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dimanche 1 juin 2014

Le petit tabarnak


Auteur : Jacques Goldstyn
Éditions : de la Pastèque (2014)
Nombre de pages : 80

Mon avis : Parce que son père s’est tapé sur le pouce avec un marteau en jurant, un petit garçon se lance à la recherche du «tabarnak».  Tout ce qu’il sait, c’est que c’est un gros mot qu’il n’a pas le droit de prononcer.  Alors, ils interrogent ses copains qui lui disent d'abord que c’est un gros monstre préhistorique, ensuite une maladie mortelle ou le nom d’un village où s’est produit un horrible massacre et finalement, le nom d’un terrible dictateur.  Mais non.  La réponse va venir de Monsieur le curé, qui va leur dire que le tabernacle est tout simplement l’armoire où on range le calice et le ciboire…

Je ne suis pas sûre que j’aurais lu cet album sans le défi Petit bac 2014.  J’étais à la recherche d’un livre avec un gros mot dans le titre, quand je suis tombée sur ce livre dans mes recherches.  Je crois qu'il est avant tout destiné aux enfants, mais je l’ai trouvé amusant, surtout avec l’imagination et la réaction des enfants face à ce que c’est que ce fameux et mystérieux «tabarnak».  Il m’a aussi fait prendre conscience que je fais suis probablement partie de la dernière génération qui est déjà entrée dans une église et qui sait ce que sont un tabernacle, un calice et un ciboire.  Au Québec, ces mots sont devenus des sacres, des jurons dans le contexte où l’Église catholique était omniprésente et omnipotente jusque dans les années 1960.  Finalement, les pages de cet album sont joliment illustrées et les dessins de Jacques Goldstyn, bien rigolos.


Couverture et images trouvées sur le web

http://ennalit.canalblog.com/archives/2012/12/01/25318895.html
 

samedi 3 mai 2014

Caps d'acier et talons hauts

Auteur : Johanne Pronovost
Éditions : De Mortagne (2014)
Collection : Lime et citron
Nombre de pages : 344

Résumé : Après mes études, je me voyais déjà comme la plus grande designer en aménagement paysager de Montréal ! Bon, je vous l’accorde, je visais haut. J’ai frappé un mur, aussi… Malgré l’offre incroyable que me faisait ma directrice de stage, j’ai décidé de suivre mon beau Louis dans un trou perdu… en Outaouais !
 

Ah, l’amour, ce que ça peut nous pousser à faire…
 

Résultat : trois ans plus tard, je suis juste bonne à shaker des gallons de peinture dans un ProRéno pis à chialer contre ma vie plate.
 

Mais j’ai pas dit mon dernier mot ! Avec ma persuasion légendaire, je parviens à convaincre le boss de Louis de m’engager sur son projet, où je commence en bas de l’échelle, à clouer des planches de patio.
 

Maintenant, malgré que je respire le bonheur, mon chum, lui, n’est plus capable de me sentir. Pas question que j’accepte notre rupture si facilement ! Même si je dois dormir dans une tente, me laver sur le chantier et cruiser en caps d’acier, je vais réussir à le reconquérir.
 

D’ici la fin de l’été, Louis verra à quel point je suis exceptionnelle, parole d’Élizabeth Morin ! Mais qu’arrivera-il si mon charme ne fait pas effet sur la bonne personne ?

Mon avis

Ce roman de chick-lit québécoise est ma deuxième incursion dans ce genre littéraire (après le premier tome de La vie épicée de Charlotte Lavigne) et je dois dire qu'ici aussi, je n'ai pas été déçue.

Caps d'acier et talons hauts me fait irrésistiblement penser à la chanson Un air d'été de Pierre Bertrand - il ne faut pas y voir une référence péjorative.  Ce roman est parfait pour l'été et délicieusement léger.  Dans la grisaille de ce mois d'avril, il a été comme un rayon de soleil pour moi.

Contrairement à d'autres romans de chick-lit, celui-ci ne parle pas des amours multiples et tumultueuses de l'héroïne.  Élizabeth Morin vient d'être abandonnée par son copain Luc après avoir été ensemble pendant trois ans, alors qu'elle s'est engagée à travailler tout l'été sur le même chantier de rénovation que celui-ci.  Elle pense qu'elle sera à même de le reconquérir avant la fin des travaux... Les choses ne tourneront pas exactement comme elle l'avait souhaité.

J'ai beaucoup souri et même ri durant cette lecture.  Élizabeth est un brin gaffeuse, très déterminée, drôle à souhait et a un grand coeur.  La galerie de personnages secondaires qui l'accompagne, est particulièrement hilarante, comme Marco, un compagnon de travail avec ses accoutrements vestimentaires hallucinants ou la mère d'Élizabeth qui a une conception bien particulière du jeu de Scrabble.

Ce roman est donc très plaisant à lire, on ne s'ennuie pas une seconde, les chapitres qui le composent sont courts.  Même si Caps d'acier... est moins développé que La vie épicée..., il ne faut pas hésiter à le lire si on a envie de se faire plaisir et de s'amuser!  La chick-lit québécoise n'a rien à envier à celles de d'autres pays.  Et j'ai complètement craqué pour la couverture vintage du livre. 

Gemma en parle ici.
http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Couverture et résumé : éditions de Mortagne

lundi 21 avril 2014

Crimes à la librairie

Auteur : Collectif
Éditions : Druide (2014)
Nombre de pages :  336

Résumé : Ils écrivent des polars. Des polars qu’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d’un thème séduisant : crimes à la librairie.

Mario Bolduc, Camille Bouchard, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, Jacques Côté, Ariane Gélinas, André Jacques, Martine Latulippe, Geneviève Lefebvre, Florence Meney, Sylvain Meunier, Martin Michaud, Patrick Senécal, Johanne Seymour, Robert Soulières, Richard Ste-Marie.

Ces seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. Leurs nouvelles nous permettent de découvrir leur style, leurs intrigues et leurs personnages : un tueur à gages littéraire, un homme qui détestait les livres, un général croate sanguinaire, un agent du FBI, une libraire incendiaire, un voleur d’incunables… Étonnement garanti !

LE MOTIF
 
Lieu de culture, d’échanges et de découvertes, la librairie n’est-elle pas le point de rencontre privilégié entre le livre, l’auteur et le lecteur? De son atmosphère feutrée émane une impression de calme, presque de recueillement. Un sentiment de paix tout à fait étranger à la violence. Ainsi, c’est tout un défi qui a été lancé aux seize auteurs des nouvelles de ce recueil : faire de la librairie, cet endroit généralement paisible, une véritable scène de crime. Ils ont donc, chacun à sa façon, dénaturé ce carrefour de tous les imaginaires en transformant chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable. Plusieurs se sont même permis de délicieuses touches d’humour. Parions qu’après avoir lu ce recueil vous ne verrez plus tout à fait votre librairie préférée du même oeil… 

Mon avis :

Richard Migneault, un amateur de polars et un blogueur, a eu la géniale idée de rassembler seize écrivains québécois autour du thème «crime à la librairie», ce qui a donné seize nouvelles policières, toutes différentes, mais du même excellent calibre, à dévorer immodérément si on est glouton, ou une, deux ou trois à la fois, si on aime lire ses nouvelles, comme on déguste une boîte de chocolats...  L'immense avantage de ce roman est donc de nous faire découvrir un aperçu de l'univers littéraire des différents auteurs et de nous donner le goût de poursuivre en s'immergeant complètement dans l'oeuvre de chacun.  Oh!  Il y en a un autre, celui de nous faire passer d'excellents moments de lecture.  Je le recommande donc à tous, oui, même à ceux qui n'aiment pas lire des nouvelles.

Blogue de Richard Migneault : Polar, noir et blanc.

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Couverture et résumé : Druide

samedi 22 mars 2014

Les moitiés d'Alice ♥♥♥


Auteure : Judith Itzi
Éditions : Stanké (2014)
Nombre de pages : 184

Résumé : Alice Fillières, huit ans, est dotée d'une imagination débordante et d'un altruisme particulier, qui la pousse à soigner les gens et les animaux blessés autour d'elle.  Elle possède également une drôle de manie, celle de ne manger que la moitié de ses repas. Son père, autoritaire, ne comprend pas cette habitude, qu'il attribue à un manque d'attention, alors que sa mère l'envoie consulter des « spéléologues de l'esprit ».

Au travers des événements qui parsèment son quotidien, dont son arrivée dans une nouvelle école et la maladie d'Elisabeth, sa meilleure amie, elle tentera de percer les secrets de sa famille et de surmonter diverses épreuves.  Avec l'aide de sa tante Astrid, qui ne fait rien comme tout le monde, et d'Alex, un nouvel élève qui fait apparaître des papillons dans son ventre, elle parvient à affronter l'inconnu et le monde avec courage. 

Mon avis :

On pense, souvent à tort, que les enfants ne remarquent pas ce qui les entoure.  Malgré son jeune âge, Alice observe et comprend beaucoup de choses.  En soignant les animaux, elle apprend aussi à soigner les humains,  En vraie petite fée, elle leur offre fleurs, câlins et chocolat pour réparer ce qui est brisé à l’intérieur.  À l’aide d'alliés comme sa tante Astrid ou Henri-le-fou-qui-n’est-pas-si-fou, elle apprend à mieux appréhender sa vie et à résoudre les difficultés qu’elle rencontre (divorce, intimidation, deuil, etc.)

Les moitiés d’Alice est un tout petit roman qui fait un bien fou.  C’est en réalité un pur bonheur.  Alice est immensément touchante, attachante et pleine d'imagination.  À travers ses observations toujours justes et souvent drôles, elle pose un regard à la fois lucide et naïf sur son entourage.  Judith Itzi, à travers les réflexions d’Alice, nous touche directement à l’âme.  On sourit souvent, on est ému.

On a envie de prendre Alice dans nos bras pour lui faire un gros câlin.  Elle nous permet de découvrir certaines vérités.  On comprend que c’est en s’ouvrant aux autres que l’on peut panser nos blessures intérieures et apprendre à être heureux.  Une des phrases que j'ai notées dans ma lecture dit ceci : «Alors je vais te dévoiler un grand secret. Le bonheur habite dans une boîte.  Si on ne l’ouvre pas, on ne peut pas être heureux…» (P. 123)

Il faut donc ouvrir ce livre pour connaître le bonheur qu’il apporte!  Merci Judith Itzi pour ce roman plein de tendresse, qui vous laisse les yeux plein d'étoiles et avec un petit velours à l'intérieur... C'est un immense coup de coeur qu'il faut vite prêter à un prochain lecteur!

Merci à Véronique Déry pour cet envoi!


http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28556050.html

Résumé et couverture :Stanké

vendredi 7 février 2014

Voyageurs de passages tome 2


Titre : Pour le temps qu'il nous reste
Auteure : Pierrette Beauchamp
Éditions : Hurtubise (2013)
Nombre de pages : 360

Résumé : Montréal, septembre 2000.  Stéphane Gadbois et Janine Provencher s’aventurent dans les mystérieux passages souterrains de Rosemont, le premier espérant ramener la seconde à l’époque dont elle provient : 1959. Mais à leur plus grande stupéfaction, les voilà qui débarquent… ailleurs ! Après Janine, c’est maintenant au tour de Stéphane de vivre la déstabilisante expérience du voyage temporel.

Ce périple inopiné dans un Montréal d’un temps révolu est source de découvertes et de surprises pour le couple. Des rencontres bouleversantes se produisent ; des interrogations trouvent enfin leurs réponses. Témoin de tous ces chavirements dans la vie de Janine, Stéphane se rapproche d’elle bien malgré lui, mais le bon sens l’incite à prendre garde, car la jeune Janine et madame Bilodeau en viennent à se confondre de plus en plus dans son coeur…

Le problème des deux voyageurs demeure toutefois entier : Janine doit retourner d’où elle vient et le temps presse. Mais un dilemme encore plus délicat se posera peut-être : en admettant qu’il lui soit possible de réintégrer 1959, Janine voudra-t-elle encore, au moment décisif, regagner son époque et y jouer le rôle qu’on attend d’elle? Car ce qu’elle a entrevu des temps futurs lui a plu… beaucoup plu ! Qui voudrait d’une vie dont il connaîtrait déjà l’avenir? La suite d’une grande histoire d’amour aussi enivrante que déchirante. 

Mon avis :

Madame Beauchamp, malgré son succès populaire, je ne sais pas pourquoi votre série demeure ignorée par la majorité des chroniqueurs littéraires,- ils n'ont peut-être tout simplement rien compris - parce que moi, je l'aime d'amour!

Donc, moi, je les aime d'amour, Stéphane et surtout, Janine, ces chers personnages que j'ai retrouvés avec une immense joie, à l'instant même où je les avais laissés dans le premier tome.  Quelque part dans les passages souterrains se trouvant sous le quartier Rosemont et quelque part... dans le temps!  Je ne veux pas trop en dévoiler pour laisser le plaisir de la découverte à ceux qui ne vous auraient pas encore lue!

Dans ce deuxième opus, on fait la rencontre du frère aîné de Janine, Laurent, un beau garçon qui plaît beaucoup à Marie-Claire Duminisle, la châtelaine voisine de la famille Provencher dans Rosemont.  Janine croise aussi son père Ernest, plus jeune et plus heureux avec sa première famille, avant le drame affreux qui en fera l'homme grincheux et renfermé que Janine connaîtra.

Il y a aussi une touche d'histoire avec un grand H dans ce deuxième tome qui m'a beaucoup plu.  J'ai découvert le Parc Dominion, situé dans l'est de Montréal, un parc d'amusement qui peut être vu comme l'ancêtre du parc Belmont et pourquoi pas, de La Ronde!  J'ai aussi aimé le tour que j'ai fait en petit char - tramway électrique - dans les rues d'un Montréal beaucoup plus champêtre et tranquille que celui d'aujourd'hui.

Mais ce que j'ai aimé par-dessus tout, c'est la relation amoureuse qui se développe enfin entre Stéphane et Janine, malgré le peu de temps qu'ils ont, malgré leur différence d'âge et toutes ces années où Janine aura à attendre le retour de Stéphane.  Les deux amoureux sont très touchants quand ils sont ensemble.  Janine, qui est une femme solide et de caractère, découvrira que la vie d'une femme peut être autre chose que celle de la reine du foyer que son époque attend d'elle et qu'elle peut avoir aussi ses propres aspirations.

Votre roman, Madame Beauchamp, est écrit simplement, mais avec le langage du coeur.  Il m'a touché énormément parce qu'il parle de sentiments, il est réconfortant parce que vos personnages savent aimer et sont aussi capables de pardonner et de changer.  En plus, comme je le disais dans mon premier avis, j'aime les voyages dans le temps et le fait de savoir que le temps est compté pour Janine et Stéphane et aussi de se demander s'ils se reverront un jour ajoute un certain suspense à l'histoire.

Mon avis est tout simple, mais sincère.  Ce roman, je l'aime, il m'a fait du bien et ses personnages m'ont habité pendant longtemps.  J'ai tellement hâte de les retrouver dans le prochain livre.  Une dernière chose, Madame Beauchamp : continuez à écrire, pour notre plus grand bonheur! 

La page de Voyageurs de passage : https://www.facebook.com/voyageursdepassages


Couverture et résumé : Hurtubise

dimanche 26 janvier 2014

Filles de lune tome 1

Tome 1 : Naïla de Brume
Auteure : Élisabeth Tremblay
Éditions : de Mortagne (2008)
Nombre de pages : 430

Résumé : D'après une légende qui remonte à des temps immémoriaux, régnera sur la Terre des Anciens celui ou celle qui parviendra à retrouver les trônes mythiques de Darius le Sage et de son ennemi juré, le sorcier Ulphydius. Depuis plus de sept siècles, les aspirants au pouvoir sont nombreux et s'affrontent sans relâche. Toutefois, seule une Fille de Lune de la lignée maudite pourrait redresser les torts causés par ses aïeules, responsables de ces luttes sans merci que se livrent des peuples autrefois pacifiques. Mais les descendantes de cette lignée sont toutes disparues. Du moins, semble-t-il...

À vingt-cinq ans, la vie de Naïla bascule. Sous le choc de son double deuil, elle accepte d'aider sa tante à rénover la maison familiale. Voilà donc la jeune femme de retour dans ce petit village en bordure du fleuve St-Laurent, où les innombrables souvenirs de vacances devraient lui apporter du réconfort.Mais une trouvaille faite dans le grenier de la maison ancestrale empêchera Naïla d'y trouver la quiétude tant espérée. Les découvertes troublantes se succèdent, remettant en question non seulement ses origines, mais aussi ses croyances et ses convictions.  À qui appartiennent tous ces livres traitant de sorcellerie et de mondes parallèles?

Qui est donc cette femme étrange, qui se prétend son aïeule, et dont la correspondance a été écrite dans une langue mystérieuse que seule Naïla peut déchiffrer? Pourquoi le simple contact d'une pierre provoque-t-il chez la jeune femme des visions de gens qu'elle ne connaît pas?Les réponses à ces questions en susciteront bien d'autres, plus troublantes encore. Naïla sombrerait-elle doucement dans la folie, comme sa grand-mère et sa mère avant elle? Et qui est-elle réellement : Naïla Langevin, simple humaine, ou Naïla de Brume, l'héritière de cette lignée maudite, recherchée, attendue et traquée de l'autre côté de la frontière du temps et de l'espace?

Mon avis : 

Naïla Langevin est une jeune femme de 25 ans qui, après un double deuil, se réfugie dans la maison centenaire de sa grande-tante Hilda située dans Charlevoix, près du fleuve.  Elle espère que de travailler à la rénovation de la vieille demeure l'aidera à surmonter l'épreuve difficile qu'elle traverse.  Alors qu'elle fouine dans le grenier, puis dans un débarras, elle trouve d'étranges objets et papiers qui viendront bouleverser non seulement ce qu'elle connaissait de l'histoire de ses aïeules, mais aussi et surtout, la conception du monde qui l'entoure...

Empreinte de magie et de secrets, cette histoire me paraissait très prometteuse, d'autant plus qu'elle parle aussi de mondes parallèles et d'une lignée ancienne de femmes magiciennes influencées par la lune.  Cependant, j'ai été déçue par ce roman, car son écriture m'a paru brouillonne et il s'en dégage beaucoup de confusion.  Dans la première partie, l'héroïne tergiverse beaucoup avant de prendre finalement une décision.  Tandis que dans la deuxième partie, même si les choses s'améliorent, on passe encore beaucoup de temps à attendre avant qu'il se passe enfin quelque chose.  Il y a beaucoup de détails sur ce nouveau monde à assimiler et de personnages à apprivoiser sans toujours savoir d'où ils viennent ni qui ils sont.  On sent rapidement que le roman aura une suite, car beaucoup de choses sont laissées en suspens, mais le découpage entre les événements m'a semblé maladroit.

C'est vraiment dommage que mon avis ne soit pas plus élogieux, car j'ai malgré tout aimé ma lecture.  L’héroïne est quand même intéressante, l’idée de l’existence de mondes parallèles et des voyages entre eux, séduisante, et la description de la Terre des Anciens et de la magie, envoûtante quoique embryonnaire.  Mais ce ne fut pas assez pour emporter totalement mon adhésion, car je ne sais pas encore si je poursuivrai avec les prochains tomes de la série.

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
 

jeudi 2 janvier 2014

Les infirmières de Notre-Dame t. 2

Tome 2 : Simone
Auteure : Marylène Pion
Éditions : Les Éditeurs Réunis (automne 2013)
Nombre de pages : 360

Résumé : Simone Lafond a tout quitté pour entreprendre des études à l'école d'infirmières de l'hôpital Notre-Dame, tournant le dos à son poste d'enseignante, à son fiancé et même à sa famille. 

Alors qu'elle entame sa deuxième année de formation, l'aspirante infirmière participe à l'organisation d'événements de charité et s'intègre de plus en plus à la vie étudiante, allant même jusqu'à contribuer au journal de l'école. 

Animée par son amour des enfants, Simone tisse des liens avec le nouveau pédiatre de l'hôpital, un Polonais en exil depuis le début de la guerre en Europe. C'est toutefois un autre collègue qui suscitera chez elle la remise en question de ses valeurs fondamentales. La jeune femme qui souhaitait devenir infirmière pour éviter de sacrifier sa liberté en se mariant se fait prendre au jeu de la séduction par le beau docteur Bastien Couture. D'ordinaire plus réservée, sage et studieuse que ses deux amies, la voilà qui écoute son cœur. 

Toujours épaulée par Flavie et Évelina dans la conciliation parfois éprouvante de ses études et de sa vie sentimentale, Simone comprendra que l'amitié est une cure efficace contre les pires maux de l'âme… 

Mon avis :

J'ai retrouvé avec joie mes trois amies élèves infirmières : Flavie, Évelina et plus particulièrement, Simone, à qui est consacré ce deuxième opus de la trilogie Les infirmières de Notre-Dame.  Les filles entament leur deuxième année d'études et celle-ci s'annonce aussi ardue, sinon plus, que la première, sous la houlette de la désormais tristement célèbre Soeur Désuète.

Simone se rapproche de plus en plus du Dr Bastien Couture et décide de céder à ses charmes.  Elle veut être aimée et désirée, alors qu'elle s'est toujours sentie rejetée.  Simone est plus studieuse et réservée qu'Évelina et peut-être plus perfectionniste que Flavie, mais quand elle se retrouvera dans de sales draps à cause de son beau docteur, ses deux amies voleront à son secours.

J'ai été heureuse de reprendre contact avec les trois étudiantes et d'être à nouveau témoin de leur solide amitié, mais l'effet de nouveauté ressenti à ma lecture du premier tome s'est dissipé.  En effet, l'histoire de Simone souffre d'une impression de déja-vu et j'ai trouvé qu'il ne s'y passait rien de notable après sa liaison avec Bastien.  Même si j'ai beaucoup aimé Simone parce qu'elle s'implique entièrement dans ce qu'elle fait, je me suis ennuyée de ma préférée, Flavie.  Simone se démarque moins qu'Évelina, qui parfois, m'a tombé sur les nerfs avec son égoïsme, même si elle m'a aussi fait sourire à quelques reprises.

Malgré tout, j'ai passé encore une fois de très agréables moments avec mes étudiantes de Notre-Dame et je ne boude pas mon plaisir de lecture.  Les trois jeunes femmes sont devenues des amies et je les ai accompagnées dans leurs vies avec beaucoup d'affection.  Marylène Pion a su créé des héroïnes vraiment attachantes et j'aime son style à la fois simple, sans effet inutile, mais si chaleureux!  J'ai très hâte de lire le troisième tome, même si en même temps je me sens un peu triste, car ce sera le dernier!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html

Mon avis sur le tome 1 : ici
La page Facebook de l'auteure : ici

Image et résumé : Les éditeurs réunis

lundi 11 novembre 2013

Les mondes de Noum

Tome 1 : Le cristal Source
Auteur : Laurence Ardouin
Éditions : Bayard Canada (2013)
Nombre de pages : 400

Résumé : Noum, point central des voyages entre les mondes.  Kym, un jeune nomade du désert, rêve du temps où chacun disposait d'un cristal pour développer ses dons. Le jour où un homme étrange lui remet une pierre et le charge d'une mission, son destin bascule et il devra faire appel à une jeune terrienne, Maud, pour sauver Noum et échapper aux princes qui veulent contrôler les voyages. 

Mon avis :

Noum est une planète où la chaleur et la lumière surgissent du sol.  Cette énergie appelée «shaari» nourrit tous les êtres vivants qui y habitent.  Autrefois, tous les Nou’Ims possédaient un cristal qui leur permettait de canaliser cette énergie et de développer leurs dons créatifs.  Mais le roi a confisqué tous les cristaux et le peuple est très faible sans eux et leur monde périclite.


Kym, un jeune Nou’Im et Maud, une adolescente terrienne sont maintenant les seules personnes, en dehors de la famille princière de Noum, à posséder des cristaux.  Avec l’aide d’un personnage énigmatique appelé l’Ancien, ils vont apprendre à les utiliser.  Maud se rendra sur Noum afin d’aider Kym.  Les deux adolescents se lanceront dans une quête mystérieuse afin de sauver Noum, alors que les soldats et les sorciers des princes vont se lancer à leurs trousses.


Kym et Maud sont des personnages attachants, responsables et déterminés.  Même s’il est réticent au départ, Kym s’engage dans la mission que lui confie l’Ancien.  Il possède un grand sens de l’orientation qui fait de lui le meilleur des guides de voyages.  Quant à Maud, c'est une adolescente sensible et très proche de son frère et de sa sœur adoptifs.  Elle deviendra très habile à manipuler le «shaari» à l’aide de son cristal.


Les paysages de Noum sont minutieusement dépeints par l’auteur, d’une façon presque poétique.  Même s’ils m’ont semblé étranges à première vue, je suis arrivée à bien me les imaginer et j'ai fini par les trouver de toute beauté.  J’ai beaucoup aimé l’idée d’interdépendance vitale qui existe entre Noum et ses habitants.  Nous les Terriens, sommes aussi dépendants de notre planète, mais dans l’état actuel des choses, elle pourrait peut-être connaître un jour le même sort que Noum.  On sent que cette pensée écologique est importante pour l’auteur.  Finalement, j’ai ressenti une grande tendresse envers Noum et ses personnages grâce à l'écriture de Madame Ardouin.  Cela donne une grande douceur au récit. 


Il y a une seule chose que je pourrais peut-être reprocher à l’histoire.   En effet, il m'a semblé qu'il y avait une certaine facilité dans les aventures que Kym et Maud vivaient.  Même s’ils ne savaient pas au début comment employer leur cristal pour combattre leurs ennemis, ils y sont arrivés quand même rapidement avec une aisance qui m’est apparue comme questionnable.  Malgré cela, j’ai été profondément touchée par la beauté de ce roman et assez captivée pour avoir le goût de lire la suite.  Comme moi, les jeunes lecteurs de fantasy n'auront qu'une envie : se plonger les mondes de Noum!


Il s'agit d'un roman que j'ai reçu des éditions Bayard Canada.  Malgré les circonstances, puisque j'ai lu et aimé le roman et que l'auteure le méritait, j'ai décidé de publier mon avis.  Merci à Bayard Canada pour cette lecture 

Couverture : lesmondesdenoum.ca

dimanche 20 octobre 2013

Écris-moi, Marie-Jeanne

Auteur : Ginette Durand-Brault
Éditions : Druide (mars 2013)
Nombre de pages : 448

Résumé : 1939. Les bonnes gens de Saint-Jérôme s'agitent; la guerre est déclarée et tout bascule.  Marie-Jeanne voit son frère Rodrigue partir volontaire, puis son fils.  Ses filles courent au mariage.  Son mari sombre dans la colère et l'angoisse.  Les logis sont rares et la paix des ménages est menacée.  Sur le front, dans les décombres des villes anglaises comme au milieu des splendeurs de Rome, Rodrigue rencontre la peur, la mort et la mystérieuse universalité de la guerre, mais aussi le courage et l'amour de Roselyn, pendant qu'à Saint-Jérôme, l'ami Philémon aidera Marie-Jeanne à se libérer de ses chaînes.  Entre la cuisine de Marie-Jeanne et le poste de combat de son frère, une correspondance émouvante voyage et témoigne des mutations dévastatrices et pourtant prometteuses de toute guerre.

Mon avis

Qu'est-ce qui fait qu'un livre devient un coup de coeur?  La voix de l'auteur qui vibre et qui éveille en nous une résonance particulière?  Le fait que l'on se retrouve dans son univers intime comme si on était chez soi?  Le fait qu'il utilise des mots qui auraient pu être les nôtres ou au contraire, parce qu'il met des mots sur ce que l'on n'était pas capable de nommer? 

C'est pour toutes ces raisons et encore plus que le roman Écris-moi, Marie-Jeanne est un coup de coeur pour moi.  C'est peut-être parce que l'auteure s'est inspirée de l'histoire de sa famille, enfin de celle de sa grand-mère et de son grand-oncle, que je me suis sentie autant «en pays de connaissance» dans ce roman.  En voyant comment Marie-Jeanne doit se soumettre à l'autorité de son mari, représentant celle de la loi et de la religion, mais aussi surtout en voyant comment sa fille Marie mène son mari par le bout du nez, lui si bon, si doux, mais si obéissant.  Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce ne sont pas toutes les femmes québécoises d'autrefois qui étaient totalement soumises.  Certaines «portaient les culottes» dans le ménage et cela m'a fait beaucoup pensé à l'histoire de ma propre famille.

J'ai été très touchée par le personnage de Marie-Jeanne qui s'est mariée par obligation, car tout ce qui s'offrait aux filles d'alors, c'était de se marier ou de devenir religieuse.  Elle a choisi le premier venu (ou presque) et se retrouve avec un homme avec lequel elle n'a rien en commun et qu'elle n'aime pas.  Ayant étudié plus longtemps que son mari, elle est désemparée devant le refus de celui-ci d'apprendre plus, ne serait-ce qu'à lire.  Il est dépendant des autres, mais il semble se refermer sur son orgueil masculin, comme s'il avait peur de l'instruction, des autres qui pourraient être plus intelligents que lui.  Il semble presque fier de son ignorance, en tout cas, il méprise l'école et refuse à certaines de ses filles plus studieuses de faire des études plus avancées.  Il faut qu'elles gagnent leur vie et qu'elles participent à la survie de la famille en rapportant de l'argent. Dans ce temps-là, les gens étaient vraiment pauvres, ils manquaient de tout et peinaient même à se procurer le minimum.  

Marie-Jeanne se sent coupable parce qu'à l'heure où tous ses enfants quittent le nid et se retrouvent avec leur propre famille, elle ne veut pas prendre son petit-fils et son mari, lorsqu'il devient invalide, à sa charge.  Dans la cinquantaine, elle veut retourner à son métier d'institutrice, mais comme à cette époque, les femmes étaient des mineures aux yeux de la loi, elle doit demander la signature (la permission) de son mari, mais celui-ci refuse.  Alors, elle se rebelle et quitte son mari pour aller vivre dans sa famille.  Son époux finit par céder sous les pressions de ses filles.  Marie-Jeanne est une femme courageuse, qui n'a pas peur de penser et de dire ce qu'elle pense, même face à la religion. 

Rodrigue, le frère de Marie-Jeanne, à qui les religieux ont refusé de terminer ses études classiques sous des prétextes fallacieux, se retrouve dans la même situation que sa soeur.  Il se sent souvent différent des autres, à part.  Après cet incident, il se retrouvera sans but dans la vie, exerçant mille métiers, dont celui de bûcheron jusqu'à ce que le Deuxième Guerre mondiale éclate.  Dans les lettres qu'il écrit à sa soeur, il exprime ses sentiments et ses pensées. Il est un homme sensible et sensé et il appuie sa soeur dans ses démarches d'émancipation.  Rodrigue trouve sa place et l’amour à la guerre et il évoluera lui aussi. 

Quelle belle découverte que ce roman !  Non seulement, l’auteure parle d’une ville qui est située pas très loin de chez moi, mais elle parle aussi de notre passé collectif et d'une famille québécoise qui pourrait être la nôtre.  Dans les lettres (fictives) que s’échangent Marie-Jeanne Gobeil et son frère Rodrigue Deschamps, elle restée à St-Jérôme et lui sur les champs de bataille en Europe, l'auteure aborde des sujets intimes, comme les rapports de couple, la religion, la liberté, la valeur d’une personne ou l’éducation. Elle le fait avec une telle finesse et une telle intelligence émotionnelle que j'avais hâte de lire la prochaine lettre, je l'attendais avec impatience.

La seule chose que j'ai à reprocher à ce roman sont quelques erreurs qui auraient pu être facilement évitées.  Par exemple, la soeur de Marie, l'une des filles de Marie-Jeanne, qui devient sa tante à un moment donné.  Ou un personnage qui se nomme alternativement Télesphore et Théodore.  Aussi, certains qui l'ont lu, disent avoir eu de la difficulté avec les répétitions qu'il y avait entre les lettres et la narration proprement dite, mais ce ne fut pas mon cas.  J'espère seulement que Madame Durand-Brault écrira une suite à ce roman, car j'aimerais vraiment savoir ce que les personnages sont devenus.  Ou même qu'elle écrira d'autres romans, car une écrivaine talentueuse s'est révélée!

La critique de Suzan est ici.  Celle de Venise, là.  Et celui de Lali vient de s'ajouter ici.
Résumé et couverture : éditions Druide