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mardi 24 juin 2014

Les couleurs de l'espoir

Auteure : Julie Kibler
Éditons : Belfond (2014)
Nombre de pages : 348

Résumé : Portée par un souffle romanesque exceptionnel, une magnifique histoire d'amitié, d'amour et de sacrifices; des années 1930 à nos jours, le portrait en creux d'une Amérique forgée dans les larmes, la violence et la ségrégation. 

Dorrie Curtis, jeune coiffeuse de Dallas, se demande encore ce qui l'a poussée à accepter la requête d'Isabelle McAllistair. Certes, Mlle McAllistair est une excellente cliente, mais de là à entreprendre un si long périple, du Texas à l'Ohio, pour la conduire à de mystérieuses funérailles... Et pourtant, sur la route, va se lier entre l'énergique mère célibataire afro-américaine et la digne vieille dame de quatre-vingt-neuf ans une amitié d'autant plus belle qu'elle était encore improbable il y a peu.  

À mesure que défilent les États du Vieux Sud, Isabelle se confie : l'histoire d'une jeune fille éprise de liberté; d'une famille bourgeoise engoncée dans ses certitudes; d'une passion aussi forte qu'interdite sur ces terres rongées par le racisme, et dont l'écho résonne encore douloureusement...  Quelle est la véritable raison de ce voyage? Que cachent les silences d'Isabelle? Et si, malgré leurs différences, les deux femmes avaient plus en commun qu'elles ne le croyaient?

Mon avis :

Autant vous en aviser dès maintenant, ce roman est dans la même veine que La couleur des sentiments de Kathryn Stockett et Les larmes noires de Mary Luther d'Anna Jean Mayhew, que j'ai déjà lus.  Il traite donc des difficiles relations entre les Noirs et les Blancs dans le sud des États-Unis, de racisme, de violence, mais aussi d'amour et d'amitié .

J'ai adoré ma lecture, car il s'agit non seulement d'une belle, grande et déchirante histoire d'amour impossible entre la jeune Blanche, Isabelle et le jeune Noir, Robert, mais aussi de l'histoire d'une belle amitié entre cette Isabelle devenue vieille dame et sa coiffeuse afro-américaine, Dorrie.

Pendant un voyage en voiture qui doit mener les deux femmes de Dallas au Texas à Cincinnati, en Ohio, on découvre en même temps que Dorrie quel est le secret de mademoiselle Isabelle.  On assiste à la révolte de celle-ci contre sa mère autoritaire qui aimerait lui voir emprunter une route déjà toute tracée pour son avenir, son père si bon, mais si mou face à son épouse, ses deux frères aînés qui sont de vraies brutes.  Ainsi que son affection pour Cora, la bonne noire et sa fille Nell.  On assiste à l'éclosion de la passion entre la jeune fille et Robert, le fils de Cora et ce malgré qu'ils doivent se cacher, car les Noirs sont vus comme des moins que rien, des animaux.  Robert pourrait être battu et même tué pour avoir osé regarder une jeune fille blanche... On se révolte aussi contre ce racisme et cette ségrégation institutionnalisés.

L'auteure sait installer un bon suspense dans son histoire en alternant les points de vue de Dorrie aujourd'hui et celui d'Isabelle autrefois.  On reste captivé, accroché à l'histoire, car on veut en savoir davantage sur l'histoire d'amour entre les deux jeunes gens, sur ses conséquences et son dénouement qui hélas, dans cette Amérique ségrégationniste, ne peut être idyllique...

On apprend aussi à découvrir le personnage de Dorrie, qui élève seule ses deux adolescents et qui a peur d'aimer à nouveau.  C'est une femme courageuse, indépendante et dynamique à laquelle on s'attache, de même qu'à Isabelle qui est une vieille dame un peu grincheuse, mais adorable et aussi courageuse.

C'est un roman touchant et poignant, qui pourrait peut-être vous tirer quelques larmes.  Une belle leçon sur la tolérance et sur les différences que nous laissons peut-être souvent nous séparer des autres, alors que nous sommes tous des êtres humains, mais aussi sur le racisme qui est toujours latent et qui s'applique autant dans un sens que dans l'autre, mais aussi sur la difficulté de faire à nouveau confiance quand on a souvent été blessé par le passé.  La fin n'est pas exactement celle à laquelle je pensais, mais j'en ai quand même été satisfaite.

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html

dimanche 1 juin 2014

Le petit tabarnak


Auteur : Jacques Goldstyn
Éditions : de la Pastèque (2014)
Nombre de pages : 80

Mon avis : Parce que son père s’est tapé sur le pouce avec un marteau en jurant, un petit garçon se lance à la recherche du «tabarnak».  Tout ce qu’il sait, c’est que c’est un gros mot qu’il n’a pas le droit de prononcer.  Alors, ils interrogent ses copains qui lui disent d'abord que c’est un gros monstre préhistorique, ensuite une maladie mortelle ou le nom d’un village où s’est produit un horrible massacre et finalement, le nom d’un terrible dictateur.  Mais non.  La réponse va venir de Monsieur le curé, qui va leur dire que le tabernacle est tout simplement l’armoire où on range le calice et le ciboire…

Je ne suis pas sûre que j’aurais lu cet album sans le défi Petit bac 2014.  J’étais à la recherche d’un livre avec un gros mot dans le titre, quand je suis tombée sur ce livre dans mes recherches.  Je crois qu'il est avant tout destiné aux enfants, mais je l’ai trouvé amusant, surtout avec l’imagination et la réaction des enfants face à ce que c’est que ce fameux et mystérieux «tabarnak».  Il m’a aussi fait prendre conscience que je fais suis probablement partie de la dernière génération qui est déjà entrée dans une église et qui sait ce que sont un tabernacle, un calice et un ciboire.  Au Québec, ces mots sont devenus des sacres, des jurons dans le contexte où l’Église catholique était omniprésente et omnipotente jusque dans les années 1960.  Finalement, les pages de cet album sont joliment illustrées et les dessins de Jacques Goldstyn, bien rigolos.


Couverture et images trouvées sur le web

http://ennalit.canalblog.com/archives/2012/12/01/25318895.html
 

samedi 3 mai 2014

Caps d'acier et talons hauts

Auteur : Johanne Pronovost
Éditions : De Mortagne (2014)
Collection : Lime et citron
Nombre de pages : 344

Résumé : Après mes études, je me voyais déjà comme la plus grande designer en aménagement paysager de Montréal ! Bon, je vous l’accorde, je visais haut. J’ai frappé un mur, aussi… Malgré l’offre incroyable que me faisait ma directrice de stage, j’ai décidé de suivre mon beau Louis dans un trou perdu… en Outaouais !
 

Ah, l’amour, ce que ça peut nous pousser à faire…
 

Résultat : trois ans plus tard, je suis juste bonne à shaker des gallons de peinture dans un ProRéno pis à chialer contre ma vie plate.
 

Mais j’ai pas dit mon dernier mot ! Avec ma persuasion légendaire, je parviens à convaincre le boss de Louis de m’engager sur son projet, où je commence en bas de l’échelle, à clouer des planches de patio.
 

Maintenant, malgré que je respire le bonheur, mon chum, lui, n’est plus capable de me sentir. Pas question que j’accepte notre rupture si facilement ! Même si je dois dormir dans une tente, me laver sur le chantier et cruiser en caps d’acier, je vais réussir à le reconquérir.
 

D’ici la fin de l’été, Louis verra à quel point je suis exceptionnelle, parole d’Élizabeth Morin ! Mais qu’arrivera-il si mon charme ne fait pas effet sur la bonne personne ?

Mon avis

Ce roman de chick-lit québécoise est ma deuxième incursion dans ce genre littéraire (après le premier tome de La vie épicée de Charlotte Lavigne) et je dois dire qu'ici aussi, je n'ai pas été déçue.

Caps d'acier et talons hauts me fait irrésistiblement penser à la chanson Un air d'été de Pierre Bertrand - il ne faut pas y voir une référence péjorative.  Ce roman est parfait pour l'été et délicieusement léger.  Dans la grisaille de ce mois d'avril, il a été comme un rayon de soleil pour moi.

Contrairement à d'autres romans de chick-lit, celui-ci ne parle pas des amours multiples et tumultueuses de l'héroïne.  Élizabeth Morin vient d'être abandonnée par son copain Luc après avoir été ensemble pendant trois ans, alors qu'elle s'est engagée à travailler tout l'été sur le même chantier de rénovation que celui-ci.  Elle pense qu'elle sera à même de le reconquérir avant la fin des travaux... Les choses ne tourneront pas exactement comme elle l'avait souhaité.

J'ai beaucoup souri et même ri durant cette lecture.  Élizabeth est un brin gaffeuse, très déterminée, drôle à souhait et a un grand coeur.  La galerie de personnages secondaires qui l'accompagne, est particulièrement hilarante, comme Marco, un compagnon de travail avec ses accoutrements vestimentaires hallucinants ou la mère d'Élizabeth qui a une conception bien particulière du jeu de Scrabble.

Ce roman est donc très plaisant à lire, on ne s'ennuie pas une seconde, les chapitres qui le composent sont courts.  Même si Caps d'acier... est moins développé que La vie épicée..., il ne faut pas hésiter à le lire si on a envie de se faire plaisir et de s'amuser!  La chick-lit québécoise n'a rien à envier à celles de d'autres pays.  Et j'ai complètement craqué pour la couverture vintage du livre. 

Gemma en parle ici.
http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Couverture et résumé : éditions de Mortagne

dimanche 27 avril 2014

Le cercle des jeunes élues

Auteurs : Sara B. Elfgren et Mats Strandberg
Éditions : JC Lattès (2013)
Collection : Thrillers
Nombre de pages : 500 pages

Résumé : Engelsfors, une petite ville de Suède entourée de forêts immenses. À peine la rentrée des classes passée, un élève est retrouvé mort dans les toilettes du lycée. Tout le monde croit au suicide. Tout le monde, sauf elles.
 
Une nuit où la pleine lune luit d’une étrange couleur rouge, six jeunes filles sont mystérieusement attirées, malgré elles, vers l’ancien parc d’attraction. Dans cet endroit depuis longtemps désaffecté, une prophétie leur est révélée : elles sont les Élues, un groupe de sorcières, liées les unes aux autres par un pouvoir capable de repousser le Mal. Ensemble, elles vont devoir maîtriser cette étrange force et lutter contre une vieille malédiction. Désormais, rester unies est leur seule chance de survie. 

Mon avis :

J’ai été à la fois énormément touchée et captivée par ce roman.  Tout d’abord, il raconte l’histoire d’adolescents qui étudient dans un lycée dans une ville qui ne semble pas offrir beaucoup de débouchés sur l’avenir.  On se centre davantage sur six étudiantes, Minoo, Anna-Karin, Linnéa, Vanessa, Ida et Rebecka ainsi que sur un jeune homme, Élias.

Ce roman aborde avec beaucoup de vérité et de sensibilité les nombreux problèmes que vivent les adolescents : le suicide, le rejet, l’intimidation, le divorce, les troubles alimentaires, le mal-être, la popularité, l’amitié, l’alcool, les drogues, les réseaux sociaux, l’amour, l’argent.  Ça peut sembler rebutant à première vue, mais comme on plonge dans les pensées et les sentiments de ces adolescentes, on s’attache rapidement à elles.

L’intrigue entourant la mort de ces adolescents, la révélation de leurs pouvoirs surnaturels, sur la guerre qui pourrait avoir lieu à Engelsfors entre le bien et le mal, ne vient que pimenter le tout.  Sur les traces de ces jeunes filles qui enquêtent pour savoir qui a tué leurs amis, ce roman devient presque un thriller.  Les adolescentes sont forcées à devenir des alliées, malgré leurs différences et leurs antagonismes.  Elles sont laissées à elles-mêmes face à leurs pouvoirs et à leur mission, leur apprentissage se fait très lentement, leurs découvertes aussi.  Ce n’est pas du tout cuit dans le bec, c’est difficile, certaines semblent sans pouvoir, des questions sont laissées sans réponses comme dans la vraie vie.

Ce mélange littéraire est irrésistible.  Les héroïnes et leurs problèmes m’ont trotté longtemps dans la tête.  J'aurais voulu me précipiter sur la suite, si j’avais eu assez de patience pour la lire en anglais, je l’aurais fait.  Le roman semblait me dire : il faut parler de moi !   Alors, voilà, c'est fait!
 http://ennalit.canalblog.com/archives/challenge_petit_bac_2014/index.html
Couverture et résumé : JC Lattès

lundi 21 avril 2014

Crimes à la librairie

Auteur : Collectif
Éditions : Druide (2014)
Nombre de pages :  336

Résumé : Ils écrivent des polars. Des polars qu’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d’un thème séduisant : crimes à la librairie.

Mario Bolduc, Camille Bouchard, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, Jacques Côté, Ariane Gélinas, André Jacques, Martine Latulippe, Geneviève Lefebvre, Florence Meney, Sylvain Meunier, Martin Michaud, Patrick Senécal, Johanne Seymour, Robert Soulières, Richard Ste-Marie.

Ces seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. Leurs nouvelles nous permettent de découvrir leur style, leurs intrigues et leurs personnages : un tueur à gages littéraire, un homme qui détestait les livres, un général croate sanguinaire, un agent du FBI, une libraire incendiaire, un voleur d’incunables… Étonnement garanti !

LE MOTIF
 
Lieu de culture, d’échanges et de découvertes, la librairie n’est-elle pas le point de rencontre privilégié entre le livre, l’auteur et le lecteur? De son atmosphère feutrée émane une impression de calme, presque de recueillement. Un sentiment de paix tout à fait étranger à la violence. Ainsi, c’est tout un défi qui a été lancé aux seize auteurs des nouvelles de ce recueil : faire de la librairie, cet endroit généralement paisible, une véritable scène de crime. Ils ont donc, chacun à sa façon, dénaturé ce carrefour de tous les imaginaires en transformant chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable. Plusieurs se sont même permis de délicieuses touches d’humour. Parions qu’après avoir lu ce recueil vous ne verrez plus tout à fait votre librairie préférée du même oeil… 

Mon avis :

Richard Migneault, un amateur de polars et un blogueur, a eu la géniale idée de rassembler seize écrivains québécois autour du thème «crime à la librairie», ce qui a donné seize nouvelles policières, toutes différentes, mais du même excellent calibre, à dévorer immodérément si on est glouton, ou une, deux ou trois à la fois, si on aime lire ses nouvelles, comme on déguste une boîte de chocolats...  L'immense avantage de ce roman est donc de nous faire découvrir un aperçu de l'univers littéraire des différents auteurs et de nous donner le goût de poursuivre en s'immergeant complètement dans l'oeuvre de chacun.  Oh!  Il y en a un autre, celui de nous faire passer d'excellents moments de lecture.  Je le recommande donc à tous, oui, même à ceux qui n'aiment pas lire des nouvelles.

Blogue de Richard Migneault : Polar, noir et blanc.

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html
Couverture et résumé : Druide

dimanche 20 avril 2014

Les oies sauvages

 (la photo vient d'ici)

 Parce qu'elles remplissent le ciel de leurs cris et de leurs ailes ces temps-ci, je partage avec vous les paroles de la très belle chanson «Les oies sauvages» du groupe Mes Aïeux :

Les oies sauvages

Elles arrivent au printemps
sur les ailes du vents,
par les routes de l'air.

Drôle de géométrie,
C'est un fil qui les lie,
Dans leur vol angulaire.

Tout unies à la chaîne
Derrière l'oie capitaine,
Qui connait le chemin.

Le nid originel,
la toundra, les appelle,
Et guide leurs instincts.

Tour à tour elles prendront,
la tête du peloton,
le temps d'une gouvernance.

Jusqu'au bout de leurs forces
elles bomberont le torse
pour que le groupe avance.

Une fois épuisée,
la place sera cédée
a un autre plus fort.

Et le chef volatile,
prend la queue de la file,
fier de tous ces efforts.

À chaque nouveau passage,
des volée d'oies sauvages
j'entend comme un appel;

Une voie qui me répète
que malgré les défaites
on a encore nos ailes.

Quelle belle leçon
que ces oiseaux nous font
obstinée et fidèle.

Faudra qu'on se console
et qu'ensemble on s'envole...
Dans les draps bleus du ciel.

Tiré de l'album À l'aube du printemps (2012)

mercredi 26 mars 2014

Le cercle des confidentes tome 1

Tome 1 : Lady Megan
Auteure : Jennifer McGowan
Éditions : Milan (2013)
Collection : Macadam
Nombre de pages : 430

Résumé : Lady Megan est le premier tome de cette série très originale qu’est le Cercle des confidentes. Elles sont cinq.Cinq jeunes femmes aux talents extraordinaires. Cinq espionnes de la reine Élisabeth 1re d’Angleterre.  Elles sont ses yeux, ses oreilles. Chacune est unique. 

Voici l’histoire de la première d’entre elles, Lady Megan ! Ce 1er tome a pour personnage principal Meg Fellowes, 17 ans et voleuse désabusée. Elle rejoint un groupe d’espions féminins au service de la reine. Résoudre un meurtre, sauver la couronne et peut-être tomber amoureuse… de nombreux défis attendent notre héroïne !

Mon avis :

J'étais tellement enthousiasmée par ma lecture au départ que j'étais certaine que ce serait un coup de coeur.  Mais en chemin, je ne sais trop exactement pourquoi, cet enthousiasme s'est légèrement refroidi.

Ma lecture fut quand même extrêmement plaisante, car son sujet m’intéresse beaucoup, soit la vie à la Cour d’Angleterre sous le règne d’Élisabeth 1ere, qui fut une souveraine formidable et politicienne rusée et redoutable.  On y parle aussi de  la condition des femmes à travers à cette époqueMalgré que ce soit un roman jeunesse, je trouve que l’aspect historique est assez bien rendu.  C’est aussi un très bon roman d’aventures, dès que l’on a accepté ses prémisses peu ordinaires, soit un cercle de jeunes femmes (adolescentes) espionnes agissant dans l’ombre de la reine pour la protéger.  

Ce que j’ai trouvé particulièrement bien rendu, c’est la vulnérabilité de ces jeunes filles et le fait qu’elles ne sont que des instruments dans les mains des conseillers de la reine.  Si elles ne leur sont plus utiles, car ne pouvant plus exécuter les missions demandées, ils peuvent s’en débarrasser tout simplement, comme on jette des objets.  Leur existence ne leur appartient pas et elles n’ont pas de vie privée : elles ne sont là que pour servir la reine et l’Angleterre (et souvent les intérêts particuliers de toutes les parties concernées).   Les intrigues politiques aussi sont bien décrites, la cour est un échiquier où les pions sont déplacés toujours en fonction d’un intérêt politique, souvent caché.  C’est aussi un panier de crabes où tous n’hésitent pas à s’écraser les uns les autres pour se faire remarquer de la reine, pour obtenir des richesses, des titres ou une fonction à la cour.  Il n’y a pas que les Anglais, mais aussi les membres des cours étrangères (espagnole).  Tout n’est qu’apparence et mensonge, tous sont des marionnettes manipulées par des hommes dans l’ombre.  Élisabeth est protestante, elle est jeune et célibataire, beaucoup aimerait la voir mariée.  Tout cela est objet de tractations, échanges, complots, manipulations, secrets, etc.  Élisabeth vient d’accéder au pouvoir après de longues années de réclusion et elle veut s’amuser, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

J’ai adoré cette idée de ce cercle de jeunes filles choisies en fonction de leur talent particulier pour protéger la reine, espionner et déjouer des complots.  Elles doivent remplir des missions.  Megan est une jeune femme débrouillarde et décidée, une voleuse et une bonne comédienne.  Elle est indépendante et elle est lucide quand aux possibilités qui existent pour les femmes : elle n’a pas envie de s’encombrer d’un mari.  Quand elle est arrêtée et doit renoncer à sa liberté pour protéger ses amis comédiens, elle y rechigne et espère la retrouver le plus vite possible.  Elle n’est pas éblouie par les fastes de la cour et sait la précarité de la place qu’elle y occupe.  Elle reçoit une formation assez complète : les usages de la cour, combats, poisons, langues étrangères, politique, etc.  Elle doit jouer la comédie, apprendre à mentir et à manipuler aussi.

Même si elle est aux ordres des conseillers de la reine, Meg décide avec ses amies d’enquêter elles-mêmes sur la mort d’une précédente confidente.  Elle découvre des lettres compromettantes, des couloirs secrets et un possible complot catholique contre la reine.  Elle doit choisir entre sa loyauté envers ses amies et la reine et son devoir envers ses «employeurs».

Au niveau des «faiblesses» du roman, il y a un manque de précision et de réalisme au niveau des intrigues de la Cour et des missions confiées aux confidentes.  Mais il faut dire que l’auteure s’adresse à des adolescents, qui sont peut-être moins pointilleux que moi.  Aussi, j'ai trouvé qu'on passe beaucoup de temps dans les pensées de Meg, peut-être au détriment de l’action.

Mais somme toute, c'est un excellent roman d'aventures et historique, avec un sujet original et des héroïnes très fortes, dont Megan est la première à nous être présentée.  Je lirais la suite avec grand plaisir!

http://ennalit.canalblog.com/archives/2013/12/01/28338705.html 
Idée 22 :  une pièce d’un vêtement