abandonnée par son copain Luc après avoir été ensemble pendant trois ans, alors qu'elle s'est engagée à travailler tout l'été sur le même chantier de rénovation que celui-ci.  Elle pense qu'elle sera à même de le reconquérir avant la fin des travaux... Les choses ne tourneront pas exactement comme elle l'avait souhaité.

J'ai beaucoup souri et même ri durant cette lecture.  Élizabeth est un brin gaffeuse, très déterminée, drôle à souhait et a un grand coeur.  La galerie de personnages secondaires qui l'accompagne, est particulièrement hilarante, comme Marco, un compagnon de travail avec ses accoutrements vestimentaires hallucinants ou la mère d'Élizabeth qui a une conception bien particulière du jeu de Scrabble.

Ce roman est donc très plaisant à lire, on ne s'ennuie pas une seconde, les chapitres qui le composent sont courts.  Même si Caps d'acier... est moins développé que La vie épicée..., il ne faut pas hésiter à le lire si on a envie de se faire plaisir et de s'amuser!  La chick-lit québécoise n'a rien à envier à celles de d'autres pays.  Et j'ai complètement craqué pour la couverture vintage du livre. 

Gemma en parle ici.
http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Couverture et résumé : éditions de Mortagne

jeudi 2 janvier 2014

Les infirmières de Notre-Dame t. 2

Tome 2 : Simone
Auteure : Marylène Pion
Éditions : Les Éditeurs Réunis (automne 2013)
Nombre de pages : 360

Résumé : Simone Lafond a tout quitté pour entreprendre des études à l'école d'infirmières de l'hôpital Notre-Dame, tournant le dos à son poste d'enseignante, à son fiancé et même à sa famille. 

Alors qu'elle entame sa deuxième année de formation, l'aspirante infirmière participe à l'organisation d'événements de charité et s'intègre de plus en plus à la vie étudiante, allant même jusqu'à contribuer au journal de l'école. 

Animée par son amour des enfants, Simone tisse des liens avec le nouveau pédiatre de l'hôpital, un Polonais en exil depuis le début de la guerre en Europe. C'est toutefois un autre collègue qui suscitera chez elle la remise en question de ses valeurs fondamentales. La jeune femme qui souhaitait devenir infirmière pour éviter de sacrifier sa liberté en se mariant se fait prendre au jeu de la séduction par le beau docteur Bastien Couture. D'ordinaire plus réservée, sage et studieuse que ses deux amies, la voilà qui écoute son cœur. 

Toujours épaulée par Flavie et Évelina dans la conciliation parfois éprouvante de ses études et de sa vie sentimentale, Simone comprendra que l'amitié est une cure efficace contre les pires maux de l'âme… 

Mon avis :

J'ai retrouvé avec joie mes trois amies élèves infirmières : Flavie, Évelina et plus particulièrement, Simone, à qui est consacré ce deuxième opus de la trilogie Les infirmières de Notre-Dame.  Les filles entament leur deuxième année d'études et celle-ci s'annonce aussi ardue, sinon plus, que la première, sous la houlette de la désormais tristement célèbre Soeur Désuète.

Simone se rapproche de plus en plus du Dr Bastien Couture et décide de céder à ses charmes.  Elle veut être aimée et désirée, alors qu'elle s'est toujours sentie rejetée.  Simone est plus studieuse et réservée qu'Évelina et peut-être plus perfectionniste que Flavie, mais quand elle se retrouvera dans de sales draps à cause de son beau docteur, ses deux amies voleront à son secours.

J'ai été heureuse de reprendre contact avec les trois étudiantes et d'être à nouveau témoin de leur solide amitié, mais l'effet de nouveauté ressenti à ma lecture du premier tome s'est dissipé.  En effet, l'histoire de Simone souffre d'une impression de déja-vu et j'ai trouvé qu'il ne s'y passait rien de notable après sa liaison avec Bastien.  Même si j'ai beaucoup aimé Simone parce qu'elle s'implique entièrement dans ce qu'elle fait, je me suis ennuyée de ma préférée, Flavie.  Simone se démarque moins qu'Évelina, qui parfois, m'a tombé sur les nerfs avec son égoïsme, même si elle m'a aussi fait sourire à quelques reprises.

Malgré tout, j'ai passé encore une fois de très agréables moments avec mes étudiantes de Notre-Dame et je ne boude pas mon plaisir de lecture.  Les trois jeunes femmes sont devenues des amies et je les ai accompagnées dans leurs vies avec beaucoup d'affection.  Marylène Pion a su créé des héroïnes vraiment attachantes et j'aime son style à la fois simple, sans effet inutile, mais si chaleureux!  J'ai très hâte de lire le troisième tome, même si en même temps je me sens un peu triste, car ce sera le dernier!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html

Mon avis sur le tome 1 : ici
La page Facebook de l'auteure : ici

Image et résumé : Les éditeurs réunis

mercredi 19 juin 2013

Le chat

Auteur : Danielle Pouliot 
Éditions : Art Global (2011)
Nombre de pages : 180

Résumé :  – Avez-vous vu votre père récemment ?
Je n'ai pas entendu parler de lui depuis une éternité. Pour que la police vienne m'importuner, il faut qu'il ait fait une gaffe ou qu'il soit mort. J'espère qu'il est mort.

Viviane, jeune trentaine, lampiste de son métier, est animée par la passion de créer avec la lumière. En quête de sens dans sa vie après une rupture douloureuse, elle tâche de remettre en état sa nouvelle demeure, une maison bancale du Plateau Mont-Royal.
 
À la mort de son père, un homme destructeur qu'elle n’avait pas vu depuis près de quinze ans, elle se trouve bien malgré elle à remuer son passé. Les détours du hasard l'amèneront à des révélations aussi troublantes que surprenantes.
 
Le chat est à la fois un suspense psychologique et la chronique savoureuse de la vie d’une Montréalaise contemporaine. C’est aussi un roman d’amour qui explore le thème du pardon et pose des questions fondamentales sur le sens et la portée des relations affectives.
 
Sur le rythme chassé-croisé des souvenirs et du quotidien, au fil des sept jours d’une semaine charnière dans la vie de la jeune femme, Danielle Pouliot nous livre un récit tout en sensibilité et en finesse où elle décortique les émotions au scalpel.
 
L'auteure nous offre en outre, à la fin de l’ouvrage, Les recettes culinaires de Viviane, évocation des meilleurs souvenirs d’enfance de son héroïne.

Mon avis :


Le chat.  Avec un titre pareil et avant même de l'avoir lu, j'avais déjà un préjugé favorable envers ce roman.  Et des félins domestiques, il y en a quelques-uns dans cette histoire, qui traversent la vie de Viviane et qui seront de véritables traits d'union entre son père et elle.

Viviane Després est célibataire depuis deux ans, suite à une rupture douloureuse.  Elle tient une boutique où elle vend des lampes, en fabrique et propose aussi à ses clients de créer des ambiances lumineuses selon leurs besoins.  Un matin, la police vient sonner à sa porte pour lui annoncer le décès de son père, qu'elle n'a pas vu depuis plus de 10 ans.

Au début, elle ne veut pas s'impliquer dans les démarches administratives entourant les obsèques de son père.  Tout au long du roman, ce père, elle ne le nommera que par son nom de famille, Bouchard et cela m’a frappé.  Pour elle et son frère Romain, cet homme n’est pas leur père.  Viviane est pleine de colère parce que Bouchard a été méchant et violent tout au long de son enfance.  Sa mère a été une bonne mère, mais après sa séparation, elle est devenue une femme inquiète et désabusée et est demeurée seule pour le restant de sa vie.

À cause de son passé familial, Viviane a peur d'aimer.  Elle choisit toujours le même genre d'hommes, comme Gabriel, un homme menteur et manipulateur, qui lui a fait beaucoup de mal.  Elle dit : «J’ai choisi le célibat il y a deux ans.  Parfois je compare ma vie sentimentale à une boîte de chocolats.  Je choisis toujours la même sorte.  Des caramels durs  sur lesquels je me casse les dents.» (P.23)  Elle avoue à demi-mot qu’elle était dépendante de lui affectivement et qu’elle lui a demandé l’impossible, soit de combler le grand vide intérieur qui l’habitait.  Réfractaire face à cette lourde charge, l’oiseau volage a préféré déserter leur nid amoureux

Finalement, Viviane va s'occuper des affaires de son père.  En les fouillant, elle trouvera des photos qui lui feront prendre conscience qu'elle a acheté la maison où son père a vécu quand il était enfant.  De plus, elle adoptera le chat de son père, alors qu'elle pensait qu'il les détestait.  Tout cela fera remonter à sa mémoire des souvenirs d'enfance désagréables, mais elle finira par comprendre pourquoi son père s'est comporté avec elle de cette manière et par faire la paix d'une certaine façon avec lui.  Elle s'apercevra que même si nous sommes déterminés par notre passé, nous pouvons aussi choisir de ne pas en demeurer prisonniers.

En lisant ce roman, j'ai pris conscience que les gens aujourd'hui vivaient isolés, chacun dans sa petite bulle.  Viviane a quelques amis, mais semble souffrir quand même de solitude.  De même, nous croisons parfois une autre personne, au détour de notre vie, comme deux navires dans la nuit, mais sans jamais s'impliquer vraiment.  Ou alors, nous nous entourons de quelques proches triés sur le volet et avec lesquels nous entretenons une relation exclusive.  Je ne crois pas que Viviane ait choisi, que nous choisissons la solitude, mais nous demeurons seuls parce que nous avons peur des autres et peur d'être blessés par eux.

Ce roman quoique petit par son nombre de pages est plutôt dense de par son contenu et les questions qu'il aborde.  Alors même que ce Viviane vivait m’a porté à réfléchir, je n'ai pas été vraiment touchée par le personnage de Viviane.  Peut-être justement parce que son histoire à laquelle ses souvenirs et ses réflexions se mêlaient, m'a semblé décousue et que je me suis un peu perdue dans toutes les directions que le récit prenait.  Mais malgré cela, je considère que ce fut quand même une belle lecture dont je retiendrai surtout les passages sur les chats et sur la lumière.  Et la fin, comme un baume posé sur ses blessures, prendra des allures de recommencement pour Viviane.

Je veux remercier Babelio et les éditions Art Global qui m'ont permis de découvrir ce roman dans le cadre de l'opération 

 
couverture et résumé : Art Global

mardi 16 avril 2013

Les infirmières de Notre-Dame t. 1

Tome 1 : Flavie
Auteure : Marylène Pion
Éditions : Les Éditeurs Réunis (2013)
Nombre de pages : 380

Résumé : Depuis sa tendre enfance, Flavie Prévost caresse le rêve de devenir infirmière. C'est ainsi que, à l'âge de 22 ans, elle s'inscrit à l'école d'infirmières de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, un des plus importants établissements de santé au pays. Avec ses nouvelles collègues, Simone et Évelina, la jeune femme s'investit dans son apprentissage et s'épanouit dans son désir d'alléger la souffrance des gens. Mais les ardeurs de l'aspirante infirmière se verront calmées par les religieuses, bien établies dans les lieux et peu enthousiastes de voir leur influence diminuer au profit de l'émancipation des jeunes femmes. 

Dans l'effervescence de l'hôpital, les étudiantes sont convoitées par les médecins internes et même par les patients. Deux prétendants tenteront d'ailleurs de gagner le cœur de Flavie: le docteur Clément Langlois, toujours disposé à lui prêter main-forte, et le charmant journaliste Léo Gazaille. Or, les sentiments de l'infirmière ne seront pas toujours réciproques… Tout au long de leur formation, qui s'étalera de 1936 à 1939, Flavie, Simone et Évelina réaliseront que, malgré les peines, les exigences du métier et la souffrance qu'elles doivent côtoyer et combattre tous les jours, une chose résiste aux pires fléaux: leur amitié.  

Mon avis : 

La lecture du roman Les infirmières de Notre-Dame m’a permis de marier deux de mes intérêts littéraires : les soins apportés par les femmes aux malades et l’histoire.  Le roman se déroule à Montréal en 1937 alors que trois jeunes femmes, Simone, Évelina et Flavie intègrent l’école d’infirmières de l’Hôpital Notre-Dame.  Celle-ci est administrée par les Sœurs de la Charité, appelées aussi Sœurs grises.  Ces religieuses veulent offrir la possibilité à des jeunes femmes de faire carrière dans les soins infirmier.  Les jeunes femmes y sont encadrées par des religieuses et elles logent dans une résidence.  Elles suivent des cours donnés par des religieuses et de médecins.  Les études sont particulièrement exigeantes et durent trois années.

Dans ce premier tome, nous suivons plus particulièrement Flavie.  Celle-ci vient de la campagne et veut devenir infirmière depuis qu’elle est toute petite.  Flavie est une jeune femme sensible, capable de beaucoup d’empathie envers les malades, mais qui manque aussi de confiance en elle.  Elle se lie d’amitié avec Simone, une jeune orpheline qui a d’abord été institutrice et qui veut échapper au mariage et à la maternité.  Simone est réservée et sérieuse et très concentrée sur ses études et plutôt conventionnelle.  La dernière de leur trio, Évelina, est tout le contraire de Simone.  Elle a été élevée par sa mère qui est riche, elle ne connaît pas son père.  Elle veut devenir infirmière parce qu’elle veut épouser un médecin.  Elle est toujours bien habillée, coiffée et maquillée.  Elle aime s’amuser, flirter avec les internes et les médecins et est moins sérieuse dans ses études.  Malgré leurs différences, les trois jeunes femmes nouent une solide amitié.

Nous les suivons durant leur première année d’études, alors qu’au début, elles sont cantonnées à de basses besognes auprès des malades.  Elles sont sévèrement chaperonnées par les religieuses, elles doivent faire preuve d’une haute morale, car elles sont les modèles de l’infirmière catholique.  J’ai bien aimé que l’auteure décrive le contexte historique qui entoure les études des jeunes femmes.  Pour bien des médecins, ces jeunes femmes ne sont pas à leur place et ne sont bonnes qu’à garder les malades.  Et certaines religieuses semblent penser que ces laïques sont loin de les égaler dans les soins aux malades.  Nous avons aussi un aperçu de leur formation et on peut voir qu’on leur offre une sérieuse base en sciences, avec des cours d’anatomie et de bactériologie par exemple.  L'auteure nous décrit aussi la façon dont les soins étaient donnés à l’époque.  Il y avait des salles de seize personnes pour les pauvres, payées par les fonds publics et des étages de chambres privées et demi-privées pour les mieux nantis.  Les infirmières portaient cette drôle de petite coiffe et on les appelait «garde».

L’amitié qui lie les jeunes femmes est touchante, elles se serrent les coudes.  Évelina apporte une touche de fraîcheur et d’humour, parce qu’elle aime jouer des tours et faire des blagues.  Elle appelle même une sœur conservatrice Sœur Désuète !  Flavie est émouvante, j’ai aimé la compassion dont elle fait preuve envers les malades.  Même si les jeunes femmes sont très impliquées dans leurs études, cela ne les empêche pas de tomber amoureuses.  On voit ainsi Flavie hésiter entre Léo le journaliste et Clément le docteur.

Dans ce roman, l’emphase est d’abord mise sur les jeunes femmes et leurs histoires, dans un contexte historique intéressant.  Malgré cela, l’auteure écrit d’une façon simple et chaleureuse qui fait que nous devenons complices de ces jeunes femmes.  Ce roman est tout simplement charmant, il m’a fait passer quelques heures de plaisir, entre deux autres lectures plus difficiles.  J’attendrai la suite avec impatience !
 Idée 59 : quelque chose qu'on peut porter sur la tête
Résumé et image : Les Éditeurs réunis 

jeudi 21 février 2013

Piment de Cayenne et pouding chômeur

Série : La vie épicée de Charlotte Lavigne tome 1
Auteur : Nathalie Roy
Éditions : Libre Expression (2011)
Nombre de pages : 384

Résumé : Charlotte Lavigne, 33 ans, recherchiste pour une émission de télé, est une jeune femme charmante, rarement parfaite, mais ô combien divertissante : célibataire, désespérément à la recherche du mari idéal, aimant profiter de la vie et... du solde disponible sur sa carte de crédit.

Et en attendant son tour devant les caméras, c'est dans sa cuisine qu'elle cherche à s'épanouir. Charlotte adore concocter de bons petits plats. Déterminée, ingénieuse et aventurière, elle est prête à tout pour séduire ses invités. Son but : réussir le souper parfait, mais encore faudrait-il qu'elle laisse de côté le vin et soit un peu moins gaffeuse...
 
À travers ses amours tumultueuses, ses amitiés fidèles, ses relations familiales particulières et ses tribulations au bureau, Charlotte navigue sur une mer parsemée de récifs. Côtoyer Charlotte et être invité à sa table, c'est un laisser-passer pour le plaisir, mais aussi pour l'imprévu… rien n'est jamais banal !

Mon avis :

Je m'étais toujours dit : la chick-lit ou littérature fi-fille (la traduction est personnelle), très peu pour moi.  Je pensais : ce sont des romans beaucoup trop légers où les personnages, qui ne me correspondent pas du tout, sont tous stéréotypés...  Et voilà que le tome 1 de La vie épicée de Charlotte Lavigne me tombe entre les mains...  Non seulement je le lis, mais en plus, j'aime.  Comme quoi, il ne faut jamais dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau...

Bon, les aprioris que j'avais envers ce type de littérature sont tous là, mais ils ne m'ont pas dérangé tant que cela.  Le style de l'auteur est léger et pétillant comme du champagne, saupoudré d'humour et de références gastronomiques irrésistibles.  Charlotte Lavigne est attachante au possible, gaffeuse impénitente, entière dans ses amours et ses amitiés.  J'ai aimé ce côté excessif de l'héroïne, malgré qu'il cache une grande insécurité.  Charlotte ne se prend pas au sérieux, elle est la dernière des grandes romantiques.  Elle a un coeur d'or et sous ses dehors de fille fo-folle, elle possède une fine capacité d'analyse qui s'applique autant à elle-même qu'à son entourage.

Donc, je dois l'avouer, j'ai été charmée par La vie épicée de Charlotte Lavigne.  C'est un roman frais et drôle, qui a su faire naître plusieurs sourires chez moi.  Charlotte veut tellement impressionner les autres, qu'elle n'hésite pas à employer les grands moyens et c'est là qu'elle se met les pieds dans les plats, pour notre plus grand plaisir!  Certaines scènes tiennent presque du vaudeville!  Et tous ces mets qu'elle prépare nous mettent l'eau à la bouche.

Finalement, je ne sais pas si je me tournerai vers d'autres auteurs de chick-lit, mais je lirai certainement les autres tomes des aventures de Mademoiselle Lavigne.  Ce roman est comme une pâtisserie délicieuse : il faut la déguster sans analyser ce que l'on mange entre chaque bouchée.  Juste la savourer dans le plaisir intense du moment présent...

Grominou nous propose une définition de la chick-lit ici.  Jules parle du roman ici

 
 
144. une herbe ou une épice
 
Catégorie Aliment/boisson

vendredi 27 juillet 2012

Piégées

Auteur : Gordon Reece
Éditions : Flammarion (2011)
Nombre de pages : 318

Résumé : Après des mois de souffrance silencieuse, c'est à Honeysuckle Cottage, maison isolée en pleine campagne, que Shelley et sa mère, toutes deux malmenées par l'existence, trouvent enfin une solution à leurs problèmes.  Bien à l'abri du monde extérieur, les deux femmes se reconstruisent peu à peu une vie calme et sûre.  Mais lorsqu'un soir un cambrioleur pénètre dans la maison, cette fragile sécurité vole en éclats et elles réagissent d'une façon dont elles ne se seraient jamais crues capables...  Avec Piégées, Gordon Reece nous livre une véritable réflexion sur la complexité de la nature humaine et sur les fragiles limites entre bien et mal. Un thriller psychologique angoissant qui fait s'envoler toutes nos certitudes et nous rappelle que personne n'est entièrement victime ni complètement bourreau.

Mon avis :

Shelley et sa mère sont, d'après les propres paroles de la jeune fille, des souris.  Face à la violence et à l'agressivité, elles figent littéralement et ne songent qu'à disparaître.  À preuve, Shelley a été victime d'intimidation par trois adolescentes de son école, qui l'ont même blessée physiquement, ce qui la force à rester à la maison, où elle suit des cours particuliers.  Tandis que sa mère s'est laissé complètement plumée par son ex-mari lors de leur divorce et est littéralement exploitée par ses patrons, qui lui paient un salaire de misère et lui font faire tout le travail, alors qu'elle est une brillante avocate diplômée.

Mais quand elles découvrent Honeysuckle Cottage, si merveilleusement calme et isolé, elles pensent qu'elles ont enfin trouvé le havre de paix où elles pourront commencer à panser leurs nombreuses blessures.  Cependant, leur tout nouveau bonheur vole rapidement en éclats une nuit où un cambrioleur s'introduit chez elles.  Il les attache à une chaise et les menace avec un couteau.  Shelley, fatiguée d'être une victime, se met à poursuivre l'intrus avec sa propre arme.  Aidée par sa mère, elles iront jusqu'à commettre l'irréparable.

Piégées est un thriller psychologique qui nous montre des personnes ordinaires aux prises avec les conséquences de l'acte hors de l'ordinaire qu'elles ont posé.  L'auteur nous décrit très bien les répercussions psychologiques dont Shelley et sa mère souffrent après un tel traumatisme.  On y voit tous les problèmes matériels qui peuvent se poser quand on veut effacer les preuves physiques qui peuvent nous relier à cet acte.  En plus, les deux femmes doivent continuer à vivre comme si rien ne s'était produit.

Même si le suspense que l'on trouve dans ce roman n'est pas exceptionnel, on ne peut s'empêcher de tourner les pages avec une certaine hâte tant on se demande si Shelley et sa mère vont finir par se faire prendre ou si elles vont craquer.  Shelley est une jeune fille plutôt réservée.  Au départ, son attitude soumise m'a agacé, mais au fur et à mesure qu'elle évolue, j'en suis venue à la trouver plus sympathique, même si je ne suis pas d'accord avec la manière dont sa mère et elle résolvent leurs "problèmes".

Ce roman, qui se lit facilement et rapidement,  m'a permis de passer un très bon moment de lecture.  J'ai éprouvé quelques frissons quand Shelley et sa mère se retrouvaient face au danger et je me suis sentie interpellée quand elles ont souffert de stress post-traumatique.  Même si je n'approuve pas le fait de répondre à la violence par la violence, je crois que n'importe quel individu confronté à cette dernière peut réagir de manière totalement imprévisible, que ce soit en chat ou en souris...

Résumé et couverture : Fnac

mardi 3 juillet 2012

Champagne♥

Auteur : Monique Proulx
Éditeur : Boréal (2008)
Nombre de pages : 390 pages

Résumé : Dans Les Aurores montréales, Monique Proulx nous a en quelque sorte donné le livre définitif sur la ville. Elle a su y rendre, de façon inégalée, le paysage urbain et toute la faune qui s'y agite. Ce nouveau roman pourrait bien être le livre définitif sur la campagne - sur la « champagne », ainsi qu'on désignait au Moyen-Âge tout territoire s'étendant hors de la ville.

Avec cette écriture ferme, exacte, chatoyante qu'on lui connaît, Monique Proulx fait éclater sous nos yeux la magie d'un royaume épargné par le développement. Autour d'un lac mythique, au coeur d'une forêt inaltérée, les chevreuils, des écureuils, des insectes et des chanterelles sont les personnages réels de cette histoire sur la vie qui s'échappe, sur l'impermanence de toute possession. Les personnages humains n'en sont pas moins fascinants, réfugiés dans la célébration de la beauté, rejoints malgré eux par la tourmente.

Il y a Lila Szach, venue d'un autre âge et d'un autre continent, qui possède la quasi-totalité du territoire et la défend farouchement contre les prédateurs. Il y a Claire, qui tente de tenir en équilibre la réalité et l'imaginaire. Il y a Simon, résolu à aimer tout ce qui est vivant. Il y a le petit Jérémie, sur qui les menaces planent, et d'autres qui viendront joindre leur pas à cette chorégraphie cosmique - la jeune Violette, qui fuit l'horreur suprême, les Clémont, prédateurs de père en fils, Marianne, la citadine irréductible, Marco, le père-enfant.


Mon avis :

À l'époque de sa lecture, ce roman fut un coup de coeur pour moi et j'en garde encore un souvenir vivace et ému.  Je trouve qu'il s'agit d'une parfaite lecture d'été, car en plus de nous permettre de nous évader, le roman se déroule justement le temps d'un été.  Il est divisé selon les mois de la saison estivale : juin, juillet, août, etc.

Tout d'abord, quel est le lien entre le champagne (la boisson penserait-on) du titre et la nature?  Comme le dit la quatrième de couverture, c'est [...] «ainsi qu'on désignait au Moyen-Âge tout territoire s'étendait hors de la ville».  Pour bien commencer le festin que représente ce roman, il y a cette magnifique nature de la région des Laurentides, féérique et intouchée, que Lila défend obstinément contre les promoteurs véreux.   L'auteure prend le temps de bien la décrire, avec une plume riche et évocatrice.  J'ai appris beaucoup de choses sur la faune et la flore québécoises.  Et je ne pouvais qu'être touchée par ceci, car je demeure dans les Laurentides et je sais combien la campagne y est belle.  Je connais donc le pouvoir enchanteur et guérisseur de la nature.

Et il y a les personnages.  Là réside le gros plus de ce roman. J'ai senti que l'auteure avait beaucoup d'affection pour eux.  Ce sont des personnes comme nous, avec leurs zones d'ombre et de lumière, leurs joies et leurs problèmes.  Monique Proulx se soucie de leurs sentiments et pensées et aussi de leur évolution psychologique.  Je me suis définitivement attachée à eux!  Je pense à Lila, d'un abord si farouche, mais donc on finit par comprendre l'attitude, à Simon, surnommé "Curé", cet homme si bon, qui voudrait sauver tout le monde et à Jérémie, "le Petit", à travers les yeux duquel on voit ce qui l'entoure avec cet émerveillement propre à l'enfance.

Il s'agit d'un roman ancré dans la modernité, qui aborde des thématiques d'aujourd'hui : parents qui divorcent, enfants maltraités, nature en danger, etc. Ce qui fait que ce que les personnages vivent est proche de nous.  Mais il n'y a rien de rebutant dans ces histoires difficiles, au contraire.  Cette parenthèse hors du temps sera empreinte de magie et de douceur pour les personnages.   Tous sortiront changés de cet été bien particulier.

J'ai donc adoré ce roman et je ne peux que vous le recommander.  Si ce n'est pour sa campagne ou ses personnages, ce serait pour sa nature contemplative, sa profondeur, qui nous fait voir les choses et les êtres de l'intérieur.  Il y aurait tellement plus à en dire!  Monique Proulx, je vous remercie infiniment pour cet ouvrage qui m'a beaucoup touchée.  Vous êtes excellente et vous écrivez tellement bien!  Et vous, amis lecteurs, prendrez bien un peu de c(h)ampagne? 

L'avis de Venise est ici.  Celui de Suzan, .

 
Couverture et résumé : Renaud-Bray